Titre l, chap. ii. art
croit devoir se prononcer pour les académies départementales. Il y voit surtout un moyen efficace de rapprocher l'enseignement primaire de l'enseignement secondaire. L'enseignement du peuple ne doit-il pas avoir, aux yeux du législateur, la même importance que celui des classes élevées? Or, la présence d'un recteur dans chaque département favorisera le développement de l'enseignement primaire. Après cet appel, assez inattendu, au sentiment démocratique, l'appel à l'instinct conservateur, plus prévu. L'enseignement primaire ne sera pas seulement plus développé, grâce aux académies départementales, il sera mieux surveillé. Le Conseil d'État n'ignore pas que les garanties dont jouit l'instituteur « deviennent un danger ». Le recteur départemental sera le « préfet de l'enseignement ». M. de Parieu ne pouvait manquer de saisir cette occasion pour ramener son idée favorite. Est-ce cette considération qui toucha le Conseil ? Est-ce l'argumentation des partisans très fermes et résolus du projet Falloux? Toujours est-il qu'au scrutin, le Conseil se trouva divisé en deux fractions égales. L'article 9 des propositions de la section de législation réunit 20 voix favorables, contre 20 voix hostiles*. C'est alors que se produisit une intervention personnelle du vice-président de la République, président du Conseil d'Etat. Boulay de la Meurthe, « usant de sa voix prépondé-rante », déclare que l'article 9 est adopté.
Ce scrutin vaut que l'on s'y arrête un instant. Il montre mieux que tous les autres, combien avait fléchi, dans le Conseil d'Etat> Tesprit de la Constituante. Le morcellement des académies n'avait rien à voir avec la liberté d'enseignement. Il aurait pu être repoussé nettement, sans que le principe posé dans la Constitution, sans que les dispositions, intéressantes à ce point de vue, du projet du gouvernement, fussent le moins du monde diminuées. Le ministre lui-môme avait assez indiqué, par l'hésitation de son langage, et ses