‹ La loi Falloux, 4 janvier 1849-15 mars 1850Chapitre 103 sur 334 · LA RESISTANCE DE THIERS · texte numérisé non relu

LA RESISTANCE DE THIERS

au-dessous de tout », Thiers s'élève avec vigueur. Il place, lui, l'Etat « au-dessus <Je tout* ». Et cette doctrine répond admirablement à son tempérament politique, à ses vues d'historien de Napoléon. Elle exprime le fond, la substance de son tempérament autant que de sa pensée. Il y insiste, avec une visible complaisance. Il est là sur un terpain qu'il sent solide sous ses pieds. De même, lorsqu'il proteste contre le terme « concession » si abusivement employé par Dupanloup, lorsqu'il refuse d'admettre « que l'on accorde à l'Etat comme une grâce ce qui est son droit '. » La doctrine de Thiers est ici, non pas sans doute irréprochable, car si on le pressait sur le droit de l'Etat, il ne ferait, j'en ai peur, que des réponses tout îà fait insuffisantes au point de vue philosophique; mais, en tous cas, très laïque, et tout à fait dans la tradition juridique, parlementaire et bourgeoise de la France, qu'il invoque, d'ailleurs, avec raison ' . Mais tout ceci, c'est de la doctrine, et il lui tarde de s'expliquer sur « le positif* ».

La sécularisation des petits séminaires? Mais il ne l'a jamais demandée, et personne ne la demande. Les petits séminaires devront subir l'inspection : est-ce là un épouvantail? D'ailleurs — Thiers omet cet argument, qui est le plus fort — la Constitution elle-même a décidé qu'ils la subiraient. De ce côté, point de difficulté réelle. Il n'y en a pas davantage pour la question des grades exorbitants. Thiers serait tout disposé à faire ce que l'Eglise pourrait demander pour ses établissements à elle, n'était la crainte d'être obligé d'étendre ces concessions à tout l'enseignement privé, d'en ouvrir ainsi les portes (c aux naufragés de toutes les car-

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