L'OPINJON DE LACORDAIRE. DE COMBALOT
au service de sa vanité pieusement intrigante* ». Uœuvre commune de Montalembert et de Dupanloup est une atteinte grave portée aux droits des évéques. Uépiscopat seul était qualifié pour stipuler au nom de TÉglise. L'Église n'approuvera pas, n'acceptera pas « une loi essentiellement anticatholique » qui constitue « une usurpation criminelle ». Il ne reste à ses auteurs qu'à « faire amende honorable à Dieu, à l'Eglise, de l'initiative coupable, de la coopération prise (par eux) dans une chose qui n'est pas du ressort d'un simple fidèle^ ».
Voilà des plaintes et des griefs anonymes. Mais il en est d'autres, que leurs auteurs ont signés, et qui ne sont pas moins violents. Lacordaire, qui devait plus tard changer de langage, est alors franchement hostile à la loi. « On a mieux aimé, dit-il, se fier à M. Thiers qu'à Dieu et à la justice' ».
[L'abbé Combalot écrit à Dupanloup : « Je regarde le projet comme l'un des plus dangereux fléaux qui aient encore menacé votre patrie adoptive*. » Il lui pose trente-six questions. La sixième suffit pour donner le ton de cette lettre : Un ministre des cultes et de l'instruction publique sincèrement catholique peut-il en sûreté de conscience, concourir à la stabilité et à l'extension des sectes anticatholiques, soit en leur bâtissant des temples et des synagogues, soit en leur créant des Facultés de théologie ? « Comment comprendre que ceux aux mains desquels flottait l'étendard des fils des croisés dans cette guerre de la vérité contre le mensonge, ... se soient mis à rêver un concordat et une transaction entre le catholicisme et une secte qui travaille à le détruire ? » Une telle tentative est une « désertion* ».]