VIE UILITAIRE ET LONGÉVITÉ
s'en fut mourir en 1605, à Moscou, à 84 ans ; il avait sillonné dans tous les sens les Indes, la Turquie, la Perse. M. Thévenot, Levaiilant, un des premiers Français qui explora l'Afrique australe, moururent septuagénaires, etc.
En revanche, la conquête des mondes ignorés, du Centre-Amérique, de l'Inde mystérieuse, des pays jaunes et noirs, de tout ce continent d'Afrique, vivante énigme pour nous il y a moins d'un siècle, a moissonné bien des existences, et compté avant la vieillesse, ses trop nombreux invalides.
Combien sont-ils ces héros, qui n'ont échappé à la férocité de l'homme, au danger de luttes meurtrières, que pour tomber vicLimes de l'implacable soleil ? l'our devenir la proie de miasmes délétères que distillent sans trêve laforêt perfide ou le marigot empoisonné ? Combien out connu la mort lente on rapide, après l'agonie atroce, que versent dans le sang l'insecte ou le reptile ? Combien terrassés par le choléra, la fièvre jaune, minés par l'anémie sournoise, ou la dysenterie lancioanle, ont payé prématurément de leur vie, des années toutes de stoïcisme, de soulTrances inouïes et d'abnégation héroïque ?
Il faudrait les citer tous : militaires et marins ; médecins et fonctionnaires ; missionnaires et hommes de négoce ; savants et simples volontaires... Leurs efforts persévérants ont conquis à leurs pays respectifs des territoires grands comme des mondes. ou tracé l'humble sillon transformé parleurs successeurs en voie triomphale !
René Caillé, mort en 1838, à a9 ans ; Jacquemont,
rt à '31 ans à Bombay, en 1832; Lang, Angla.is, rL à Tombouctou, en 1826, et Foa, en 1901, tous IX à 3!) ans ; J. Thévenol, mort à 34 ans, Doudart
la Grée, mort au Yunnan. en 1868, à 45 ans ; ncron. Anglais, mort en t8!)4, â 50 ans ; D'' Ba.1- , mort en 1902, â 54 ans; D' Bayol, en 19U5, à ans ; Clark, Anglais, en 1891 , à 54 ans ; de Brazza, 19(15, à 53 ans ; Serpa-Pinto, Portugais, à 54 ans. ' d'autres encore !
ieuls, Bruce, du Chaillu, Livîngslone. mort de la enleric sur les bords du lac Tanganylka, atteî- 'nlla soixantaine. Stanley, mort en 1904, à 63 ans, lépasse à peine.
i'il fallait joindre la liste des héros tombés en nbatlant, ou victimes de leurs semblables, c'est
nombre de coloniaux morts jeunes dix fois s considérable qu'il faudrait au moins citer. p. pareille énumération ne serait ici nullement liflée.
plus complètement, la vie organique subissant, au contraire, un ralentissement des grandes fonctions. Digestion, respiration, sécrétions s'accomplissent d'ordinaire avec moins de vigueur, de régularité, chez celui qui exerce une profession libérale, que chez Fartisan des villes et des campagnes. A plus forte raison chez le penseur, le véritable ouvrier de la pensée.
De plus, chez ce dernier, Tespril est toujours en éveil, en état de perpétuelle tension. D'où entraînement maladif, susceptibilité particulière des centres nerveux. Cet état mental, cette suractivité constante, ajoutés aux conséquences de la vie sédentaire, à des veilles répétées, prolongées, à la soHtudechezlesuns, à des habitudes parfois bizarres chez les autres, constitueraient pour les intellectuels une prédisposition évidente à différentes maladies. Il y aurait chez eux plus de dyspeptiques, de constipés, de catarrheux de la vessie ; plus de congestionnés du cerveau, que chez les hommes d'action, surtout que chez les artisans. De même, ils fourniraient plus de déséquilibrés du cerveau, plus de malades de la moelle épinière, plus de neurasthéniques. Bref, leur santé souvent précaire ne leur permettrait guère une longue vie ; et beaucoup d'entre eux mourraient avant la vieillesse. Ainsi parle la théorie, parce qu'elle a décrété qu'il devait en être ainsi.
H s'en faut, heureusement, que cela soit d'une façon générale. Les faits viennent ici, une fois de plus, infliger aux conceptions théoriques les plus éclatants démentis.
Déjà, on a pu le voir, les hommes d'État, les religieux, penseurs avant tout, qui ne sont pas toujours des hommes d'action, nullement des hommes de sport pour la plupart, n'en parviendraient pas moins, en grand nombre, à un âge des plus respectables. Certaines i;ali?gories d'intellectuels feraient beaucoup mieux.
Si l'Institut de France comptait parmi ses membres, à l'aurore du xx' siècle, 1 nonagt^naire, M. Legouvé, 21 octogénaires, (J9 septuagénaires, l'Académie des Sciences considérée isolémentdevait être, à la même époque, et proportionnellement, bien mieux partagée. Ce qui suit autorise du moins à le croire.
Savams. — Comme il est facile de le voir aux Annexes, en consultant le tableau VII, les savants ont été répartis en quatre classes, dont l'ensemble {'.Ki:i sujets) accuse une moyenne de vie de 08 ans 9; et une proportion de :^14 longévités p. i. 000.
En tète, viennent les mathématiciens, géomètres. calculateurs, astronomes, etc. Les plus célèbres d'entre eux auraient vécu l>9 ans 5; chiffre <|ui aurait même atteint, pour le sous-groupe des astronomes (90), 71 ans.
Elle est curieuse cette longévité des calculateurs, celle des astronomes en particulier. Flammarion avait déjà constaté le fait; Géiineau rappelait, en 1904, que la Société astronomique de France comptait alors deux centenaires: F. Michaux, né en 17H6. M'" de risie de Tief, née en 1797, et une quasicentenaire, M'" Benasset, née en 1805 ; ce qui lui faisait à l'époque 99 ans.- Le genre dévie calme des
IGG
amants de la voûte céleste, particulièrement réglée comme le cours des astres qu'ils observent, y serait-il pour quelque chose ?Sufflrait-il à expliquer leur longévité ? Peut-être aurons-nous à y revenir.
Auparavant, donnons, pour chaque classe de savants, quelques noms de longévités les plus notoires.
1° Mathématiciens. — Calculateurs, géomètres, astronomes, etc. ^
Ont vécu : de 90 à 100 ans :
Vièle mort en 1630
Cassini (J.-D.) 1845
Desmarets 1815
De 80 à 90 ans :
Cassini .... mort en 1712
Faye (H.) 1902
Halley, Anglais. . . . 1742
Clairault (J.-B.i 1766
Newton 1727
Biot 1862
L'amiral Paris 1893
Poinsot 1859
Moedler, Allemand. . . 1874
Airy, Anglais, mort en 1892 Herschel (G.-L.\ Allem. 1848 Fossombroni 1844
Herschel . . . mort en 1822
Jansen 1907
Olbers, Allemand. . . . 18i0
Bernoulli (J.), Suisse. . 1748
Legendre 1834
Mercator, Hollandais . . 1594
L'abbé Moigno 1859
Hansteih, Allemand. . . 1873
2** Physiciens. — Chimistes, ingénieurs, inventeurs, mécaniciens, etc.
Ont vécu : plus de 100 ans, Chevreul, mort en 1889; de 90 à 100 ans :
Gugnot. . . . mort en 1824
Armstrotig, Anglais. . . 1878
GoUadon, Suisse .... 1892
Boussingault 1887
Bréguet (L.) 1883
Sabine, Anglais 1883
Bunsen, Allem., mort en 1899 Le général Morin. . . . 1880
Marc Séguin 1875
Mairan . . . 1771
Jacquin 1817
Dclue 1817
VIE l\TELI ECTllI.LE ET
De 80 à 90 an;; :
BernoulH D l'itij Frank
Benhelot \:m- .; Krémj
Bouquet de la Grve. . . l'.'iojijitod
Cagniard de la Tour . . ISôy Van II
Caveolou . H~ Jaoquj
Charles IS93 fell^D
Uum
. IS31 'Thén
3" \aliiralûtes. — Zoolotriste gues, minéralogisles. (lal^ûntirl Ont Técu de 90 â iOO ans :
LeuweDhoeeke. Allemand. | De Hoi
mort en 1773 ; rwn.al
Niisoo Sren), Suédoia . ISîS.Gîllei.
De 80 à 90 ans :
Afzelius, Suédois, mo Van Beneden, Belge De Camiolle A...
Cha:iD
Mîlne-Edwards . .
DOrbianv C -M. .
rten ISS: ; Bourrh
. . lv« BiiTon . . Il'i>l Diiibei . . !>.>.> liaiihK
Leydig, Allemand.
. . i;")'>.Lori.>l
4° Méderins. — Chiniririens. ii logistes, biologistes, vt't.riiiaire; Ont vécu (le &J à ICO aii> :
Bouchardal . . mort en !«:■« 1 l'anal.
Cloquet ls.!2:*an':l.,
Ténoo I~l';i
De 80 â 90 ans :
Esmarch, Allem., mort en IWis l.arrey Bouillaud W.'\ M.iri.'ai
llshnemann, Allema
nd . 1843IHicor.J
168 LA LOXC
Sappey .... mort en
Bisnchi. Italien
Bianchi, Trëre du précéij.
ChBussier
Chicnyneau
Virchow
Pajol
Baillarger
Chirac
Cruveillier
A. Duboia
1 Durand-Fardel 18il3
î Empis .■ 19119 I
) Kagon ni8
i Harvey. Anglais 1658
! HoUnnann, Allemand . . nu
i Meemer, Allemand . . . 1811
i Pinel 1826
I Quesnay IF.} 177*
! Raspail. 1828
1 Trélal (0.) 1879 ■
Weber(E.-ft.]. Allemand i>
Ainsi donc, Télude des sciences, l'orientation constanle du cerveau versIarésoluUon de problèmes ardus et compliqué):, la poursuite. acharnée de l'idée créalrice chez l'Inventeur, l'interprétation des phénomènes de la nature chez le naturaliste et le physicien, ne seraient nullement incompatibles avec l'aptitude à la longévité. L'accumulation des années, au contraire, par son apport d'expérience, de maturité et d'acquis permetlrait à bien des travailleurs de parachever leur ouvrage, de mettre au point des découvertes géniales. Combien d'entre elles, à jamais perdues pour leurs contemporains, si la mort était venue, trop tôt, interrompre le bon ouvrier ? Pasteur, mort à 50 ans, Chevreul, â 60, 23 ans pour le premier, 43 ans pour le second, avant l'heure que leur avait assignée le destin, quel retard pour la science, et aussi sous bien des rapports, quelle perte pour l'humanité ! *
Aussi, se prend-on k regretter davantage la disparition prématurée de tant de grandes intelligen-
11 chapitre XVI", les Vertei
ces, talents ingénieux, génies précoces qui s'annon- ! çaient si pleins de promesses: Bichat, Tincomparable F anatomiste, mort à 31 ans; Laënnec, l'immortel
inventeur de Tauscultation, eplevé par la phtisie I avant sa 45* année; Fulton, disparu à 50 ans... et
d'autres encore qui avaient si bien commencé.
Un fait curieux, en contradiction flagrante avec tout ce qui a été écrit, semblerait de prime abord résulter de nos recherches. (Voir aux Annexes le tableau \\l.) Tout a été dit sur la courte vie des médecins. Montaigne, qui ne les aimait guère, se servait de cette constatation déjà faite à son époque, pour proclamer Tinefficacité de leurs remèdes, et rentière vanité de la médecine. Est-il besoin de le faire remarquer, les Maîtres, les grands médecins, comme on les appelle parfois, ne sauraient en rien, sous ce rapport, être comparés avec les praticiens des villes et des campagnes. Beaucoup d'entre eux ont été des hommes de laboratoire, des professeurs. Ceux qui ont réellement exercé la médecine ont pratiqué à l'hôpital, à la ville, dans des conditions de confort et de régularité, trop peu connues de leurs confrères plus modestes, les prolétaires de la corporation. On ne peut donc juger d'après eux, de l'aptitude ou de la non-aptitude des médecins à la longévité.
Nous n'avions pas à notre disposition, d'autre part, des données suffisantes pour faire des recherches aussi étendues que celles de Casper. Il place les médecins au bas de l'échelle des professions. Leur moyenne de vie serait de 56 ans. Mais des
l'*l L\ lONCKVITÉ A TRAVERS LES ACFS ""
documents récenls, de réelle valeur, vont nous permettre de juger au moins par comparaison.
En lOflS, aux Étals-Uniâ, on comptait 130.000 médecins. Il y aurait eu parmi eux, cette même année, 2.'i(ii décès, soit une mortalité de 17,39 p. l.ODO. L'Age moyen des décédés aurait été de .")!) ans 5. Si l'on rapproche cet âge de celui des célébrités américaines depuis deux siècles (voir au chapitre IX' , et de l'âge moyen qu'elles doivent certainement atteindre de nos jours, comme en Europe (71ans; ; si l'oa compare, enfin, cechilTre iivec les moyennes de taus nos tableaux, on en conviendra sans peine, la mort se montre bien sévère pour les disciples d'Esculape. Elle ferait payer cher leur témérité à ceux dont les ronstants efforts s'appliquent & lui disputer sa proie. Car la mortalité tles médecins américains ne leur est nullement spéciale; à ce point de vue, les statistiques professionnelles se ressemblent partout.
A quoi donc attribuer la mortalité considérable et prématurée des médecins praticiens? L'exemple des maîtres, dont la longue et lucide vieillesse s'affirme partout, est démonstratif. 11 ne peut èlre question pour expliquer le fait, ni du genre d'études, ni de la vie d'hflpital ou de laboratoire. Cette vie. pour la plupart d'ailleurs, ne se prolonge guère au delà des années d'études.
Les risques professionnels au contact des malades? Pour iHie certaine part, oui peut-être. .Mais si la profession a ses martyrs, ceux-ci ne sont véritahlemenL pas assez nombreux' pour abaisser la moyenne de l'ensemble. Même en temps d'épidé-
VIE I^TELLECTl:ELLE ET LONGEVITK 1'
mies, les victimes se font de plus en plus rares ; la morlalilé du corps médical n'a guère été. di ces occasions, des plus considérables. On trouvei maintenant peu d'exemples, d'hécatombes com en (il autrefois le choléra en Crimée, la fièvre jai dans nos colonies. L'épidémie de iSTti au Séné. restera sous ce rapport tristement célèbre, elle ( coûta la vie i dix-huit de nos camarades médec etpharmaciens de la marine, sur vingt et un prése dans la colonie à cette époque !
Certes, à défaut de mortalité épidémique. on pi faire entrer en ligne de compte les contagi* diverses, ne ser*it-ce que la plus terrible de tout la luherculose. Mais s'ils meurent Jeunes en grs nombre, les médecins mourraient plutôt par cœur, par le cerveau, que par les poumons et autres organes. Ifs succombent, de bonne beu non aux risques, mais surtout aux fatigues de profession.
Car ciilie-ci entraîne avec elle une existei parfois difficile, anormale, tant sont nombreu: les perturbations constantes qu'elle apporte a haibitudes de la vie quotidienne. Or, c'est auti l'irrégularité dans le fonctionnement, que le surcr de travail qu'elle doit fournir, qui use prématu ment la machine, fût-elle la mieux conditionnée, plus résistante.
Le travailleur, savant, penseur, artiste ou sim ouvrier, peut toujours, sa besogne journalière t minée, s'accorder le délassement nécessaire, d'or< physique ou intellectuel, que lui permettent i moyens. Il est presque toujours libre de mang
l^rl
172 LA LONGÉVIxi A TRAVERS LES AGES
de se reposer, de se distraire à ses heures, de prendre la nuit sans contrainte, sans la hantise du réveil inopiné, un repos bien gagné. Pour trop de médecins, cette sécurité du jour et de la nuit est un mythe; le praticien ne la connaît pas. A la ville comme à la campagne, il mange quand il peut, souvent trop tard et presque toujours trop vite, parce que son temps lui est mesuré. D'où troubles digestifs inévitables. D'autre part, forcé de braver, en toutes saisons, la fatigue et les intempéries, il en souffre dans ses poumons et. dans son cœur, dans ses articulations et dans son appareil rénal. Tout son organisme finit par se prendre, par s'user, s'effriter, s'épuiser a la longue, en proie à de continuels assauts. Le médecin n'est par surcroît nullement épargné, au point de vue de ses facultés cérébrales ; son esprit ne connaît ni repos, ni trêve. Les aléas, les aspects multiples de la profession, le réclament sans cesse tout entier ; il lui faut leur appartenir corps et âme !...
Ajoutons, trop souvent de nos jours, des difficultés matérielles de toutes sortes, de légitimes soucis d'avenir, qui viennent encore compliquer une existence qui l'est déjà trop.
Comment s'étonner dès lors que la vie soit pour les médecins si courte, la longévité si peu fréquente parmi eux? Qu'ils ne connaissent guère la vieillesse, alors même qu'ils ne succombent pas en pleine jeunesse, brisés contre le premier obstacle rencontré sur le chemin de la vie ?
Ce n'est point dans le corps médical qu'il faut espérer trouver de nombreux centenaires. L'exemple
"-'^rpr '%'Jt j-
des docteurs Rey, de Bossy, Charles Boulle ; celui de nonagénaires encore vivants en 1910 : D*" Biar, D"" Freissinet, D^ Jousset*, D"" Saimé, D' Vergos, resteront toujours trop isolés, pour permettre de conclure à la longévité de la corporation entière. De nos jours, comme au temps de Montaigne, les médecins qui passent leur vie à prolonger celle des autres, sont, de tous les gens de leur classe sociale, certainement ceux qui vivent la moins. La profession leur ferait courir autant de risques de mort, que Tabus de l'alcool en fait courir aux aubergistes, aux marchands de vin.
Revenons aux savants en général si bien placés parmi ceux de nos semblables qui parviennent à un âge avancé. Chez eux encore le progrès serait considérable, constant. En examinant l'âge atteint par ^0 célébrités disparues de 1900 à 1910, la moyenne pour ces intellectuels privilégiés entre tous, serait de 73 ans 5, en augmentation de quatre ans et demi sur l'ensemble. (Voir, aux Annexes, le tableau VII.)
Lettrés. — Les lettrés fournissent le groupe le plus nombreux de tous les personnages célèbres. (Voir, aux Annexes, le tableau VIII. ^ Artificiellement peut-être, mais pour la commodité de l'étude, ils ont été répartis en sept catégories, car le mot lettré a été pris ici dans son acception la plus large.
La moyenne d'âge atteinte par l'ensemble, 66 ans 9,
1. S'était engagé, plus que quinquagénaire, en 1870, en même temps que son fils qui n'avait pas encore 18 ans.
irieure de deux ans à celle des savants (68 ans 9), ail, comme celle de ces derniers, en hausse vérile au SX* siècle, ayant donné, sur 160 sujets de Le catégorie, 69 ans 5. ■
l'augmentation de la durée de la vie se ferait irtant plus lentement, de façon moins sensible ; chez les autres intellectuels, et jusqu'à un cer- 1 point, que dans les autres classes sociales. La son en sera donnée dans un instant.
' Jurisconsultes. — Légistes, avocats, magistrats.
Moyenne d'âge atteint 70,3). Mort au-dessus de I ans :
Le prétideni Troptong en 1863
lorts de 80 à 90 ans :
président LamoignOD , Chauveau-Lagarde . .
] . . . ' 1752 Le président Diipin.
prësideol Hariey. . nn Belliève, magisiral . .
présidenl LaTerrière. 19(11 Siméon, jurisconsulte.
chancelier Pasquier . 1615 DesËze
président Hélie . . . 1884 Troachet
Ktigo, avocat .... 1896 Etc.
tiancelierd'Aguesseau 1731
'." Humanistes. — Grammairiens, philologues,
icographes, hellénistes, orientalistes, etc.
Iprës les jurisconsultes, les plus favorisés de tous
lettrés (voir au tableau Vlll), viendraient comme 'aissanl avoir le plus d'aptitude à la longévité,
humanistes (moyenne d'âge 68 ans 4).
])n doit citer chez eux, entre autres longévités : Mort au-dessus de 100 ans :
Bémusat eo 1S92
^-*,tp*;r.--:t..-' 7'
VIE INTELLECTL'ELLE ET LONGEVITE
Morts de 90 à 100 ans :
Salzmann en 1811
Planche. ....... 1883
Morts de 80 à PO ans :
Brunet ..... .en 1857
Bumouf (È.-L.) 1907
F. Didot . 1876
Bure, Suédois 1653
Kirchoff, Allemand . . .1908 Boissonade 1857
Lascaris ...... en 1535
Weill. , . 190»
•Oppert en 1883
Lancelot ....... 1695
Springer . 1893
Mëhren, Danois 1907
Friedlander, Allemand . 1909 Etc.
3° Philosophes. — Moralistes, sophistes, économistes, grands philanthropes.
Bien que leur moyenne d'âge (68 ans 5) soit inférieure à celle des précédents, c*est néanmoins chez ceux-ci qu'on trouvait autrefois le plus de longévités très âgés, parmi les philosophes de l'antiquité, presque tous centenaires ou nonagénaires'. Plus près de nous, sont morts à plus de 100 ans :
Géniste, Grec ... en 1450 | Fonlenelle . . . . en 1757 Sont morts de 90 à 100 ans :
Arndt, Allemand
. en 1860
Zeller, Allemand .
. en 1910
Malebranche . .
Naville, Suisse . .
Holbes
Etc..
Sont morts de 80 à 90 ans :
De Donald en 1840