SCENE VU
éric, le regardant.
Eh bien?
Christian, une rose à la main.
Eh bien!... qu'as-tu donc?
ÉRIC
Comment, Sire !... vous n'avez ni votre uniforme... ni vos armes... et là, sous vos fenêtres... vos soldats sont en bataille pour la revue...
CHRISTIAN
En plein midi... et par un soleil aussi ardent... ah ! les pauvres gens doivent avoir bien chaud !
ÉRIC
Eh! qu'importe... c'est leur état... c'est le mien!... mais pour la veille de votre majorité, vous m'aviez promis d'assister à cette revue... c'est la première...
CHRISTIAN
C'est vrai!... mais je me sens souffrant.
ÉRIC
C'est égal, Sire, c'est égal! ils y comptent... ils se font une fête de manœuvrer devant vous.
CHRISTIAN
Tu crois ?
Ce sera superbe... un exercice à feu !
Christian, vivement.
Je n'en veux pas... je n'en veux pas...
ÉRIC
Et pourquoi?
CHRISTIAN
Je ne sais... je ne peux te dire... cela me donne sur les nerfs... et cela me fait mal... que veux-tu, c'est plus fort que moi...
Éric, à part, avec rage.
0 mon Dieu... ô mon Dieu!... (Haut.) Et vos soldats qui sont là... Que faire?
CHRISTIAN
Eh Lien !... je vais les voir !... (// court ouvrir la fetêlre au fond; on entend crier au dehors :) vive le roi ! Christian, les regardant et se tournant vers Eric. C'est superbe!... les beaux uniformes!... et que de baïonnettes... Pourvu qu'ils ne se fassent pas de mal... et n'aillent pas se blesser!... (Geste d'impatience d'Eric.) Bien... bien, mes amis... ne vous fatiguez pas... (Les saluant avec son bouquet.) Rentrez chez vous... et gardez cela pour une meilleure occasion ! Éric, s'élancant à la fenêtre que le Roi vient de quitter et criant à haute voix :
Pour la première bataille où notre jeune roi vous conduira lui-même!...
tous, en dehors.
Vive le roi !
Christian , à part.
Qu'est-ce qu'il dit donc?...
Éric, à haute voix.
C'est nous, mes amis, qui empêchons Sa Majesté de sortir ! Mais, rassurez-vous... sa blessure n'est rien !... moins que rien !
tous, en dehors.
Vive le roi !
Christian, étonné.
Ma blessure!... Qu'est-ce que cela signifie?... et ces allusions que j'ai lues ce matin dans les Gazettes... ces louanges qui me sont adressées et auxquelles je ne comprends rien...