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bien des raisons plus fortes que le ressentiment personnel, pour expliquer la campagne de V Univers. Il est très certain que ces raisons ont pesé d*un poids appréciable dans la balance, et Ton s*en convaincra davantage, si Ton réfléchit que la campagne de Y Univers a blessé, outre Falloux et Dupanloup, que Yeuillot n'aimait pas, Montalembert, qu'il aimait beaucoup. Pour se décider à porter un coup aussi sensible à Montalembert, qui était un ami du premier degré, un maître, un ornement de la maison, il a fallu que Yeuillot crût avoir non pas une fois, mais dix fois raison.
La polémique de ï Univers, qui a commencé le 29 juin, a duré jusqu'au jour où la loi a été votée. Elle a pris dès le début, Tallure d'un corps à corps avec V Ami de ta Religion, Le journal de Dupanloup s'épuise en efforts pour soutenir, devant l'opinion catholique, le projet de loi. Et le journal de Yeuillot s'applique à ruiner successivement tous les arguments de son contradicteur. Il l'enferme dans ce dilemme : ou bien il était possible de mieux faire, d'obtenir davantage, de rester fidèle aux principes, tels que les avait dégagés la longue lutte pour la liberté de l'enseignement soutenue depuis la Restauration, et, dans ce cas le projet de loi apparaît comme criminel ; ou bien il fallait ne pas légiférer du tout, attendre encore, lutter encore ; et de ce nouveau point de vue, le projet de loi apparaît toujours comme un crime. \JAmide la Religion plaide la nécessité de l'esprit politique, qui veut que l'on compose avec les circonstances, que l'on sache se contenter du possible, sans poursuivre le chimérique. U Univers répond que l'esprit politique consiste « à combiner sans cesse, entre le vrai et le faux, de mensongères alliances, bonnes à pix>duire de perpétuels avortements* ». IJAmi de la Religion proteste alors, et se plaint que la polémique de V Univers soulève les esprits, agite les consciences, gc^ne la liberté de l'épiscopat, soit un péril j)our l'Eglise et pour la société. UUnivers réclame le