LIBRAIRIE FÉLIX ALCAN
408, BOULEVAnn saint-germain, 108
Vendu au profit de « L'Aide immédiate en Lorraine délivrée ».
Tons droils de reproduclion, de Iraiiuctiou cl da.laplation réservés pour tous pays.
Nineleen hundrej ninetoen copyri;;ht by Félix Alcan
and K. Lisbonne
propi-iclors oi' Librairie Félix Alcan.
PRËFACK
lies peuples entiers vont défiler sur les champs de bataille où la France et ses nobles alliés ont sauvé la civilisation.
Le Comité France- Amérique veut leur offrir une série de petits livres oii quelques Français ont noté avec une piété filiale, au jour le jour, pendant les quatre années du martyre, les souffrances et les gloires de leurs provinces. Gabriel Hanolaux écrit l'Aisne sous les armes, Henry Cochin le Nord dévasté, l'abbé Wetterlé l'Alsace et la Guerre, l'oici le j)remier volume de ces pèlerinages tragiques.
Mais que les visiteurs qui vont j^arcourir la Lorraine dévastée comprennent que ces horreurs ne sont qu'un formidable épisode du draine éternel qui se joue sur le Rhin, un moment dans une guerre dont l'origine appartient à la préhistoire.
Les populations d'outre-Rhin, toujours pareilles à elles-mêmes, ont envahi vingt-huit fois la France et autant qu'elles le pourront, dès qu'elles se seront refaites, eHes s'élanceront une f'oix encore.
II PHEKACIC
Quatre vingts mUlions d'Allemands, qui tenteront quasi invinciblement de se reprendre, vont guetter une nouvelle fois l'occasion d'asservir quarante millions de Français. Nos provinces de l'Est et du Nord et avec nous la Belgique demeurent dans un extrême péril. Nous demandons à nos visiteurs que, de leurs propres yeux, ils mesurent le danger et que, rentrés dans leur pays, ils y soient les témoins de la France et les renseigneurs des peuples.
Dans le jeu sanglant qui se joue de siècle en siècle sur le Rhin, 7ious venons de gagner la partie. Elle se clôt par la rentrée de la France dans Metz, dans Strasbourg et jusque dans Mayence. Est-ce à dire que d'eux-mêmes le jeu sanglant et la Utile éternelle des deux races vont s'arrêter?
Il saute au.v yeux que la Germanie va chercher à se refaire et que, sitôt qu'elle le pourra, de tout son poids, elle tentera une fois encore, de briser nos barrières pour se répandre sur nos territoires et nous mettre en esclavage.
Pour échapper à cette misère de nos dieux, pour a.<ssurer la sécurité de nos petitS'fils et de toutes les nations de l'Entente, il faut que l'Entente et nous, en parfait accord avec la Belgique, nous organisio7ts la rive gauche du Rhin.
Voici l'Alsace et la Lorraine rentrées dans la famille française. Il s'agit de poursuivre plus avant le grand dessein Jiational et de nous doter d'une frontière à l'Est. Pèlerins de toutes les nations, fils
PREFACE m
des peuplen (jui viiireut à noire aide, voyez cominenl les chemins de Paris élaienl ouverts et coininent la l'russe nous avait enlevé les clés de noire maison.
Sous comptons sur vous pour répéter à travers le monde le mot d'ordre de notre salut : « Plus un soldat allemand sur la rive gauche du Rhin ».
Plus un soldat allemand ne pourra paraître sur la rive gauche. Plus un soldat allemand n'y pourra être levé. Plus un pfennig n'y pourra être recueilli pour alimenter un budget militaire allemand. C'est à celle condition que la France, soldat de Dieu, soldat de la civilisation, pourra tenir son rôle glorieux et terrible qui est de surve'dler et contenir la bête féroce d'outre-Rhin, le Boche.
Maurice BARRÉS, de l'Acadcniie française.
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