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LE NOMBRE ET L'ORGANISATION DES ÉTABLISSEMENTS

10 Leurs transformations et catégories.

A.— La plupart des établissements secondaires fermés le 21 septembre 1870 furent rouverts le 10 octobre 1871. L’effectif des lycées et collèges restés ouverts avait diminué durant cette année en moyenne de 70%. Grâce à l'initiative du conseiller scolaire Baumeister, 3 lycées et 16 collèges fonctionnaient à nouveau régulièrement en octobre 1871.

En ce domaine aussi, la loi Falloux fut abrogée dans la mesure où elle avait organisé un enseignement libre totalement indépendant de l'Etat. Le nouvel Etat allemand dans son désir de germanisation rapide s’attaqua d’abord aux établisssements libres dont ceux-là seuls subsistèrent qui renoncèrent à leur indépendance doctrinale pédagogique et administrative, c’est-àdire à leur raison d’être. La loi Falloux était dès 1873 complètement abrogée pour l’enseignement secondaire public et privé. De novembre 1873 à juillet 1874 le Coilège libre catholique de Colmar, les séminaires de Fénétrange, de Strasbourg et de Zillisheim furent fermés ainsi que les pensionnats de jeunes filles de Kientzheim, de Montigny et de Lutterbach. En 1875, l’institution catholique de Sierck et l’école des Frères de Saint-Hippolyte subirent le même sort. Le gymnase protestant de Strasbourg! et l'Ecole Saint-Augustin de Bitche subsistèrent grâce à un sacrifice partiel de leur indépendance.

Un tableau fait ressortir l’évolution des établissements secondaires des années 1872 à 1912.

1. Cf. R. Will, Sapiens et eloquens pietas. Quatre tableaux tirés de l’histoire: du gymnase protestant. Quatrième centenaire 1938.

EEE

Ë Nombre Nombre des élèves des établissements d’après leur religion Total Publics Nombre Dee Année : des e des G Ecoles ré- profes- élèves ymnase ales sup Pré classes ca Catholi PP 2e 4 et pro- ne seurs atholiques rotestants | [sraélites gymnase re 1872 24 5 154 748 1.463 192 2.403 1882 13 15 5) 242 322 2.546 SO 799 7.096 1892 18 9 6 334 637 3.928 3.889 851 8.668 1902 16 11 6 334 684 4.587 4.017 790 9.394 1910 15 13 6 467 844 6.355 4.612 930 11.897 1911 15 13 9 500 894 6.499 ANTS 961 12.355:

Neuf établissements privés rouverts au cours des années 1880, 92 groupaient en 1912, 2.336 élèves dont 575 élèves du gymnase protestant de Strasbourg; tous les autres provenaient d’établissements privés catholiques. Donc on peut constater une assez faible proportion d'élèves d'écoles secondaires privées en présence des 12.226 élèves des établissements secondaires publics de sorte que là encore la loi Falloux, sans être expressément abrogée, ne remplissait plus son objet principal.

B. — L'article 1 de l’ordonnance du 12 juillet 1873 classait les établissements secondaires en deux catégories : 19 les gymnases et progymnases ; 20° les réalgymnases, les écoles réales supérieures et les écoles réales. Les gymnases prenaient pour base le latin et le grec et se divisaient d’après le rescrit du 20 juin 1883 en gymnases, progymnases et écoles de latin; leur but commun était de dispenser la culture supérieure indispensable pour suivre avec fruit les cours de l’Université. Les écoles réales et les écoles réales supérieures étaient consacrées aux matières scientifiques et aux mathématiques; leur but étant de « dispenser la culture supérieure indispensable pour accéder immédiatement à des emplois éminemment pratiques ».

20 Leur organisation administrative et financière. A. — Les anciennes autorités administratives françaises furent vite remplacées par les autorités allemandes. Un conseiller

scolaire était mis à la place de l’inspecteur d’Académie dès octobre 1871. Le 30 décembre 1871, le président supérieur prenait en main les pouvoirs dévolus jusque là aux recteurs, aux inspecteurs et aux conseils d'Académie. Enfin, le 21 avril 18821, le conseil scolaire supérieur (Oberschulral) réunit dans ses mains toutes les attributions du conseiller scolaire et du président supérieur. Ce conseil se composait d’un directeur, président le conseil au nom du sous-secrétaire d'Etat, et de 7 membres ordinaires, tous nommés. Les directeurs des établissements secondaires se trouvent sous son autorité immédiate. Le directeur de l’établissement est, d’après le rescrit du 20 juin 1883 le chef hiérarchique des professeurs : il assure et dirige l’enseignement et l'éducation dans tout l’établissement. Les professeurs étaient réunis par lui en conférence plénière pour discuter et décider de questions d’organisation et de discipline, lui-même fixait la répartition des classes entre les professeurs et l’emploi du temps détaillé de chaque classe et section.

B. — La loi du 1e novembre 1878? fit des lycées, gymnases, écoles réales supérieures et écoles réales des établissements publics entretenus partie par l'Etat et partie par les communes dans la mesure où les frais d’entretien n'étaient pas couverts par des donations ou des legs ; les dépenses afférentes au personnel enseignant étaient à la charge de la province qui représente l’Etat, les dépenses purement matérielles et les émoluments du personnel subalterne étaient obligatoirement payés par les communes. Sur ces bases l’Etat ou la province payait donc la plus grosse part des frais de tous les établissements secondaires ; dès 1873, la caisse provinciale enregistrait un excédent de dépenses par rapport aux recette de 1.408.907 marks tandis que l’excédent de charges des communes était seulement de 97.274 marks. En 1912, les mêmes dépenses étaient respectivement de 2.398.541 marks et 425.494 marks et l’excédent des dépenses sur les recettes de 1.306.727 marks pour la province et 410.162 marks pour la commune. En ce régime résidait une différence essentielle d'avec les principes de répartition des frais

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