‹ La Loi Falloux et Son Application en Alsace et LorraineChapitre 45 sur 110 · Verwaltung des niederen Unterricht, p · texte numérisé non relu

Verwaltung des niederen Unterricht, p

APPLICATION DE LA LOI FALLOUX DE 1870 A 1918 85 $ 5. — LEs ÉCOLES NORMALES D’INSTITUTEURS ET D’INSTITUTRICES

A.— Au lieu que la loi Falloux, et plus encore ses promoteurs avaient marqué de l’hostilité aux écoles normales publiques interconfessionnelles, en tant que pépinières de l’esprit universitaire, voire même laïque, le gouvernement allemand y vit le meilleur instrument de germanisation du personnel enseignant alsacien-lorrain. Pour y attirer donc le plus grand nombre possible d’aspirants de la population indigène il supprima l'engagement décennal auquel étaient astreints les élèves maftres jusqu’en 1870 et le rendit quinquennal par le décret du 27 décembre 1870 ; d’autre part, il rendit les écoles normales confessionnelles sans que la population l’eût demandé, le 6 mars 1871 ; en suite de la protestation de l’opinion publique, elles redevinrent interconfessionnelles dès septembre 1871, retournant d’ailleurs à la séparation confessionnelle dès 1872 en dépit des tendances anticléricales assez vives du moment.

B. — Le chancelier Bismarck, tout engagé qu'il fût dans le Kulturkampf avait préféré introduire en Alsace et en Lorraine les écoles normales confessionnelles. Le geste, au premier abord étrange, était en réalité signe d’une politique habile et à longue échéance. Bismark ne se faisait aucune illusion sur les sentiments anti-allemands des Alsaciens et des Lorrains en général, de l’ancien corps enseignant et du clergé en particulier. Il s’attaqua à ces deux corps qui constituaient l’armature politique et morale de la population : d’une part, brutalement, par des expulsions, des fermetures d’écoles et de séminaires, et l’assujettissement des écoles non supprimées et, d’autre part, sournoisement, contre les tenants mêmes de l’idée française dans les provinces annexées par la tentative de germaniser ou tout au moins de neutraliser au point de vue national les futurs instituteurs et curés alsaciens-lorrains grâce à deux mesures : la création d’écoles normales confessionnelles et celle d’une Faculté de théologie catholique à l'Université de Strasbourg dont les nouveaux professeurs devaient être presque tous de bons patriotes allemands.

Considérant la religiosité assez générale en Alsace-Lorraine, le gouvernement allemand espérait qu’en établissant officiellement la religion catholique et la religion protestante dans les écoles normales respectives, celles-ci paraîtraient moins suspectes à la population et constitueraient pour les futurs élèves maîtres alsaciens-lorrains issus de familles croyantes un attrait religieux et moral non négligeable en sus de leurs avantages matériels. Le recrutement ainsi stimulé, rien ne l’empêchait plus de pourvoir ces écoles normales confessionnelles comme d’ailleurs la nouvelle Faculté de théologie catholique de directeurs et de professeurs venus d'Allemagne qui, tout en étant d'excellents catholiques et d’excellents protestants, seraient en même temps des propagateurs zélés de l’idée allemande au milieu du futur corps enseignant et pastoral des deux confessions en Alsace et Lorraine. Il ne faut surtout pas oublier que ce dressage systématique devait s’opérer sur les futurs instituteurs entre 13 et 20 ans, âge auquel il est particulièrement difficile de conserver son originalité propre et son indépendance individuelle. En fait, tous les directeurs étaient allemands d’origine et sur les 42 professeurs d’écoles normales 8 seulement Alsaciens-Lorrains, furent chargés de mêler habilement l’amour de la religion respective et celui de la nouvelle « patrie », le respect de Dieu et de ses commandements et celui de la dynastie régnante et des lois de son gouvernement.

C. — Dès le 3 janvier 1871 le séminaire protestant d’instituteurs de Strasbourg était réorganisé sur le modèle allemand ; le 6 mars, les deux Ecoles normales de Strasbourg et de Colmar affectées, l’une aux élèves-maîtres protestants, l’autre aux élèves-maîtres catholiques. Le 15 octobre 1872, Bismark luimême fonda le séminaire d’institutrices catholiques de Sélestat. Les Ecoles normales de Phalsbourg créée en 1876, et en 1872 de Metz et d’Obernai furent affectées aux institeurs catholiques. L'Ecole normale d’institutrices de Château-Salins ouverte en 1876 était catholique.

Voici les effectifs afférents à 1911 :

a) Dans les 5 écoles normales d’instituteurs :

Nombre Nombre et confession des élèves des

professeurs | Catholiques | Protestants | Israélites | Total

Strasbourg ...... 9 — 67 — 67 ONCE ALES EN 9 93 — — 3 COMNAT RE Er 10 82 — 2 84 Metz (Montigny) . ul 80 — — 80 Phalsbourg ...... 10 121 = — 121 FOotal 7.2 49 376 67 2 445

b) Dans les 2 écoles normales d’institutrices et un proséminaire :

Nombre

ombre e nfession des é des professeurs N re et co des élèves

Hommes | Dames | Catholiques | Protestants | Israélites | Total

Strasbourg-

Neudorf .. 3 (5 —— 69 — 69 Sélestat..." 2 8 107 — — 107 Château-Sa-

lins (pro-

séminaire). == 4 32 — — 32

Total 5 17 139 69 — 208

Le plan d’études établi par le décret du 16 juillet 1874 prévoyait 3 heures de religion, 7 d’allemand et 3 de français, 2 à 3 de chant par semaine et de 2 à 4 d’enseignement musical consacrées à l’orgue, au piano ou au violon et à l’étude de l’harmonie. La place faite à la musique dans les écoles normales était, en dehors de la valeur cultuelle, apparue comme un autre moyen de jeter un pont entre Allemands et Alsaciens-Lorrains, tous deux épris de chants populaires.

Section 111

L'enseignement secondaire

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