‹ La longévité à travers les âgesChapitre 48 sur 88 · J. FisoT, lac. cil., p · texte numérisé non relu

J. FisoT, lac. cil., p

Cardinal Guibert Saini-Hilarion, m Raymond Lulle, Cardinal Manninj Le Père Monsabré

Paulin, , - .

lSi9

Cardinal Polignac

Saint Vincent de

Paul

décès; chez les gens d'Église comme chez tous, ta longévité aurait considérablement augmenté depuis 50 ans. Alors que 872 d'entre eux auraient, de tout temps, vécu en moyenne 69 ans 1, comme les hommes politiques, cette moyenne dépasserait, depuis un demi-siècle, 72 ans; elle aurait atteint, au xr siècle, parmi les célébrités du monde religieux, 73 ans 2,

Doit-on, comme certains l'ont essayé, faire intervenir le célibat, de règle pour les prêtres catholiques, y voir un facteur de longévité chez les gens d'Église? Les prêtres, a-t-on dit parfois, vivraient plus longtemps que les la'iques, parce qu'ils ne se marient pas.

Cette affirmation, si elle était exacte, assurerait aux célibataires continents une supériorité enviable sur les gens mariés. Malheureusement, elle ne repose que surle sable; les textes et les décisions des conciles n'y peuvent rien. Le mariage favoriserait plutôt la longévité ; il est des villes où, chaque année, des couples célèbrent, à la douzaine, comme le fait a lieu dans les Flandres, le cinquantenaire de leur union.

Los Ariens, les Eucratiens auraient donc, jadis, repoussé à tort le mariage, permis dans la primitive Église aux prêtres et aux clercs, parce qu'ils attribuaient au célibat des anachorètes leur tnerveilleuse aptitude à. la longévité. Était-ce bien le célibat, ou du moins le célibat seul, qui procurait à ces derniers une si longue vieillesse? Les théologiens prolestants de Casper n'étaient pas célibataires. Fut-ce parce

était resté continent {on a dit même vierge) l'à sa mort, que Newton, de santé toujours déli-

atteignit sa 85' année? Faut-ll oublier, outre ères de nombreuses lignées, les célébrités sans t>re dont les noms figurent presque à chaque

de nos chapitres? Leur indiscutable longévité it, pour beaucoup, mauvaise grâce à se réclamer e pareille austérité de mœurs.

Concile de Trente a cru bon, en conformité de irolo de l'apôtre saint Paul, de déclarer qu'il t mieux que l'homme ne touchât pas à la ne. A son point de vue, c'est-â-dire au point de spirituel, il peut se faire qu'il ait eu raison. Au l de vue de la loi naturelle, c'est autre chose. i, toute opinion religieuse écartée, Luther 3le-l-il avoir été plutôt dans le vrai, quand il t : « Enjoindre le célibat est aussi déraisonnable décréter que l'on vivra sans boire ni manger. >

y a mille autres raisons qui expliquent amplet pourquoi les hommes d'Église atteignent souun âge avancé,

I général, plus de modération en toutes choses, 3ut de sobriété ; régularité très grande de l'esise ; occupations constantes, avec, pourtant, moins iréoccupations d'ordre matériel; quiétude com- ; et sérénité d'âme; foi ardente en une ^i« re et meilleure, etc. Or, ce sont là, faut-il le ;ter, des conditions qui peuvent se rencontrer urs, sous des aspects différents. On les trouve ; tous ceux dont la santé physique et morale est artage. On ics rencontre surtout chez ceux qui,

VIB RELIGIBUSE ET LONGEVITE

assez heureux pour posséder un idéal, ont assez sagesse pour en poursuivre sans trêve, dans le ca d'une vie paisible et tranquille, la consolante r^

satjon.

Si la continence chez l'être jeune, fort surt apparaît comme un véritable contresens de nati quand elle est absolue, à s'opposer à l'épanoui ment de la santé, par conséquent à la longé»

faut-il admettre, au contraire, qu'elle s'impose façon complète aux gens âgés?

Question délicate. Sous ce rapport, la vieillesse saurait se déduire du nombre des années. {' chapitres XVI et XVII.) La seule règle à poser, ( qu'il faut savoir ai-oîr son âge, ne rien brusquer rien forcer, s'en remettre simplement aux exiger de la nature, tout le temps qu'elle persiste à f entendre sa voix... rien de plus.

D'ailleurs, la continence, avouons-le, ne dema pas grande vertu aux vieillards, alors qu'ils le i à poinL La quiétude qu'elle leur apporte peut lai ment compenser ce qu'au point de vue physiqu malériel, la vieillesse leur enlève. Le gc^néral par Voltaire, lorsqu'à l'âge de 90 ans il reprochi de jeunes officiers de faire du bruit avec « rdies », en leur disant : « Eh! messieurs, sont-ci les exemples que je vous donne? » exagérait visi ment. ses mérites. Car le diable devenu ermite nécessité n'a que faire à venir étaler ses vertus.

Quand le vénérable Philippe d'Herbelol, moi

115 ans, répondait, peu de temps avant sa fi:

Louis XIV, l'interrogeant sur le secret de sa loi

vite : « Sire, à 50 ans, j*ai fermé mon cœur, et ouvert ma cave »» ; la réponse n'était pas sans malice. A Tépoque, le royal époux de M"* de Maintenon, déjà sur le retour, tenait encore table ouverte sur toute la ligne. Mais d'Herbelot n'exagérait-il pas, lui aussi, et était-ce bien de son plein gré qu'un demisiècle auparavant il avait procédé à la fermeture? C'est en transgressant les lois de la nature, en voulant demander à celle-ci un miracle de rajeunissement impossible, que le vieillard aussi présomptueux qu'imprudent abrège son existence. Alors, suivant l'énergique expression du cardinal Maury, « il jette une pelletée de terre sur sa tombe ». A ce sujet, tout le monde est d'accord; les intéressés seraient les premiers à en convenir.

Reste à savoir si les femmes subissent, au même degré, aux mêmes âges, les mêmes inconvénients, ou si leur force de résistance, supérieure à celle de l'homme, les met plus longtemps, de ce côté, à l'abri des « injures du temps »?... L'exemple de Ninon de Lenclos entre autres, morte à 9ÛLans, après avoir compté, pour le moins, autant d'amants attitrés que de printemps, de sa vingtième à sa quatrevingtième année, constitue certainement un cas exceptionnel. A notre époque, on dirait sans doute un record. Il n'en donne pas moins à réfléchir.

Si l'on peut discuter à perte de vue sur la continence ou l'incontinence dans leurs rapports avec l'aptitude à la vie longue ou brève, il est un fait absolument certain. Ceux qui se verraient enclins à

trop partager Topinion du Concile de Trente, feraient bien de le méditer ; La fécondité des unions favorise lajongévité dans les deux sexes.

Une statistique anglaise, extraite d'un rapport de Mary Buton et Karl Pearson, tous deux biologistes de grande valeur, nous montre les pères et mères vivant d'autant plus vieux qu'ils ont eu plus d'enfants ^ .

Age de la mère

Nombre

Age du père

Nombre

au décès.

des eofants.

au d«icès.

des enfants.

20 ans

20 ans

Les chiffres ci-dessus, recueillis sur un nombre considérable d'individus, ont une grande valeur. Comme le fait remarquer Pearson, le parallélisme qu'ils affectent est en somme assez logique et fort

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