Il y avait, à la séance du 7, un membre absent
aveux significatifs, qu'il ne tenait pas à cette disposition par conviction personnelle, mais qu'il se bornait à l'accepter avec les autres, et parce qu'il y voyait une facilité pour mieux tenir en main les instituteurs. Il aurait semblé naturel, dans ces conditions, qu'une majorité assez importante se groupât, au Conseil, autour des propositions de la section. Loin de là. Elles ne passent que grâce à la voix prépondérante du président. Est-il possible de s'expliquer ce résultat, sans faire entrer en ligne de compte les réflexions présentées plus haut sur la composition du Conseil d'Etat, et sur les préoccupations qui ont dû être celles de plusieurs de ses membres, entre le renouvellement encore récent de juin-juillet 1849, et le renouvellement déjà prochain de 1850.
Après cette grande bataille qui marque le point culminant de la lutte entre les fractions et les tendances diverses du Conseil d'Etat, c'est surtout l'organisation de l'enseignement primaire, et les questions générales relatives à cet ordre d'enseignement qui occupent le Conseil. Comme questions générales, il examine le principe de la gratuité absolue. Un membre demande que ce principe soit établi dans la loi *. La proposition ne réunit que 6 voix contre 33. Le Conseil d'Etat adopte, par revanche, par 21 voix contre 1 7, une disposition portant que toute commune a « la faculté d'entretenir au moins une école entièrement gratuite ». Il corrige aussitôt, sur la proposition d'un autre membre, la généralité de cette disposition par une réserve. Cette faculté n'est accordée aux communes qu'à la condition qu'elles puissent subvenir à la dépense « sur leurs ressources ordinaires^ ». Le principe de l'obligation est, de même, soutenu par un membre. Il rappelle que ce principe se trouvait inscrit dans le projet de l'Assemblée constituante. Il trouve des appuis dans le Conseil. Un membre déclare que, refuser la nourriture intellectuelle à l'enfant, c'est