‹ La lorgnette philosophiqueChapitre 31 sur 40 · RÉTHORÉ (F · texte numérisé non relu

RÉTHORÉ (F

Professeur de philosophie au lycée d'Angoulême. Il a publié un Cours de philosophie rédigé conformément au nouveau programme de 1865 : Condillac, ou Pempirisme et le rationalisme^ in-8°, et a traduit en français l'ouvrage d'Herbert Spencer intitulé : Chssification des sciences.

RIBERT (Léonce).

Aujourd'hui préfet de la République, jadis professeur libre et collaborateur de La Morale indépendante.

RI BOT Th.).

Ssi Psychologie anglaise contemporaine n"estautre chose qu'un bon résumé des doctrines de James et StuartMill,

H. Spencer, Bain, Lewes, Bailey, Morell, Murphy

Pour fêter l'apparition de cet ouvrage, ces braves philosophes ont (dit-on, Ribot...té sans pudeur, pendant plusieurs jours, dans les rues d'Oxford.

Ce trait de mœurs peint bien les Anglais.

RICHER (Léon).

M. Richer a longtemps collaboré à l'Opinion nationale, où il exerçait une spécialité assez originale : ceile de chatouiller Tépiderme de messieurs du clergé de France

et de tenir le public au courant des faits et gestes des sociétés ou confréries plus ou moins Saint-Vincent-de- Paul, qui croissent et multiplient comme des champignons sur le sol de notre patrie. M. Richer a réuni en deux volumes ses articles sous le titre de : Lettres d'un libre penseur à un curé de village.

M. Richer est déiste ultra, ce qui est très-naturel; mais il croit à la Providence , ce qui l'est moins cette fois. Il faut avoir un tempérament optimiste bien robuste pour conserver encore cette croyance après les épouvantables événements que nous venons de voir depuis deux ans.

M. Richer a aussi collaboré au journal Le Droit des femmes, journal destiné à réformer quelque peu la société, et à conférer enfin aux femmes ces fameux droits qu'elles réclament si vivement et qu'elles prennent d'ailleurs si gaillardement en attendant qu'on les leur donne.

Mais ne plaisantons pas sur ce sujet, car nous aurions maille à partir avec les rédacteurs féminins du Droit des femmes. La patience de ces dames a des bornes, et elles voient généralement d'un assez mauvais œil l'élément masculin. On se souviendra longtemps des colères et des réprimandes qu'eut à essuyer un écrivain bien connu dans le parti rationaliste pour avoir osé soutenir dans le Droit des fr.nmes qu'il y avait plus d'inconvénients que d'avantages à admettre dans nos lois la recherche de la paternité.

ROBINET (Le docteur).

Visible tous les jours, rue Sainte-Placide, 37 (de 2 h. à 4 h.). C'est le docteur lui-même qui nous donne son adresse dans sa Notice sur l'œuvre et sur la vie d'Auguste Comte (1864, in-S"), dont il est un des principaux disciples.

La première partie de cet ouvrage est très-intéressante; mais la seconde, qui se compose de pièces justificatives , l'est plus encore, s'il est possible.

Nous y lisons, en effet, que M. Pierre Laffitte reçoit annuellement de la société positiviste « un subside sacerdotal » de 1,500 francs, et M. Henri Edger un de 1,200 francs.

Nous y apprenons, en outre, que c'est à M. Pierre Laffitte qu'a été conféré le droit d'administrer aux fidèles les sacrements positivistes.

Le 25 Gutenberg 71, M. Laffitte a accordé à M. Hadeiy (heureux mortel!) le sacrementde la u destination». Le 6 septembre 1862 il a conféré celui de la « présentation » au fils Lablanche.

Allons, tant mieux!

RODRIGUES (Hippolyte).

Quand M. Rodrigues fit paraître son Roi des Juifs ^ beaucoup de personnes, se fiant à la couverture,, achetèrent l'ouvrage, s'imaginant qu'il concernait M. de

Rothschild. Quelle ne fut pas leur stupéfaction quand elles s'aperçurent qu'il n'y était pas plus question de M, de Rothschild que du grand Turc, mais qu'il concernait simplement Jésus-Christ!...

Depuis qu'il a renoncé à attraper des rhumes de cerveau sous le péristyle de la Bourse, où il a fait très-honorablement sa fortune en qualité d'agent de change, M. Rodrigues s'est mis à faire des choses essentiellement différentes; il a fait d'abord Les Trois Filles de la Bible ^ puis Les Origines du sermon de la montagne, puis La Justice de Dieu^ puis enfin Le Roi des Juifs.

M. Rodrigues est un enfant d'Israël , mais un enfant raisonnable, qui fréquente plus volontiers les bibliothèques et les sociétés rationalistes que la synagogue.

ROUSSELOT (Paul).

Grand amateur de pain d'épice, goût bien naturel d'ailleurs chez un homme qui habite Dijon, où il professe la philosophie.

Jusqu'à présent on ne connaissait guère de l'Espagne que ses oranges, ses vins, ses jolies femmes, ses boléros et ses guerres civiles; M. Rousselot a entrepris de nous faire connaître sa philosophie. C'est moins amusant peutêtre, mais plus instructif.

L'ouvrage de M. Rousselot : Les Mystiques espagnols ^ débute par une introduction dans laquelle il étudie avec soin les faits qui composent l'histoire de la philosophie en Espagne jusqu'au X\"P siècle. — Vient ensuite une

— ryi — série d'études fort intéressantes sur les principaux mystiques de ce pays. — Citons particulièrement l'étude consacrée à sainte Thérèse...

ROYANNEZ (Adolphe).

Fougueux Marseillais . surnommé l'Hercule du Père Trancjiiille, journal philosophique, dont le titre cadrait peu avec les opinions agitées de son rédacteur en chef, M. Ad. Royannez.

Le bonheur dont jouissait le Père Tranquille fut de courte durée. En 1866, sa tranquillité fut un beau jour troublée par une assignation en police correctionnelle.

Le Père Tranquille comparut devant le tribunal le 26 septembre 1866, et, malgré l'habileté de ses défenseurs, MM. de Pleuc et Jules Guibert, il fut condamné à trois mois de prison et à 400 francs d'amende pour outrage à la morale religieuse et à un culte reconnu par l'État.

C'est sous les verrous de la maison d'arrêt de Marseille que le Père Tranquille écrivit ses Loisirs d'un prisonnier, ouvrage en 2 vol. in-8°^ dont le premier intitulé : Confidences et Méditations, contient de bonnes études philosophiques. (Lire les études intitulées : F Indépendance de la morale — Recherche de Dieu et de l'âme.)

ROYER (Clémence).

Si M"" Clémence Royer s'était bornée à traduire et à

mal traduire (suivant l'habitude à peu près invariable des traducteurs) le célèbre ouvrage de Darwin sur VOrigine des espèces, son nom serait à peine connu. Au contraire, non-seulement M"" Royer a traduit ce livre avec élégance et précision , mais elle l'a de plus enrichi d'une préface qui est, sans contredit, un des plus beaux morceaux philosophiques de notre siècle.

Elle a publié aussi un roman philosophique intitulé : Les Jumeaux d'Hellas, titre assez leste pour une demoiselle, et un ouvrage sur VOrigine de l'homme, dont le succès fut à bon droit considérable.

M'"* Royer est une femme de moyenne taille; elle n'a ni embonpoint ni maigreur, A première vue il est assez difficile de deviner son âge , mais en la regardant attentivement on s'aperçoit qu'elle se dirige avec une certaine vitesse vers la quarantaine.

Sans être jolie (elle l'a peut - être été) , elle est douée d'une physionomie agréable et douce ; son regard un peu fixe est pénétrant ; mais ce qui fait le charme de sa personne, c'est une voix moelleuse, suave, à la fois vibrante et tendre, une de ces voix qui vous charment, vous bercent, vous transportent dans les milieux les plus mélodiques, vous procurent les sensations les plus délicieuses , vous font quitter la terre et perdre à certains moments le sentiment de la réalité. C'est à cet organe qu'il faut attribuer, au moins en partie, le succès qu'ont eu les conférences de M"" Royer dans la salle du boulevard des Capucines. Il fallait l'entendre parler sur les

— '7? — problèmes les plus ardus de l'anthropologie et réfuter triomphalement les adversaires de Darwin!

Ah ! certes, en réfutant ainsi les doctrines spiritualistes et catholiques, elle pouvait s'écrier : Je prends mon

droit Et moi,enm'exprimant sur elle comme je viens

de le faire, avec équité et impartialité, je puis m'écrier aussi : Je prends mon droit de critique...

RUELLE (Charles).

Les habitants des rues Vavin, Bréa, Bonaparte et autres lieux circonvoisins ne sont pas certainement sans avoir remarqué un homme de taille moyenne, aux cheveux grisonnants , marchant droit devant lui , la tête légèrement inclinée sur le côté et ne levant presque jamais les yeux.

A ne se fier qu'aux apparences, cet homme a tout l'air d'un paisible rentier du quartier, ou même d'un membre

du conseil de fabrique de la paroisse Cet homme

cependant n'est rien de tout cela; cet homme est un philosophe, il s'appelle Charles Ruelle

M. Ruelle est l'auteur de La Science populaire de Claudius, véritable encyclopédie en miniature qui ne comprend pas moins de 36 volumes in-24, et qui jadis fut très-appréciée par M. Guizot.

M. Ruelle a encore publié un ouvrage de polémique dont l'apparition causa quelque bruit : De la vérité dans l'histoire du christianisme^ lettres d'un laïque sur Jésus (1 vol. in-S^» de 3 18 pages). — La théologie et la science.

- '74 — — M. Renan et les théologiens. — La Résurrection de Jésus d'après les textes. — Lecture de l'encyclique. Telles sont les principales questions traitées dans cet ouvrage, écrit avec clarté et élégance.

La dernière publication de M. Ruelle est une brochure intitulée : La Schmitti^ conférence historique sur la clef de l'Évangile demandée à la Bible ( 1869, in-80), complétée au bout de quelques mois par : La Schmita au concile. — Qu'est-ce en réalité que Jésus? Réponse de l'histoire.

La première de ces brochures souleva une vive polémique dans le monde philosophique, polémique à la quelle participèrent la Morale indépendante, la Solidarité. la Revue moderne, le Monde maçonnique , les Archives Israélites, V Excommunié, l'Action maçonnique, le Rationaliste,h Revue populaire, l'Annuaire philosophique et la Revue de philosophie positive.

RUSSELLI (L.).

Léon Rousseau, de son vrai nom ; mort il y a deux ans.

M. Russelli a collaboré au Rationaliste (de Genève), auquel il a donné une série d'articles intitulés : Les Amoureuses du crucifix, et une autre : Les Suivantes de Jésus ; Ces Suivantes de Jésus furent éditées séparément en un volume in- 18 qui parut à l'étranger et dont la lecture est fort amusante.

M. Russelli avait fondé VHorizon; il collabora en-

— '75 ~ suite à la Libre Pensée (2* du nom^ et devint rédacteur en chef de ['Athée, journal philosophique fondé par M. Barnout,

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