M. DE FALLOUX ET LA RÉPUBLIQUE
saires politiques de M. de Falloux prirent connaissance de ses écrits, et songèrent à relever ses jugements'. A la Chambre, M. de Falloux siégea parmi les légitimistes. 11 ne joua qu'un rôle fort eftacé. La révolution de Février ne le mécontenta qu'à demi, si môme elle ne lui causa, comme à tant d'autres partisans de la branche aînée, un secret plaisir ^ Il fut de ces légitimistes, et aussi de ces catholiques qui, par ressentiment contre le régime déchu, par politique, pour ménager certains intérêts, pour servir certains desseins, acceptèrent, ou firent mine d'accepter la République. Ld Gouvernement Provisoire n'eut garde de dédaigner ces concours, et, dans les huit premiers jours du nouveau régime, il se noua entre républicains et légitimistes une entente dont les clauses — s'il y en eut — la portée, et les suites n'ont pas encore été étudiées. Ce qui est sûr, c'est que le Gouvernement Provisoire ^e, fit pas mystère de cette entente. Le 29 février, une note du Moniteur annonçait qu'un des membres les plus actifs du parti légitimiste, le comte de Quatrebarbes, venait de partir pour la Bretagne et la Vendée, avec une mission qui lui avait été confiée par ses amis politiques. « Ceux-ci ont décidé, ajoutait l'organe officiel, que, dans les circonstances où notre pays se trouve placé, il fallait que tous les Français usassent de leui* influence et de leur autorité pour empêcher les divisions intérieui'es, et pour les faire cesser, si, par malheur, elles venaient à éclater sur quelques points. » Peu de jours après, le 11 mars, une autre note du Monitettr annonçait que plusieurs dames, appartenant à la haute société légitimiste, la maixjuise de la Grange, la comtesse d(» la Bouillerie, d'autres encore, se joignaient, pour une œuvre
i. Voir par exemple un article de la Liberté de Penser, t. Hl, j). 181 et suivantes; et, Ibid., t. IV, p. 91 et suivantes, une polémique entre celte Revue et l'auteur des deux livres.
2. Un écrivain royaliste et catholique a dit : « Les légitimistes, qui n'étaient pas des vaincus, et dont les événements justifiaient l'opposition persévérante, butaient dans le mouvement avec une satisfaction facile à comprendre. » Poujoulat, Histoire de France depuis 1814 jusqu'au temps présent, t. IV, p. 329 (cité dans Falloux, Mémoires d'un Royaliste, I, 271).
de charité, :à Mmes Dupont (de TEure), Ledru-Rollin, Crémieux^ Flocon. Les Mémoires du comte de Melun ^ renferment au sujet de ces réunions, organisées par Mme de Lamartine, des détails intéressants. En acceptant la République, M. de Falloux, légitimiste, ne se séparait donc pas de ses amis.
Catholique, il suivait l'exemple du haut clergé, du nonce, de Y Univers. Trois jours après le renversement du trône, ce journal publiait un article enthousiaste. « Qui songe, aujour« d'hui, en France, à défendre la monarchie ? Qui peut y songer ? La France croyait être encore monarchique : elle était déjà républicaine. La monarchie succombe sous le poids de ses fautes... Que la République française mette enfin l'Eglise en possession de cette liberté, que partout Je$ communes lui refusent, ou cherchent à lui ravir, il n'y aura pas de meilleurs et de plus sincères républicains que les catholiques français*. » Le même jour, le nonce apostolique, répondant à une communication de Lamartine, ministre des affaires étrangères, lui faisait part de sa « profonde satisfaction » au récit des témoignages de respect que le peuple de Paris avait prodigués à la religion, durant les trois journées de la Révolution, et lui offrait pour la France du 24 février, la bénédiction pontificale ^ Le 7 mars, T^tijchevêque de Paris accompagné de ses grands vicaires, allait assurer Dupont (de l'Euiv) du « loyal concours de tout le clergé de Paris », et le président du Gouvernement Provisoire, dans une réponse émue, déclarait que « la liberté et la religion sont deux sœurs également intéressées à bien vivre ensemble *. » S'il se ralliait à la République, M. de