‹ La longévité à travers les âgesChapitre 52 sur 88 · VIE MILITAIRE ET LONGÉVITÉ · texte numérisé non relu

VIE MILITAIRE ET LONGÉVITÉ

compagnon de Sainte-Hélène, sa 71*; Marbotle légendaire vivra 72 ans; Larrey, « le meilleur des hommes » 76, et Montholon, 71.

Le général Ghairon, fut à Montmirail, à Waterloo, plus tard au Trocadéro et à la citadelle d'Anvers ; il dépassera sa 86^ année ; Rampon après s'être couvert de gloire à Montenotte. vivra 83 ans, et Randon, le héros de la Kabylie, 76 ans. Le général Schramm, fait général de brigade par Napoléon lui-même, à Lûtzen, aura à sa mort, survenue en 1884, 98 ans. Qui n'a d'ailleurs entendu parler des Invalides, et de Tàge vénérable auquel ils parviennent en grand nombre ?

Le dernier officier-invalide, le capitaine Gallois, mourait à Paris en 1910; il avait 88 ans. Un des derniers officiers présents à la charge de Reichshofîen, décoré sur le champ d^ bataille, le capitaine de cuirassiers Paul Lebrun, mourait en même temps, au même âge. Enfin, en juillet de la même année, le « père des héros de Balaklava », Williams, s'éteignait en Angleterre, à 92 ans.

L'Hôtel des Invalides, à Paris, compta même ses centenaires (voir chapitre xx'^). Et, quant aux sousofficiers ou soldats morts simplement longévités, impossible d'en parler ; car eux aussi « ils sont trop ». Gomment, toutefois, oublier les héroïnes? Angéline-Marie-Joseph Duchemin, veuve Brulon, après avoir remplacé, en 179?, son mari tué à la guerre, entre aux Invalides, en 1797, pour blessures graves reçues en Gorse. E. le y meurt soixante-deux ans plus tard, à l'âge de 88 ans. Une autre femme-invalide, qui fut, elle aussi, un vaillant soldat, Thérèse Fi-

gueur, meurt également à THôtel, en 18(56, dans sa 81" année; il y en eut d'autres.

Est-il nécessaire d'ajouter, qu'au xx" siècle, militaires et marins participent, comme toutes les classes sociales, à Taccroissement constant de la longévité ? 33 d'entre eux, morts de 1900 à 1910, et choisis parmi les plus remarquables, ont vécu, non pas 67 ans 7, comme la moyenne de leur groupe (voir aux Annexes, tableau VI), mais 72 ans 9. Le général de GalUiret, le plus marquant, avait à sa mort 79 ans. Or, on peut dire de sa retraite, qu'elle fut aussi bien remplie que sa carrière pourtant si brillante et si mouvementée.

Il est toute une classe d'hommes, illustres pour beaucoup entre tous les conquérants, auxquels la nature mesure, de façon singulière, les années d'existence. Les explorateurs, les grands voyageurs, ceux qui passent leur vie sur la terre lointaine, auxquels on réserve de nos jours le nom de coloniatix^ vivent peu ; les premiers surtout.

Ce ne sont point les voyages qui les usent de façon précoce, ou les tuent en pleine force d'âge, parfois en pleine jeunesse. De tout temps il y eut à courir le monde, des voyageurs, des navigateurs, de hardis pionniers. Ce qui n'a nullement empêché beaucoup d'entre eux de jouir d'une longue vieillesse, succédant à une existence errante, à une vie de fatigues souvent inouïes.

Caillard est mort à 82 ans ; Linard, à 83 ; un des premiers explorateurs de l'Arabie, l'Allemand Niebuhr, à 82 ans. Le baron Taylor vécut 90 ans. Tavernier

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