‹ La Loi Falloux et Son Application en Alsace et LorraineChapitre 28 sur 110 · Trad. Orgn. pol. el adm., 2e part., t. 1, p · texte numérisé non relu

Trad. Orgn. pol. el adm., 2e part., t. 1, p

ristes, les Rédemptoristes, les prêtres du Saint-Esprit, les Dames du Sacré-Cœur ; les maisons d'éducation dirigées par les Dames du Sacré-Cœur et les Rédemptoristes furent fermées, entre autres le collège Saint-Clément à Metz, le collège catholique de Colmar ; en 1874 les Frères de la Doctrine chrétienne virent leur école de Beauregard près de Thionville fermée pour cause de désobéissance.

L'article 11 du Concordat français subsistant aussi, donnant à chaque évêque le droit d’avoir un séminaire, cet article fut interprété dans un sens très restrictif : le gouvernement allemand, se refusant à admettre les petits séminaires comme simple préparation au grand séminaire, il les assimilait à des établissements d'enseignement secondaire et leur appliquait toute la réglementation de 1873 : conditions de stage et de diplôme et autorisations. Il s’ensuivit la fermeture des petits séminaires de Strasbourg, de Zillisheim, de Sierk et de Fénétrange ; l’Ecole ecclésiastique de Bitche, le collège Saint-Augustin, n’échappa au naufrage qu’en raison de la nomination d’un grand nombre de professeurs allemands.

En définitive, il n’y avait plus en Alsace en 1875 que 31 écoles primaires élémentaires privées avec sept instituteurs et 42 insti-tutrices : 105 écoles de filles et 72 écoles maternelles furent fermées dont 50 en Basse-Alsace, 14 en Haute-Alsace et 8 en Lorraine. Les Frères de Matzenheim, les Sœurs de Saint-Jean de Bassel, de Peltre et de Ribeauvillé furent les seuls établisse-ments tolérés.

Un autre moyen d’atteindre le personnel enseignant congré-ganiste consista dans l’exigence des titres de capacité énumérés à l’article 25 de la loi sur l’enseignement du 15 mars 1850. Une ordonnance du 20 mai 1874 permit seulement aux instituteurs et institutrices en fonctions depuis le 14 mars 1873 sans avoir les diplômes requis de demander jusqu’au 1e août 1874 au prési-dent de district de l’école intéressée, l’autorisation de rester en fonctions, autorisation accordée avec ou sans examen préalable, après avis de l’inspecteur primaire et du directeur de cercle. 450 congréganistes frères et sœurs furent atteints par cette: ordonnance en raison de leur refus de passer l'examen.

Un autre décret du 15 juin 1876 créa un examen ouvert aux sœurs désireuses d'entrer dans l’enseignement public en quittant leur congrégation.

Section il A partir du Statthalterat de Manteuffel

$ 1. — LES MOYENS ALLEMANDS POUR TOURNER LES PRINCIPES DE LA LOI FALLOUX

Le 4 juillet 18791 une loi sur la constitution et l’administration allemande avait supprimé l'office de président supérieur remplacé par un Statthalter nommé par l’empereur et créé pour le pays d’Empire un ministère dirigé par un secrétaire d'Etat, avec l'assistance de quatre sous-secrétaires. C'était à coup sûr un progrès dans le sens de l’autonomie administrative ? du pays réclamée dès 1874 par la délégation du pays (Landesausschuss) composé de conseillers généraux élus par leurs collègues à raison de dix par chacun des trois conseils généraux du pays d’'Empire.

Ce fut surtout la personnalité du statthalter Edvin von Manteuffel qui amena un certain apaisement dans la lutte pour l’école en Alsace-Lorraine. Il était animé de sentiments plutôt bienveillants à l'égard des revendications confessionnelles de la population. M. G. Goyau écrit ? à son sujet : « Ainsi la dictature en Alsace était entre les mains d’un bon protestant qui protégeait l'Eglise romaine ».

a) Sur le terrain de l’enseignement primaire. C’est lui qui créa les conseils d'instruction publique de district (Bezirksunterrichtsräte) une année après son entrée en fonction, le 4 décembre 18804. La composition de ce nouveau conseil scolaire était

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