‹ La loi Falloux, 4 janvier 1849-15 mars 1850Chapitre 200 sur 334 · LE RENVOI AU CONSEIL D'ÉTAT · texte numérisé non relu

LE RENVOI AU CONSEIL D'ÉTAT

douleur dans ses lettres. C'est, d'abord, un cri de haine contre V Univers. « Il devient une plaie vive dans TEglise... Avec un tel journal, en 1801, le Concordat eût été impossible. » Puis ce sont des efforts nouveaux. Il écrit à Montalembert, quelques jours après le vote de l'Assemblée : « Je suis dans une grande tristesse. Tout ici est plus misérable que jamais. J'ai vu MM. Mole, Thiers et Berryer. Ils se sont réunis, et ont décidé de soutenir énergiquement la loi. C'est ce que M. Thiers et M. Mole m'écrivent. Jiisquà extinction, dit M. Thiers. Mais, en môme temps, il y a les plus basses intrigues contre. Il y a des alliances inouïes entre certains hommes. Je suis profondément triste et humilié pour l'Église *. » Quelles sont ces alliances, et quels sont ces hommes? Probablement les amis de V Univers, d'une part, et la gauche, de l'autre. Toujours actif, cependant, et espérant contre l'espérance, Dupanloup se met, à cette date même, à rédiger le Mémoire au pape dont il a été question plus haut'^. La loi n'eût-elle gardé qu'un défenseur, c'eût été celui-là.

M. de Falloux a expliqué, à sa manière, le renvoi devant le Conseil d'Etat '. « Ce résultat, dit-il, surprit ceux-là môme qui l'avaient obtenu. M. de Parieu ne prit pas de part au vote. Ce déplacement d'une majorité, jusque-là nombreuse et compacte, provint de deux causes : l'accord avec la gauche des membres qui prenaient leur mot d'ordre à l'Elysée, et qui commencèrent, en cette circonstance, une évolution qui ne devait pas s' arrêter là ; l'accord avec eux et avec la gauche de quelques catholiques commençant aussi ce jour-là une scission qui devait grandir et produire rapidement d'autres ravages. Parmi les bonapartistes, deux seulement s'abstinrent, à Fexemple de M. de Parieu : M. Abbatucci, par égard pour M. Barrot, son partner au whist, chaque soir, et M. de Persigny. »

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