‹ La lorgnette philosophiqueChapitre 30 sur 40 · PRUDHOMME (A · texte numérisé non relu

PRUDHOMME (A

Malgré son nom, cet estimable citoyen a fourni des articles philosophiques au journal le Prométhée, organe positiviste.

Ce journal qui paraissait à Bordeaux en 1868, et n'eut d'ailleurs qu'une courte existence, ne manquait pas cependant d'un certain cachet d'originalité.

« Prométhée n'a ni directeur ni rédacteur en chef; pas de présidence! » lisait-on en tête du numéro.

QUEPAT (Nérée).

Quépat (Nérée), né à Charieviile (Ardennes) le 29 septembre 1845. Après avoir fait ses études à Metz, au collège Saint-Clément, dirigé par les R. P. Jésuites, dont il n'a d'ailleurs jamais eu qu'à se louer, il vint à Paris étudier le droit et se faire recevoir avocat.

Nérée Quépat a déjà publié les ouvrages suivants :

1 . Simples Notes prises pendant le siège de Paris (brochure in-8% 1871. Paris, E. Thorin, éditeur).

2. Le Chasseur d'alouettes au miroir et au fusil (i vol. in- 18, 1871. Paris, A. Coin, éditeur). Cet ouvrage fait partie de l'Encyclopédie illustrée du Sportsman.

3. La Lorgnette philosophicjue, Dictionnaire des grands et des petits philosophes de mon temps (1 vol. in-i8^\

Il va publier successivement les ouvrages suivants :

4. Essai sur la vie et les œuvres de La Mettrie (i vol. in-i8).

5. Œuvres choisies du hdron d'Holbach, avec introduction, notes et commentaires (i vol. in-12).

6. Bibliographie philosophicjue delà France au XVIII^ siècle {i fort vol. petit in-4°).

7. Causeries d'un oiseleur sur les petits oiseaux de France. — Histoire naturelle, aviceptologie, avec un appendice contenant la réfutation des erreurs commises par les naturalistes français depuis Buffon jusqu'à nos jours (1 vol. in-i 2).

8. Un Naufrage aux îles Malouines, rédigé d'après les notes d'un des naufragés (1 vol. in-12).

9. Considérations philosophiques sur la prostitution en France au XIX^ siècle, suivies d'une Étude sur le duel permanent et inévitable de la prostitution avec le mariage (i vol. in-12).

Il est probable qu'une fois ces ouvrages publiés, M. Quépat continuera à vider de nombreux encriers

QUINET (Edgar).

Relisez Merlin renchantcur , si vous en avez le courage. Ses opinions philosophiques se sont bien modifiées avec le temps, comme le prouve surabondamment son dernier ouvrage : La Création.

Voyez, pour plus de détails, Edgar Quinet, sa vie et ses œuvres, par Ch. L. Chassin (i vol. in- 12, 1859).

QURIS (Charles).

Avocat angevin, croyons-nous.

M. Quris a publié sous le litre de : La défense catholique et la critique (Paris, 1864, in-S"), un ouvrage qui n'est autre chose qu'une réponse aux six conférences faites pendant le carême de 1^64, à Notre-Dame de Paris, par le très-révérend P. Félix.

M. Quris réfute une à une, avec beaucoup de vigueur, les principales assertions du révérend Père. — Malgré son habileté et son talent, le P. Félix n'a pas répliqué; il a jugé, non sans raison, qu'il était prudent de ne pas batailler avec un adversaire de cette force.

RABBE (L'ex-abbé F.).

M. Rabbe est ou plutôt était un prêtre Dijonnais qui en 1870 se convertit au rationalisme et rentra dans la vie civile.

Les hommes de la trempe de M. Rabbe ont droit à l'estime des honnêtes gens de tous les partis.

Voici la lettre d'adieu qu'il adressa à son évêque quand il quitta l'habit ecclésiastique; cette lettre est

— '54 — cent fois plus instructive que tous les traités de philosophie... :

(( Monseigneur, ce n'est pas impunément que la raison fait entendre sa voix à un esprit trop longtemps abusé, mais qui, au milieu de l'aveuglement où il a été obligé de vivre, aspirait douloureusement à la lumière. Elle s'est enfin faite, et le masque que je m'efforçais en vain de retenir est entièrement tombé. Ce n'est pas sans violence et sans lutte que j'ai triomphé de tous les obstacles qui retenaient dans mon âme la vérité captive ; je ne regrette qu'une chose : c'est d'avoir perdu à de vaines éludes les plus belles années de ma jeunesse. Je rentre dans les rangs de l'humanité raisonnable et libre; je ne me sens point fait pour faire le Dieu sur la terre, je laisse ce sublime rôle à de plus dignes que moi, et je suis heureux de pouvoir m'appliquer avec quelque justice ces belles paroles de saint Jérôme : Mclius est panem mendicare, qiiam fuicm perdcre. J'aime mieux mendier mon pain que de trahir ma conscience.

« Je ne comprends le mot fidem que dans ce sens. Je sais amplement, monseigneur, tout ce que vous pouvez m'objecter: l'amitié elle-même a échoué dans ce rôle dont je respecte les excellentes intentions ; il ne me sérail pas plus facile de revenir sur mes pas qu'à vous de ne pas condamner ce que vous devez appeler mon apostasie. Pour moi, j'estime qu'il n'y a d'apostasie véritable que celle du lâche qui se ment à lui-même et qui, en résistant à sa conscience, résiste à la voix de Dieu.

« Combien, tout en m'anathématisant, commettront

— '55 — cette apostasie dans leur cœur ! Je ne me pique point d'un grand courage; je prétends seulement, en rompant des engagements peut-être imprudemment pris, faire acte d'honnête homme. Vous déplorerez, je le sais, mon aveuglement ; vous plaindrez mon malheur, vous prierez pour une âme égarée qui prétend se sauver autrement que sous votre houlette, vous me dévouerez peut-être à cet anathème ignominieux qu'une opinion inique et cruelle attache à cette séparation volontaire que je consomme aujourd'hui.

« La vraie religion, la vraie charité n'a point d'anathèmes, et la raison a toujours su les braver même aux dépens delà vie.

« Veuillez agréer, monseigneur, etc..

« F. Rabbe. »

En 1867, M. Rabbe a publié une excellente Étude philosophique sur Simon Faucher (1 vol. in-8°), où perçait déjà le libre penseur, et une brochure d'actualité : Le Père Hyacinthe et le libéralisme clérical (i 870, in-8°).

D'après M. Rabbe, il n'y a pas d'alliance possible entre l'esprit moderne et le catholicisme romain. « Le catholicisme libéral, dit-il, est la plus vaine des chimères, la plus chimérique des utopies, » Attrape, père Hyacinthe !

RAISANT (A.\

Ami de M. Fauvety. M. Raisant a collaboré à divers journaux j^^hilosophiques, au Raticnalisic, à la Solidarité, .

journal des principes; — par amitié pour M. Fauvety, il a même administré la Solidarité, ce qui n'a pas dû, croyons-nouSj lui donner beaucoup de mal... Coquin de public, va!

RAVAISSON (François).

D. Qu'est-ce que M. Ravaisson?

R. Un grand philosophe.

D. Qu'entendez-vous par cette épithète de grand unie au suhslsnlK pliilosophe?

R. J'entends par grand philosophe un homm-e qui a écrit des ouvrages que dix lecteurs à peine sur mille croient avoir compris.

D. Les ouvrages de M. Ravaisson rentrent-ils dans cette catégorie ?

R. L'affirmative est généralement admise, surtout à l'égard du résumé (voy. page 2 3 5, à la fm) qui termine son Rapport sur les progrès de la philosophie en France.

D. Est-ce pour avoir composé ce rapport que M. Ravaisson a été promu au grade de commandeur de la Légion d'honneur?

R. Nullement, car cette récompense est bien antérieure à l'époque où il a publié son rapport.

D. Est-ce alors pour avoir écrit un Essai sur la métaphysique d^Aristote^. .

R. Peut-être bien.

D. Pourquoi, dans ce cas, ne décorerait-on pas tous les auteurs qui ont écrit sur Aristote?

R. Tiens, pourquoi pas? Nous n'y voyons aucun inconvénient.

D. Énumérez les tiires de M. Ravaisson

R. Grand philosophe, — commandeur de la Légion d'honneur, — ancien inspecteur de l'enseignement supérieur, — membre de l'Institut ..

C'est très-bien. — Allez vous asseoir... — Mais non, un mot encore... — Levez-vous...

D. Si, par extraordinaire, tous les ouvrages philosophiques publiés en France depuis Pharamond jusqu'à nos jours venaient à être brûlés (ceux de MM. Ravaisson et Caro exceptés), devrions-nous nous en affliger outre mesure?

R. Pas le moins du monde, car le rapport de M. Ravaisson sur les progrès de la philosophie résumant à peu près toutes les doctrines contenues dans ces ouvrages, suffirait (et au delà, croyez- le) à l'instruction des générations futures ..

Très-bien... Allez vous asseoir.

REGNARD (Docteur Albert).

M. Regnard est un des principaux représentants du groupe philosophique qui professe les doctrines de Buchner, Moleschott, Vogt Virchow.

Le second Empire n'a pas été tendre pour cette école et ses adeptes.

En 1866, M. Regnard fonde la Revue encyclopédicjue. Elle est supprimée dès le premier numéro, à cause, paraît-

\\, d'un article de M. Alfred Naquet dirigé contre l'existence du Créateur des cinq parties du monde.

En 1865, M. Regnard ne put trouver, en dehors de toute question pécuniaire, un éditeur de la librairie médicale qui consentît à publier ses Essais d'histoire et de critique scientifiques (i vol. in- 18). Il dut le publier luimême.

En 1866, M. Regnard fonde le journal La Libre Pensée. Il arrive à son dix-neuvième numéro, puis est supprimé à cause d'une série d'articles de M. Regnard jugés hostiles à la religion catholique, apostolique et romaine et qui lui valurent une condamnation à quelques mois de prison. Toutefois, ces épreuves ne diminuaient nullement l'activité et le zèle de M. Regnard. — On le voyait à tous les enterrements civils (aux enfouissements, dirait Louis Veuillot), où il prononçait souvent sur la tombe du mort des allocutions qui généralement n'avaient pas le don de plaire à la police secrète. Un autre orateur des enterrements civils, le baron de Ponnat, avait également le don de blesser les convictions religieuses des agents secrets.

M. Regnard est un fort joli cavalier, grand, mince, un peu voûté cependant; sa chevelure luxuriante encadre admirablement sa figure pâle et expressive. Ce qu'il y a de plus remarquable chez M. Regnard, c'est sa main ; elle est blanche, potelée ; les doigts sont terminés par des ongles superbes, oh ! mais des ongles à faire envie à la plus jolie duchesse... du grand-duché de Gérolstein.

RËMILLY (Eugène de).

Ah! c'est un drôle de sire, allez, qu'Eugène de Rémilly!

Gomment! voici un gaillard qui a quelques prétentions philosophiques, et qui cependant n'a jamais rien écrit!

En vérité, une telle outrecuidance doit vous paraître monstrueuse, n'est-ce pas, messieurs les sorbonniens?

Eh bien ! cela est cependant, et dût votre vieille cahute s'écrouler sur vous, nous décernons sans hésiter le titre de philosophe à Eugène de Rémilly.

Cet original est de ceux qui pensent qu'il n'est pas nécessaire d'avoir tartiné des rames de mauvais papier d'élucubrations plus mauvaises encore pour avoir droit à ce titre trop prodigué de nos jonrs.

Eugène de Rémilly, nous l'avouons, se moque de la Sorbonne et des sorbonniens (sauf exception cependant) du Collège de France et de l'Académie ; il se moque également des déistes^ des théistes, des panthéistes et des athées; ne croit à aucun système, bien que les connaissant tous à fond ; éprouve surtout une aversion instinctive pour tous les professeurs d'infini, hâbleurs, blagueurs, braillards, rhéteurs, qui pullulent sur le pavé de Paris. Voilà pourquoi, oui, voilà pourquoi nous lui décernons le titre de philosophe.

Les vrais sceptiques, les sceptiques absolus, sont rares encore à notre époque, et quand on en rencontre, on

doit au moins les saluer en passant et les signaler au public.

RÉMUSAT (Charles de).

.M. de Rémusat est trop connu comme homme politique et comme philosophe pour que nous ayons besoin de nous occuper longuement de lui. Ne voulant pas muser à son sujet, nous énoncerons simplement les titres de ses principaux ouvrages : Essais de philosophie. — De la philosophie allemande. — Bacon, sa vie, son œuvre. — Channingy sa vie et ses œuvres. — Philosophie religieuse.

N'oublions pas cependant que M. de Rémusat a lu un jour à l'Académie un mémoire intitulé : Des facultés inconnues de l'âme. — Comment a-t-il pu parvenir à les connaître, alors? Feu Victor Cousin^ son maître, est-il revenu passer quelques heures sur cette terre pour lui révéler ces facultés inconnues de l'âme?...

Quelle différence y a-t-il entre un morceau en Rébémol et un Ré...masatU?

C'est que le premier est toujours agréable à entendre, tandis que le second ne l'est qu'à lire 1 ! !

Nous dédions cet affreu.x calembour à Victor Hugo.

RENAN (Ernest).

M. Renan est un écrivain d'une valeur incontestable: tout le monde en convient ; mais c'est, il faut l'avouer, un assez singulier libre penseur.

M. Renan a publié sur ou plutôt contre Jésus-Christ un ouvrage dans lequel, tout en le confisant, en le pralinant des épithètes les plus flatteuses, il n'en nie pas moins carrément sa divinité, et par conséquent sape la religion chrétienne par sa base.

Toutefois , vous vous tromperiez grossièrement si vous pensiez que M. Renan est un adversaire du christianisme et de la foi. a La pensée d'ébranler la foi de personne est à mille lieues de moi , dit-il (page un de l'introduction des Apôtres), et, ajoute-t-il encore, « le jour oli l'on pourrait me convaincre d'un effort pour attirer à mes idées un seul adhérent qui n'y vient pas de lui-même , on me causerait la peine la plus vive. » (Page liv de la même introduction.)

Saperlotte! Puisque M. Renan tient tant à n'ébranler la foi de personne , il nous semble qu'il aurait dû s'abstenir : 1° d'écrire contre Jésus-Christ; 2° de publier une édition populaire de sa Vie de Jésus.

Malgré son beau langage et ses réticences prudentes, M. Renan n'a trompé personne : qu'il l'avoue ou non, il travaille bel et bien à démolir le christianisme.

Il serait plus digne de sa part de montrer plus de franchise et de jouer cartes sur table. Comme l'a trèsbien dit un de nos bons critiques, M. Miron : « Il y a deux hommes chez lui : le savant et le théosophe. Comme savant, il approfondit les questions, les discute avec clarté; il déploie une érudition et une éloquence auxquelles tout le monde rend hommage. Mais quand il s'agit de l'objet de ses anciennes croyances , il se laisse

entraîner dans les espaces imaginaires, il retrouve les arômes de Saint-Sulpice, il ne raisonne plus et il se grise au bruit de ses paroles , il chante Hosanna et se prosterne devant des fantômes. « [Rationaliste , n" i ^ , 23 avril 1868.)

Vous avez prétendu, monsieur Renan, «qu'à peine peutêtre en exprimant de tous les Évangiles ce qu'ils contiennent de réel , on obtiendrait une page de l'histoire de Jésus » [Liberté de penser, tome III, page 468), ce qui ne vous a pas empêché cependant un peu plus tard d'en extraire plusieurs centaines de pages sur Jésus, ce qui équivaut à dire en définitive que votre Vie de Jésus est un vrai roman et nullement une œuvre historique. Nous avons du reste parfaitement le droit de décerner le nom de roman à cette Vie de Jésus, puisque vous-même avez affirmé que « le Jésus historique nous échappe «. [Liberté de penser, tome 111, page 444.

D'ailleurs, le public convient sans peine que chacun de vos nouveaux ouvrages marque un progrès réel sur les autres : Saint Paul et Les Apôtres sont infiniment supérieurs à la Vie de Jésus , ce qui prouve en résumé que vous êtes un bon apôtre.

Tenez, monsieur Renan, si vous désirez lire quelque chose d'impartial sur votre héros, procurez-vous un petit ouvrage publié à Genève il y a quelques années sous le titre de : Jésus réduit à sa juste valeur. Cet ouvrage sort de la plume d'un certain Miron Morin, qui n'a pas l'air du tout de faire la cour à Notre-Seiqneur

(Posî-scripium.)

Messieurs..., tous, ou du moins presque tous, vous avez lu les ouvrages de M. Renan, et vous, mesdames..., ne vous est-il pas arrivé de cacher sous votre oreiller la Vie de Jésus, en vous gardant bien d'avouer ce péché mignon à vos confesseurs? Mais, mesdames et messieurs, ce que vous ne connaissez peut-être pas, c'est une ravissante chanson qu'un de nos plus spirituels critiques, M Jules Levallois, a composée sur M. Renan. Permettez-moi donc de vous l'offrir en régal.

La voici :

M. Renan. (Air des Trembleiirs.)

En moi, messieurs, voyez un homme grave, Renan, le plus bourgeonné des savants.

Quoique prudent, je suis parfois très-brave; Je l'ai fait voir aux dévots turbulents. Esprit charmant, un peu teinté de cuistre, Je veux surtout avoir l'air distingué.

Un jour ou l'autre on me verra ministre, Et j'ai failli pourtant être curé !

Car entre nous, et c'est là mon supplice, Vous le cacher eût été mon désir.

Je fus jadis l'espoir de Saint-Sulpice.

J'appris rhébreu sous le père Lehir; Je m'envolai vers le monde profane, Mais j'ai gardé de pieux oripeaux.

Et j'ai si mal déchiré ma soutane Qu'en mes écrits on en voit des morceaux.

L'illustre Ary, dont j'épousai la nièce, Frère éminent du très-obscur Henri, A fait au diable une bien bonne pièce, Et la critique en a diablement ri.

Du tentateur voulant faire justice.

De son pinceau le frère à beau-papa A fabriqué ce diable en pain d'épice Qu'à son dessert le Sauveur croquera.

Mon panthéisme aux manières exquises

Est assez fin pour n'être pas brutal,

Et quand je dis au bon Dieu des sottises.

Je les lui dis d'un ton sentimental.

Je suis, d'ailleurs, plus malin que Voltaire;

A tout hasard, s'il est un paradis,

Pour demeurer bien avec Dieu le père,

En pension j'ai pris monsieur son fils.

Sous le beau nom d'érudit, de critique, Je me suis fait son cornac, son Barnum ; Si de Lévy j'ai choisi la boutique, C'est qu'on s'y croit dans un capharnaum. En souriant partout je le promène, De le montrer je me fais un devoir.

Quoique ce soit un rude phénomène, On ne payera que sept francs pour le voir.

Des dieux mal mis nous n'avons plus le culte, Nous n'adorons que les dieux élégants : Aussi, trouvant le mien par trop inculte, A Jésus-Christ j'ai prêté mes vieux gants. Au bout du temps de son apprentissage.

En nous quittant nous nous embrasserons ; Il m'est venu simple Dieu de village, J'en aurai fait le Jésus des salons.,..

Sachons verser un pleur sur le Calvaire Et moduler des hymnes au dieu Pan, Car c'est ainsi que l'on fait sa carrière, Et qu'on devient le grand monsieur Renan.

RENAUD (Hippolyte).

Ancien lieutenant-colonel d'artillerie.

M. Renaud est une des plus fortes têtes de l'école phalanstérienne. Sa Solidarité a eu un grand succès, comme le prouvent ses nombreuses éditions.

M. Renaud a longtemps habité Metz, où il eut le malheur de perdre son fils , jeune officier des plus distingués, qui fut enterré civilement dans cette ville. — C'était la première cérémonie de ce genre qui ait eu lieu à Metz depuis longtemps. Ce malheureux jeune homme jouissait de l'estime générale, et, en conformant sa conduite à ses principes, il se montra vraiment digne de son père et de sa famille

M. Renaud s'est activement mêlé à la polémique philosophique de ces dernières années. Il a publié deux petits ouvrages très-bien écrits, où il combat avec beaucoup de tact et de tolérance les doctrines matérialistes. — Lisez : Raison et Préjugés, — Le Matérialisme et la Nature — et ses articles dans la Libre Conscience.

M. Renaud nous paraît pencher bien plus vers le positivisme que vers le spiritualisme; entre les deux son cœur balance ....

RENDU (Victor).

Un compte rendu de l'Intelligence des bêtes nous mènerait trop loin. Cet ouvrage prouve toutefois que M. Rendu a beaucoup d'esprit et que les bêtes en ont souvent plus que bien des gens

RENOUVIER 'Charles;.

Roi, grand prêtre du criticisme. Voici la liste de ses ouvrages ;

Essais de criticjue générale, 1854, i vol. in-8". — Premier essai : Analyse générale de la connaissance, plus un appendice sur les principes généraux de la logique et des mathématiques.

Essais de critique générale. — Deuxième essai : l'Homme, la Raison, la Passion, la Liberté, la Certitude, la Probabilité morale, i vol. in-B'*, 1859.

Essais de critique générale. — Troisième essai : les Principes de la nature, i vol. in-8°, 1864.

Essais de critique générale. — Quatrième essai : Introduction à la philosophie analytique de l'histoire, i vol. in-8°, 1864.

Science de la morale , 1869, 2 vol. in-8°.

M. Renouvier est un homme excessivement modeste, qui fait peu de tapage, mais beaucoup de besogne.

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