Cf. Conseil général Bas-Rhin, 31 août 1860, P. V., p
2. Cf. Bulletin Jean Macé, Strasbourg, janvier 1933, n. 1. Article Ch. Pfister, p. 22-27 « Jean Macé à Beblenheim. Vieux Souvenirs ».
3 et 4. Cpr. Abbé Simonis : « Lettre à M. Jules Simon sur l'instruction primaire », dans la Revue catholique d’ Alsace, 1868-69, p. 145.
moments suscité des controverses assez passionnées s'était plutôt apaisée.
En Alsace du moins, le français avait réussi à s'imposer partout comme langue d'enseignement à l’école. Le plan d’études élaboré par le conseil académique en 18691 porte 14 heures de français et 4 d’allemand pour le degré inférieur, 12 de français et 5 d’allemand pour le degré moyen, 11 de français et 4 d'allemand pour le degré supérieur, les trois degrés ayant chacun 4 heures de religion par semaine ; l’allemand avait donc de la sorte une place équitable dans le plan d’études.
En Lorraine, où elle avait été plus vive en présence de la résistance opiniâtre des ministres des divers cultes, du clergé catholique en particulier, dans les communes de langue allemande, la lutte était arrivée à une sorte de compromis : 690 écoles bilingues fonctionnant d’après le règlement? du 25 février 1870 proposé par le Conseil académique de Nancy : «La pratique de la langue allemande doit être maintenue pour chacune des divisions de l’école primaire, dans une juste mesure, soit comme moyen nécessaire de communication, soit à titre d’exercice de conversation. Chaque jour une demi-heure doit être consacrée à la lecture en allemand, dès que les élèves sauront lire en français, et cela vers l’âge de 7 à 8 ans. Enfin, il est ordonné que le catéchisme diocésain, étudié en allemand, soit récité textuellement en français ou réciproquement toutes les fois que le besoin s’en ferait sentir. D’une manière générale, la base de l’enseignement doit être la langue française ». >
En fin de compte, et en dépit de toutes les difficultés, l’enseignement primaire, tel qu'il était pratiqué dans les trois départements, avait obtenu des résultats sortant de l'ordinaire à en juger par cet indice puisé dans une statistique de 18683 concernant la proportion d’illettrés dans tous les départements français, que la Moselle venait au 6€ rang avec 2,25%, le Bas-Rhin
1. Cf. L. Meiïster, Rapport sur l’enseignement primaire en Alsace-Lorraine, p. 19 et 20. Ministère de la guerre. Service d’Alsace-Lorraine, 1918,
2. Gaston May, La lutte pour le français en Lorraine, dans les Annales de l'Est, rapporté dans L. Meister, op. cit., p. 30.