BELATIVE A LA PRÉFACE DE LA 3" ÉDITION QUI DEVAIT PARAITRE
es notices critiques, qui font de la Lorgnette littéraire un livre à mettre à côté de VAlmarMch de Rivarol, ont paru primitivement dans la Gazette de Paris, journal fondé en 1856 par M. Dollingen, en concurrence au Figaro.
La Librairie nouvelle avait traité pendant la publication de leur réunion en volume; mais les animosîtés qui se déchaînèrent contre l'auteur firent réfléchir MM. Jacotet et Bourdiilat, dont la clientèle littéraire était nombreuse, — car il est bon de savoir que, semblables en ceci aux magistrats, les écrivains sont en général disposés à s'en prendre à l'éditeur des excès de plume de l'homme qu'il met sur son catalogue.
MM. Jacotet et Bourdillat proposèrent à M. Monselet de lui rendre son manuscrit, en lui demandant de les indemniser en articles de modes pour un journal illustré en projet.
M. Monselet offrit alors son livre -épou vantail à un éditeur, son ancien ami, M. Poulet-Mal assis, homme qui se distinguait essentiellement de Panurge par un goût immodéré du risque.
Ces messieurs convinrent d'un tirage à trois mille deux cents exemplaires; sur leur traité, l'ouvrage portait le titre de la Fosse commune, dictionnaire des grands et des petits auteurs de mon temps f — titre proposé par l'éditeur, en attendant mieux.
Le travail demandait des remaniements, dont M. Monselet s'occupa avec sa conscience ordinaire. M. Malassis trouvait qu'en général il allait trop loin dans l'atténuation. M. Monselet répondait : a Peut-être avez-vous raison en ce qui concerne mes suppressions et mes changements. Mon inquiétude dépasse quelquefois le but. Je suis préoccupé par des questions de justice. — à propos de Barrière, par exemple, il n'avait pas fait les Faux Bonshommes lors de la première publication de mon dictionnaire. »
Il est à remarquer que la notice, objet de la préoccupation de l'auteur, n'a pas été modifiée; elle fut maintenue telle quelle, à cause de l'irritation que M. Barrière en a témoigné dans un lieu public. Ceci est un trait du caractère de l'auteur, être résistant, épicurien qui à l'occasion, se double d'un stoïque.
Parmi les noms supprimés, on peut citer A. Dumas père, Lamartine, Earr, Guizot, Michelet, etc., etc., c'est-à-dire les littérateurs célèbres des générations antérieures à celle de M. Monselet. M. Thiers échappa seul, on ne devine pas pourquoi, à cet ostracisme, pour être défini, en passant: «amateur de gravures. »
La question du titre fut débattue dans une longue correspondance. L'éditeur maintenait malignement celui, nauséabond.
de Fosse commimef par contracdiction au goût prononcé de M. Monselet pour les images riantes, et à son horreur des idées macabres. — Enfin on s'accorda sur celui de la Lorgnette littéraire.
Le premier tirage eût un écoulement régulier de 1857 à 1860, avec un titre de relai portant seconde édition. Il fut question, en 1860, d*une vraie nouvelle édition sous le titre de la Lor~ gnette littéraire de 1860, avec une préface nouvelle et vingtquatre noms en plus, et que voici :