‹ La loi Falloux, 4 janvier 1849-15 mars 1850Chapitre 88 sur 334 · Livre I, chap. ii, p. 27 et suivantes · texte numérisé non relu

Livre I, chap. ii, p. 27 et suivantes

sion a répondu, en faisant plus large la part de renseignement religieux dans l'école. Il y est question aussi de « moyens pratiques d'enseignement et de surveillance ». Le stage substitué au brevet représente un « moyen pratique » d'enseignement. La surveillance du curé et du maire substituée au Comité local, et celle du Conseil académique départemental substituée au Comité d'arrondissement représentent « des moyens pratiques de surveillance ». Mais il n'y a pas que cela, dans le projet de la Commission. Il y a la suppression des Ecoles normales, il y a le morcellement des académies, il y a les facilités exceptionnelles données au prêtre qui veut se consacrer à l'enseignement, il y a le vote contre l'obligation scolaire. Or les diverses modifications s'inspirent d'un seul et môme sentiment, celui dont Thiers s'est fait l'interprète, contre quelques-uns des membres les plus réactionnaires de la Commission, contre les témoins de l'enquête- : le sentiment de la défense sociale. Thiers veut défendre la société par deux moyens ; en évitant que l'instruction aille partout, se répande partout, car c'est « mettre du feu sous une marmite vide, que d'instruire le pauvre »; car l'instruction est un « commencement d'aisance », et l'aisance « n'est pas réservée à tout le monde » ; puis, second moyen, en mettant autant que possible l'école primaire entre les mains de l'Eglise, faute de pouvoir recourir au meilleur procédé, qui serait de lui livrer tout l'enseignement primaire, de n'avoir nulle part d'autres maîtres que les siens. La Commission de la liberté d'enseignement aboutit à préparer une simple loi de police intellectuelle et morale. Thiers en est cause et aussi Dupanloup. Y a-t-il eu là partie liée entre Thiers d'une part, Falloux et ses amis de l'autre? C'est un point dont il est difficile de décider. Pourtant, quand on lit certaines déclarations de Montalembert, d'Armand de Melun, on a l'impression qu'ils sont sincères dans leur étonnement. Ils n'en espéraient pas tant. Mais quand on leur offrait tout, ils ne pouvaient pas se dispenser de prendre. Encore firent-ils quelques réserves.

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