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voisins, se décide assez tard à la création de loteries ayant pour but un simple rendement budgétaire. Mais dès que cette manière d’entrevoir les bénéfices d'Etat fut introduite dans la vie nationale, presque chaque « pays » eut recours à l’organisation d’une loterie.
Au début du xvrie siècle, le nombre des loteries devint considérable. La quantité des billets mise en vente par les pays et les principautés ne correspondait plus à la richesse de la nation ; elle ne devenait qu’un simple moyen destiné à alimenter les caisses vides de la trésorerie. Les autorités ne reculaient devant aucun acte pourvu qu'il permit de faire souscrire à la loterie. On obligea des universités, des collèges, des corporations d’avocats à acheter les billets de loteries. Nombreux étaient les cas d'employés d'Etat ou de solliciteurs de ces postes qui devaient souscrire pour le 1/10 de leurs appointements aux loteries en cours. Les juifs ne pouvaient résider‘plus de vingt-quatre heures à la campagne à moins d’acheter des billets de loteries. Et, en dépit de cette façon de procéder, on voulait attribuer à la loterie les apparences d’une institution de bienfaisance et de charité (1).
L'histoire nous apprend que la première loterie d'Etat fut organisée, en 1521, à Osnabrück. Les lots de cette loterie qui au début furent délivrés en marchandises, furent remplacés, avec le temps, par du numéraire.
En 1610, la ville de Hambourg organisa une loterie en classes modelée sur celle de Hollande. Ses bénéfices furent destinés à la construction d’une prison.
Le Lotto, qui fut pour la première fois autorisé à Berlin en 1763 et à Anspach en 1769, se développa dans les villes avec une telle rapidité que, vers 1771, on comptait, en Allemagne, 26 loteries exploitées soit par l’Etat soit par des particuliers. Mais malgré son succès, qui dura plus d’un siècle, il dut, selon la décision prise par l’Assemblée de Francfort, le 9 janvier 1849, être aboli définitivement. On procéda successivement à la liquidation du lotto dans les pays allemands au fur et à mesure que les concessions en venaient à expirer. C’est la Bavière, qui la dernière se décida, vers 1861, à la suppression de ce jeu.
Les loteries en classes, qui furent organisées parallèlement
1. K. Kugler, Die Klassenlotterie in Deutschland, Würzburg, 1923. Partie historique.
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au Lotto, continuèrent à se développer, après l'interdiction de celui-ci, en gagnant, de plus en plus, les autres pays fédérés de l'Allemagne. Après celle de Hambourg, c’est à Nuremberg, vers 1699, en Prusse vers 1703, par la suite en Saxe, Hanovre, Hesse, Mecklebourg-Schwerin, Thuringe-Anhalt, Brunswick et Lübeck, que la loterie fit son apparition. Avec le temps, grâce à la concurrence contre ces diverses loteries, grâce à une politique plus habile de quelques-uns des pays fédérés, on est arrivé à fusionner les loteries des petits pays pour ne laisser place, à l'heure actuelle, en Allemagne, qu'aux trois grandes loteries : celles, notamment, de Prusse et de l'Allemagne du Sud, de Saxe, de Hambourg.
$ 4.— La LOTERIE DE PRUSSE Et DE L'ALLEMAGNE DU SUD.
La première loterie introduite en Prusse, vers 1703, donna naissance aux loteries ultérieures, qui furent organisées par des particuliers, ayant pris l'engagement de verser une partie de leurs bénéfices au profit d'œuvres de charité. Après une périodé d’existence intermittente, une loterie en classes fut créée, en 1740, par des particuliers. Celle-ci, ainsi que le Lotto, fut exploitée, au début, par des concessionnaires, mais à partir de 1793, c’est l’Etat qui se chargea de l’administration, en instituant une Direction générale.
Mais l’existence simultanée du Lotto et de la loterie en classes ne pouvaient plus se prolonger, et c’est pour cette raison que l’édit royal du 17 mars 1810 les interdit tous les deux en les remplaçant par un nouveau type, la loterie de quine, notamment. C’était une modification du Lotto avec certaines règles de la loterie en classes. Cet essai ne tarda pas à causer un grand préjudice à la caisse d'Etat. On fut par la suite obligé de supprimer cette innovation et de rétablir, vers 1814, la loterie en classes (1).
À partir de 1814, et jusqu’à 1931, on tenta, quand même, plusieurs expériences en vue de la réorganisation du jeu, mais elles furent définitivement abandonnées vers 1832, date de la réforme moderne de la loterie de Prusse. Depuis cette époque, on assiste,
1. Marcinkowski, Das Lotteriewesen im Kônigreich Preussen, Berlin, 1892, pp. 156-207.
en Allemagne, comme d’ailleurs dans l’Europe entière, à l’essor de l’industrie et du commerce, et par conséquence, à l’augmentation de la richesse nationale. Ces conditions favorables permirent à la Direction de la loterie, d'augmenter successivement le nombre des billets et de les placer avantageusement parmi le public aisé. En même temps, une réaction de l'opinion publique, Soutenue par des interventions et des débats parlementaires, se fit sentir en faveur de la suppression de la loterie. Mais ces efforts, malgré l’activité inlassable déployée par les adversaires de la loterie, n’ont pas abouti au résultat désiré.
Pendant le xix® siècle, comme nous l’avons déjà mentionné, le nombre des loteries des pays fédérés allemands fut assez important. Les billets émis par la plupart dépassèrent sensiblement la quantité normale pouvant être vendue parmi les citoyens d’un même pays. Plusieurs Directions de loteries ont donc envisagé, depuis leur création, la participation directe des étrangers au jeu, puisque chaque milieu dirigeant jugeait opportun d'attirer l’argent des voisins plutôt que celui de ses propres ressortissants. À la longue, cette situation ne pouvait qu’aboutir, à propos de loteries, à de grands différends entre plusieurs pays fédérés. Pour la défense des intérêts de leurs propres loteries, les grands pays se virent obligés de recourir à la loi pénale, afin d’empêcher le débit des billets des loteries voisines.
En Saxe-Cobourg-Gotha, on en vint même à établir une peine d'emprisonnement contre ceux qui contrevenaient à l’interdiction de la vente des billets concurrents. Avec le temps, les dispositions pénales furent aggravées progressivement de telle sorte qu'entre plusieurs « pays » éclata une véritable guerre des loteries.
Les petits Etats dont les loteries ne pouvaient trouver un écoulement suffisant parmi leurs propres habitants souffrirent beaucoup de ces restrictions, d’autant plus que le gouvernement du Reich imposa lourdement, à son tour, les billets en vente. Ces circonstances défavorables forcèrent les petits pays fédérés à passer des accords afin de fusionner leurs loteries avec les plus importantes de l’Allemagne, et surtout avec celle de la Prusse (1). Grâce à ces accords, ils durent renoncer aux
4. O. Warschauer, Lotteriestudien, Berlin, 1912, chapitre des Conventions.
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exploitations de leurs propres loteries en faveur de la Prusse, qui se réservait le seul droit de vente des billets de sa loterie particulière sur les territoires de ses contractants. Par contre la Prusse s’engagea à payer à ces «pays», pour les concessions accordées, des indemnités dont le montant, autant que le mode de calcul, différaient d’un pays à l’autre. Certains recevaient, conformément aux accords passés, des annuités fixes, tandis que, pour les autres, les sommes à leur verser devaient être réglées d’après le nombre des billets de loterie vendus par la Prusse dans ces pays respectifs.
Entre 1904 et 1911, la Prusse a signé, avec 23 pays, des traités de loterie ayant pour bases les conditions susénumérées. Grâce à ces fusions, sur 8 loteries qui existaient en Allemagne, au début jdu xx® siècle, 3 seulement ont persisté jusqu’à nos jours. ;
A partir de 1911, après une entente définitive avec les pays de l’Allemagne du sud, notamment avec le Wurtemberg, Bade et, par la suite, avec la Bavière, la 227€ loterie de Prusse change de nom et de numéro. Dorénavant elle s’appelle «la première loterie de Prusse et de l’Allemagne du Sud ».
L’élargissement de la sphère d’influence de l’ancienne loterie prussienne sur tout le Reich, excepté la Saxe et Hambourg,favorisa l’augmentation du nombre des billets en vente.
La guerre de 1914 apporta quelques changements et un certain retard dans le tirage de la loterie. Mais le plus grand bouleversement fut causé à l’époque de l’inflation, de 1920 à 1923. Grâce à l’avilissement de la monnaie, on se voyait obligé de recourir à une augmentation continue du nombre et du prix des billets. De même la 22e loterie de Prusse et de l'Allemagne du Sud (2482 prussienne) qui, avec ses 880.000 billets, présenta presque le double des billets d’avant-guerre, dut diminuer exceptionnellement le nombre de ses classes, de 5 à 4.
Avec la stabilisation du mark en 1924, nous assistons à un rétablissement complet de la 23/249e loterie. Celle-ci se compose, comme autrefois, de 5 classes par semestre, avec 300.000 billets dont 102.000 sont déclarés gagnants. Le prix du billet, qui tenait compte de la nouvelle situation économique du pays et correspondait aux dépenses possibles d’un citoyen aisé, était fixé à 120 marks.