Lacombe, p
Thiers de la suppression du certificat d'études, dont il s'était déclaré l'adversaire; Thiers et Cousin ensemble, de la reconnaissance du droit des Jésuites à enseigner? L'accord allait-il se rompre, au moment décisif? ou se renouer, et à quelles conditions ? Seraient-ce Thiers et Cousin qui céderaient ? Seraient-ce Dupanloup et Montalembert?
Thiers le prit d'abord d'assez haut. La paix était dans les formes, et dans le langage de l'abbé Dupanloup; mais la guerre était dans ses théories. Pour lui, il désire la paix, et il Ta prouvé pai* « les concessions immenses^ » qu'il a faites, en matière d'enseignement primaire. Mais tout ce qu'il vient d'entendre lui donne à craindre d'avoir fait, depuis quelques semaines, « un métier de dupe* ». En effet, on a posé le droit absolu et unique de TEglise à enseigner. On Ta posé sans le revendiquer expressément, en reconnaissant qu'il fallait en « concéder » quelque chose. Mais enfin, on l'a posé. On a soutenu que l'Etat n'aurait, au fond, d'autre droit, en matière d'enseignement, qu'un « droit de police^ ». L'Etat peut lever l'armée, créer la magistrature, mais il ne saurait a tenir un collège »? — a L'Eglise seule le pourrait! » Qu'est-ce donc alors que l'Eglise, « sinon un Etat dans l'Etat?* » Ici, Thiers serre à merveille la question. Mais sans y insister davantage pour ne pas embarrasser ses nouveaux amis, il s'évade dans une théorie de l'Etat « capable de tout bien, et des plus grandes vertus ' », seul capable de créer des établissements d'instruction considérables, comme il est seul capable de « faire un magnificjue vaisseau de guerre ». Contre la doctrine qui « met l'Etat