Cf. Elsässer, 20 novembre
prolongation scolaire, le nombre des élèves augmenterait des 45.000 unités et qu'il faudrait dès lors, créer 500 nouvelles classes et nommer environ 600 nouveaux instituteurs ou insti tutrices. C'était par la force même des choses, une sorte de laïcisation partielle du personnel enseignant de maintes écoles primaires publiques jusqu'alors entièrement congréganiste !, situation susceptible de conduire ici et là, pour des raisons d'ordre pratique, à l'ouverture d'écoles interconfessionnelles en vue de permettre au personnel congréganiste libéré de ce fait de compléter le défaut de sœurs enseignantes dans d’autres écoles primaires et de supprimer ainsi l’anomalie d’un personnel mixte mi-congréganiste, mi-laïque. Une solution de ce genre n'était évidemment pas pour satisfaire ni M. l’abbé Gromer ni M. le sénateur chanoine Muller, aussi celui-ci proposa-t-l au Sénat? de remplacer la nouvelle huitième année scolaire des filles par un an d'enseignement ménager, lequel aurait, d’une part, une valeur pratique certaine et d'autre part, permettrait, parce que post-scolaire, d'éviter l'augmentation subite des classes et du personnel dans les écoles primaires de sœurs à laquelle les Ordres enseignants pouvaient difficilement faire face.
I y avait là, incontestablement, un problème délicat ; encore que l’ensemble de la presse de l’U.P.R. ait gardé à son sujet un silence aussi total que prudent. Il a selon nous, tenu une place importante dans les motifs ayant impérieusement déterminé les milieux politiques de l'U.P.R. à s'opposer à l’introduction de l’année scolaire supplémentaire pour les filles (chanoine Muller le 28 juill. 1936 au Sénat) et pour les garçons.
B. Aspect juridique el pédagogique du conflit. — A l’occasion de la discussion du budget M. Robert Schumann, député de Thionville, fut chargé d'exprimer devant la Chambre le 11 décembre 1936, les doléances des députés d'Alsace et Lorraine. Les griefs imputés au gouvernement restaient ceux de la motion du conseil général du Bas-Rhin d’«avoir dépassé les limites
1. Il n'existe malheureusement aucune statistique à ce sujet aux trois inspections académiques d'Alsace et Lorraine,
2, J.0., du 28 juillet 1936. Sénat, débats, p. 915 C-916 C.