LA CAMPAGNE DE VUNIVERS
droit de discuter. Il feint de croire qu'on le lui refuse, qu'on exige de lui un assentiment complet, muet. Alors, Y Ami de la Religion^ se fâche encore plus. Il soutient que la loi, non seulement n'est pas indéfendable, mais est bonne, qu'elle passe « tout ce que l'on aurait pu espérer du temps présent », qu'avec elle, il est permis à un catholique de faire tout le bien qu'il a pu rêver,, comme maître de la jeunesse. UUnivers répond que la loi est détestable, qu'elle ne permet pas de faire le bien, attendu que les maisons qui se créeront grâce à cette loi, étant sous la direction et l'inspection de l'Université, périront bientôt, ou deviendront si semblables aux collèges et aux lycées de l'Etat « qu'il n'y aurait aucune différence pour l'enseignement et pour l'éducation, entre ces établissements prétendus libres, et les établissements actuels de l'Etat* » . UAmi delà Religion demande alors à discuter sur des points de fait, sur des précisions. Oui ou non, l'Université est-elle fractionnée en 87 Conseils, y compris le Conseil supérieur? Oui ou non, y a-t-il, dans chacun de ces Conseils, des prêtres ? Oui ou non, l'inamovibilité est-elle retirée à l'instituteur? Oui ou non, sera-t-il désormais dans la main du curé? Ces interrogations sont nettes, pressantes. Il serait assez malaisé à V Univers de s'inscrire en faux contre les assertions de VAnii de la Religion. Aussi, son langage est-il ici moins précis que de coutume. Il se borne à répondre* que ce sont là non pas des réalités, mais des hypothèses, que les choses se passeront ainsi, et que ces résultats seront obtenus, à la condition que l'UnÎYersité soit elle-même « libérale et catholique », hypothèse, de toutes, la plus invraisemblable.
Et la polémique continue jusqu'à la fin, se modelant sur les phases que traverse le débat parlementaire. Quand M. de Falloux se retire du ministère, V Univers * exprime l'espoir
\. 29 juillet 1849.