SCENE VII
CHRISTIAN
Tu trouves? je ne trouve pas, moi.
ÉRIC
Heureusement, et malgré vos instances, Sire...
CHRISTIAN
La duchesse n'a pas voulu.
ÉRIC
Elle avait des vues sur Votre Majesté...
CHRISTIAN
Oui mais, moi. je n'ai pas hésité , je n'ai pas é!é
comme loi, j'ai refusé bravement, et quand ils m'accusent de n'être encore qu'un enfant... de n'avoir ni énergie...'ni courage... ils se trompent, vois-tu bien, car pour défendre la mémoire de mon père... pour faire respecter ee qui est juste... pour protéger mes amis... toi surtout !... je ne tremblerais pas... là, sur ce trône qui est le mien... je saurais mourir...
ÉRIC
Bien !
CHRISTIAN
Et cependant, pour une faiblesse que je ne peux ni raisonner ni vaincre... l'idée du sang ou des combats... l'aspect ou le bruit des armes... m'inspire un trouble... que je n'ose t'avouer... (A demi-voix.) J'ai peur! éric, poussant un cri.
Silence ! silence !
CHRISTIAN
Plus que tai encore! j'en suis furieux et indigné... mais, que veux-tu? c'est indépendant de ma volonté... j'ai beau faire... je n'aime ni la chasse, ni les bataille-, ni !c> exercices violens qui font tes d iliceg... mou bon-
heur à moi , c'est l'étude ! mes plaisirs... c'est la musique... la peinture... les fleurs...
Éric, vivement.
Ne me dites pas cela, car il faudra lutter et combat- Ire... car dès demain peut-être tous les partis seront en présence... D'abord, ce comte de Gottorp, votre oncle...
CHRISTIAN
Oui, c'était l'ennemi mortel démon père... etlemien, je le sais... il en voulait à mon trône et à mes jours... c'est pour cela qu'on l'a exilé; mais tous les grands du royaume sont pour moi... le président du Sénat me le disait ce matin.
ÉRIC
Lui !... ne vous y fiez pas !
CHRISTIAN
Mais sa femme... la duchesse d'Oldembourg...
ÉRIC
Celle-là, c'est différent... défiez-vous-en, Sire.
CHRISTIAN
Quoi? parce que j'aurais refusé sa fille!... Air d'Yelva.
Quoi, tu veux que je la soupçonne :
Ma proche parente!
Oui, vraiment!
Elle en est plus pioche du trône!
CHRISTIAN
N'achevez pas !
ÉRIC
C'est affligeant 1 Mais sur ce point pardonnez si j'insiste, Dans leur famille, avide de grandeurs, Les rois n'ont pas de parens !...