LA QUESTION DE L'ENSEIGNEMENT PROFESSIONNEL
avoir « certains ménagements, certaines réserves dont le gouvernement sera juge ». On lui crie à gauche, que c'est a l'abdication de la loi », que la loi, dans ces conditions, sera lettre morte. Le ministre n'en a pas moins offert un arrangement aux évêques. Il répète même qu'il y a manière d'inspecter, que l'inspecteur peut rester dans un établissement « une heure, deux heures, un jour entier ». Il ne s'étonne pas outre mesure que certains prélats aient pu croire que, sous l'inspection, se cachait une menace; quand ils l'auront vue fonctionner, ils sauront qu'elle ne s'exercera pas « pour troubler ni inquiéter les doctrines religieuses, mais pour sauvegarder les droits de la société ». Et ils accepteront le droit commun.
11 est tout à fait digne de remarque que, dans la préparation et la discussion de cette loi « organique » les questions pédagogiques aient tenu si peu de place. Sans doute, quelques-uns des aifnendements Wallon en sont tout inspirés. Mais ils n'ont pas été votés, ou bien ils n'ont pas été examinés d'aussi près qu'ils le méritaient. Le débat aurait pris fin sans que l'attention de l'Assemblée eût été attirée un moment de ce côté, sans la proposition de Lasteyrie et Wolowski, relative à la création d'un enseignement professionnel.
Cette proposition avait été présentée au cours de la seconde délibération*. Ses auteurs avaient demandé qu'un titre nouveau fût inscrit dans la loi, et consacré à l'enseignement professionnel. Mais devant « l'inattention complète » de l'Assemblée, et en présence des interruptions continues qur l'accueillaient, de Lasteyrie avait renoncé à développer ses vues, et l'amendement avait été retiré, pour être représenté en troisième délibération. La Commission s'était montrée peu favorable à l'idée d'un enseignement professionnel « vague, indéterminé'^ ». Le ministre, sans paraître bien