M. DE FALLOUX MINISTRE DE L'INSTRUCTION PUELIQUE ET DES CULTES
I. M. de Palloux et la République. — II. Pourquoi M. de Falloux fut appelé au ministère. — lU. Gomment il devint ministre. — IV. L'homme et le politique. — V. Le dessein de M. de Falloux.
Le 20 décembre 1848, le premier ministère du prince Louis-Napoléon, élu dix jours auparavant président de la République, se présentait devant l'Assemblée constituante. Ce ministère* comprenait d'anciens membres de l'opposition dynastique, sous la monarchie de Juillet, à leur tête le président du Conseil, Odilon Barrot ; plusieurs membres de ce qu'on TMHZunait alors le tiers-parti ; un républicain, et, au département de l'instruction publique et des cultes, M. de Falloux^, qui ^^.'appartenait à aucune de ces catégories.
1. 0. Barrot, président du conseil, était ministre de la justice; Drouyn de Lhuys. des affaires étrangères ; le général RuUière, de la guerre ; de Tracy, de la marine et des colonies; de Mallcville, de rintérieur; Léon Faucher, des travaux publics ; Bixio, de l'agriculture et du commerce ; Hippolyte Passy, des Onances; de Falloux, do l'instruction publique et des cultes.
2. Sur la famille de M. de Falloux, voir Eugène Veuillot, Le comte de
On sait qu à la suite d'un conflit tout personnel entre le président de la République et le ministre de l'intérieur* , une crise éclata dès le 27 décembre. Elle eut pour résultat le départ de deux ministres, le républicain Bixio, et celui des membres de l'ancienne opposition dynastique qui pouvait être considéré comme inclinant le plus à gauche, le ministre de l'intérieur, de Malleville. Dans le cabinet remanié, M. de Falloux gardait sa place.
Quelle avait été jusqu'aloi»s son attitude politique? Pourquoi, comment reçut-il le double portefeuille de l'instruction publique et des cultes ? Quelle sorte d'homme était-il, à cette date, au témoignage de ceux qui l'ont bien connu ? Et que se proposait-il de faire, ime fois ministre ?
M. de Falloux était entré, en 1846, à la Chambre des députés, comme représentant du collège de Segré (Maine-et- Loire). On ne savait rien de lui, sinon qu'il avait publié deux ouvrages, un livre sur Louis XVI, ^et un livre sur saint Pie V, Dans son Louis XVI, il cherchait à prouver la parfaite inutilité de la Révolution. Si l'on avait laissé faire le roi, toutes les réformes désirables, légitimes, auraient été accomplies. Dans son livre sur saint Pie V, il tentait une sorte de justification historique de l'Inquisition \ (^est, d'ailleurs, en 1848 seulement, et après son arrivée au ministère, que les adver-
Falloux et ses Mémoires, p. 6. Eugène Yeuillot lui reproche ses prétentions no!)lIiaires « et son application à voiler la modestie relative de son origine ». Le grand-père de M. de Falloux, honnête négociant, fut anobli par l'ôchevinage, et le premier comte Falloux date de 1830.
1. Le ministre de l'intérieur, à peine installe, reçut une lettre « assez impertinente » du président de la République l'invitant à lui communiquer les dossiers des affaires de Strasbourg et de Boulogne. Malleville refusa. Le président s'excusa par une lettre au conseil des ministres. Mais Malleville donna sa démission et Bixio le suivit dans sa retraite. Léon Faucher qui était aux travaux publics, prit l'intérieur, fut remplacé aux travaux publics par Lacrosse, et Buffet remplaça Bixio.
2. Voir Histoire de saint Pie V, pape, de Vordre des frères prêcheurs, 2« édit. I, p. 37 et suivantes.