‹ La lorgnette philosophiqueChapitre 19 sur 40 · LANGLOIS (J. A · texte numérisé non relu

LANGLOIS (J. A

Ancien rédacteur du Peuple (de 1848), auteur d'un ouvrage dédié à Proudhon, intitulé : l'Homme et la Révolution (1868, 2 volumes in- 18), qui se compose de huit études dans lesquelles il a classé toutes les matières du problème social. Ces études sont : la certitude, le droit, la justice, l'égalité, le travailleur, la femme, la mutualité, l'égal échange. — Dans son épigraphe, M. Langlois nous dit que la Révolution « est la liberté qui devient raison , la norme qui se réalise dans l'homme et dans la société ».

Donc les révolutions de 89, 95, 1830, 1848, celles du 2 décembre 185 1, du 4 septembre et du 18 mars, représentent la Liberté devenue Raison.

Le gouvernement pétroleur de la Commune nous a sans doute donné le spectacle de la « norme qui se réalise dans l'homme et dans la société ». Malgré ces excentricités, il reste encore d'excellentes choses à glaner dans le livre de M. Langlois. Nous recommandons spécialement le passage suivant : « Toute guerre offensive devra être préalablement votée au scrutin public , non secret, par la majorité des citoyens. Tous ceux,

sans exception aucune, qui auront voté la guerre offensive, seront soldats. Les journalistes et les orateurs qui auront excité la nation à la guerre formeront une brigade d'avant- garde jusqu'à ce qu'ils soient tous tués. »

LARROQUE (Patrice).

M. Larroque est un homme qui travaille à la fois des deux mains avec une égale habileté. Tandis que de la main droite il démolit pièce à pièce le christianisme, de la main gauche il construit un temple dans lequel il convie l'humanité à rendre un nouveau culte à une conception qui porte pendue à son cou une étiquette déiste. Tel est le spectacle qu'offrent les deux livres intitulés Examen critique des doctrines de la religion chrétienne et Rénovation religieuse.

Cet examen critique est un morceau sur lequel les dents des théologiens n'ont jamais eu de prise ; à vouloir l'entamer, les uns y ont laissé leurs incisives, les autres se sont décroché la mâchoire.

LATAYE (Eugène).

M. Lataye a donné un bon article sur l'immortalité à la Réforme littéraire (n° 7, 2 mars 1862) et a publié un roman psychologique très-remarquable intitulé La Conquête d'une âme.

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LATÉNA (N. V. de).

Conseiller à la Cour des comptes.

Son Etude sur l'homme (2 volumes) doit être comptée au nombre des bons ouvrages philosophiques.

LAUGEL (Auguste).

Problèmes de la nature.

Problèmes de la vie.

Problèmes de l'âme.

Tels sont les intéressants problèmes que M. Laugel a posés en trois volumes in- 18.

Les a-t-il résolus ?

Répondre à cette question serait évidemment problématique; mais ce qui n'est pas problématique, c'est le succès bien mérité qu'ont obtenu auprès du public ces trois ouvrages, écrits avec netteté, élégance et méthode. M. Laugel n'a pas jugé nécessaire de les farcir d'épithètes kantiennes et de termes charlatano-philosophiques que les lecteurs ne comprennent généralement pas plus que l'auteur lui-même qui les emploie.

LEBLAIS (Alph.).

Disciple d'Auguste Comte , auteur d'un ouvrage intitulé : Matérialisme et Spiritualisme, orné d'une préface de M. Littré.

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Dans cette préface, M. Littré administre une volée philosophique à M. Janet; quant à M. Leblais, après avoir analysé les doctrines de Thaïes, de Pythagore, d'Aristote, de Platon, de Hobbes, de Spinosa, Voltaire, Rousseau, etc., il conclut en fourrant dans le même sac spiritualistes et matérialistes, qui selon lui ne valent pas mieux les uns que les autres.

Les positivistes valent-ils davantage.'' C'est ce dont nous nous permettrons de douter. A travers les dissertations et digressions assez filandreuses dont ce livre est émaillé, on trouve des réflexions très-fmes. Par exemple, M. Leblais considère les panthéistes comme atteints d'une folie douce qui peut parfois conduire à l'aliénation mentale, quand elle se complique de spiritisme.

LEFÈVRE (André).

Poëte philosophe..., rival de M. Sully-Prudhomme. L'Épopée terrestre de M. André Lefèvre est une œuvre de valeur; elle montre bien qu'il n'est pas nécessaire de se perdre dans les nuages, de divaguer dans la nuit et d'entre -choquer des épithètes ronflantes et ridicules, pour être un vrai poëte.

Parmi les morceaux de ce recueil citons ; De natura rerum, — le poëme du Blé, — Dtscite justitiam, — 0 tempora, — Les Derniers Mythes, — Les Chimères du désir. — Le seul reproche qu'on puisse adresser à ce volume est de ne pas sortir des presses de Jouaust. — Une belle impression rehausse une œuvre poétique.

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M. Lefèvre a été un des principaux collaborateurs de la Pensée nouvelle.

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