‹ La LoretteChapitre 3 sur 5 · MONSIEUR DE LA MARINE MARCHANDE · texte numérisé non relu

MONSIEUR DE LA MARINE MARCHANDE

Monsieur de la Marine marchande est un joyeux diable qui revient brûlé, hâlé, tanné, de quelque part comme du Sénégal ou de Batavia. Il n'a vu, pendant dix-huit mois, comme Don César, que femmes noires, rouges.

jaunes, vertes; que mamelles extravagantes de négresses rejetées par-dessus l'épaule aux négrillons; que jeunes héritières de Tahiti, déjeunant de leurs poux au soleil. Pendant dix-huit mois, ses propos d'amour ont été concis comme l'échange d'un collier de veiroleries contre une pudeur sous pagne ; et pourvu que la Lorette ait une peau à peu près unie, une anatomie à peu près européenne, une toilette à peu près parisienne, et quelque chose dans la ligure comme deux yeux, un nez, et une houclie à peu près en ordre, le Monsieur de la Marine marchande est avec elle rond comme une pièce de cent sous, et donnant comme un corsaire, disant que tous les saints demandent à être jurés, et s'inquiétant

peu du livre : Ce qu'il y a dans le cœur des femmes.

L'idéal du Monsieur de la Marine marchande est une femme qui chante du de Sade en couplets, qui boive le bain de pied du petit verre, qui retienne le nom de son bâtiment, et qui lève la jambe comme Brididi.

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