‹ La Loi Falloux et Son Application en Alsace et LorraineChapitre 27 sur 110 · Cf. Georges Goyau, op. cit., t. 1, p · texte numérisé non relu

Cf. Georges Goyau, op. cit., t. 1, p

bien retenir qu'il ne s'agissait pas du tout de la lutte d’un Etat laïque contre les Eglises en général ; l'Etat allemand tenait, au contraire, à fortifier le sentiment religieux, parce que sécurité supérieure à toutes, de la stabilité de l'Etat dont le chef était un empereur de droit divin : l’article 10 (a) de l'ordonnance d'exécution du 10 juillet 1873, complété par celle du 16 novembre 1887 ! spécifiait « que l’enseignement et l’éducation doivent tendre à développer la religion, la moralité et le respect des pouvoirs établis et des lois ».

Pareil paragraphe se tient dans l’esprit de défense sociale au moyen d’un enseignement influencé par la religion, c’est-à-dire dans la ligne que les auteurs de la loi Falloux avaient toujours préconisé. Il y avait cependant cette différence que, dans l’esprit de M. de Falloux, de Montalembert et de l'Abbé Dupanloup, c'était plutôt l'Etat qui se mettait au service de l’Eglise dans le domaine de l’enseignement, alors que le gouvernement de l’'Empire allemand ne voyait dans la part faite à la religion dans l’enseignement qu’une contribution morale servant à mieux assurer la souveraineté de l'Etat. Ces principes, en tout cas, s’ils pouvaient amener l’Etat allemand à prendre des mesures anticléricales, lui interdisaient, par contre, toute mesure spécifiquement areligieuse et encore moins antireligieuse. De fait, dans les conflits scolaires en Alsace et en Lorraine, surtout de 1873 à 1875, la lutte fut engagée non entre le laïcisme et le cléricalisme, mais plutôt entre un Etat à tendance absolutiste et violemment nationaliste et un clergé germanophobe défendant, à propos d'intérêts religieux, l’idée française en Alsace et en Lorraine.

B. — Toujours est-il que la loi de 1873 fut d’abord appliquée avec sévérité par le président supérieur von Moeller. Le Kulturkampf avait commencé dès la fin de 1871. Le 8 juillet 1872, une première répercussion sur la liberté d'enseignement établie par la loi Falloux, demeurée en vigueur en Alsace, était constituée par l’expulsion de la congrégation des Jésuites. Le 20 mai 1875, une ordonnance du chancelier assimilait aux Jésuites les Laza-

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