‹ La loi Falloux, 4 janvier 1849-15 mars 1850Chapitre 154 sur 334 · Voir le chapitre suivant · texte numérisé non relu

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Le marquis H. de Régnon, « membre du Conseil générai de la Loire-Inférieure, membre de l'Académie de la religion catholique à Rome » envoya un « appel » au pape^ S'il s'adressait si haut et si loin, c'est sans doute qu'il mesurait la gravité du mal à la profondeur de sa déception. A lire l'article 7 de la Constitution : « Chacun professe librement sa religion », et l'article 9 : « L'enseignement est libre », le marquis de Régnon n'avait pas douté que Dieu lui-même, « Dieu, protecteur de cette France, placée sous l'invocation de la Vierge divine » ne les eût fait écrire aux constituants de 1848. Et voici pourtant qu'un catholique, chargé de faire passer ces principes dans la réalité pratique, les avait méconnus et faussés au point de tirer d*une liberté providentielle une loi d'oppression. « Je vais expliquer au tribunal de votre haute justice nos plaintes contre cette aggravation de la servitude des catholiques de France par l'introduction d'un projet de loi, émané du ministre actuel des cultes et de l'enseignement, et tendant à exproprier les catholiques de leurs droits constitutionnels à la liberté de leur religion et de l'enseignement catholique ! » Si le culte est libre, si l'enseignement est libre, où est le droit pour l'Etat de leur appliquer des c( mesures préventives, arbitraires, limitatives »? Toute loi consacrant la suprématie de l'Etat n'est et ne peut Mre qu'oppressive. Celle-ci « renferme l'oppression complète des catholiques » pour un Etat « qui proclame l'égalité entière de la vérité et de l'erreur dans les matières religieuses. » Faut-il s'en étonner ? Le projet Falloux a été rédigé par une commission où siégeaient, appelés parle ministre, « les plus habiles universitaires, les fameux chefs de cette école éclectique,

1. Appel à S. S. le Pape Pie IX au sujet du projet de loi sur la liberté de l'enseignement présenté le !8 juin iU9 à l'Assemblée législative par M. de Falloux. Nantes, 1849 {Bibl. nal. Ld* SiOli). Fallou.x avait déjà eu maille à partir, avec lui dans une séance du Cercle catholique où Régnon défendait déjà avec un cmporteniont maladroit les idées de rexlrùme droite intransigeante : « C était, dit-il, un petit homme houillant, éminemment respectable, esprit naturellement paradoxal et qui ruina sa nombreuse famille en faisant imprimer des brochures ou des livres que personne n'achetait, w (Falloux, Mémoires iVun Royaliste, t. 1, p. 483).

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