‹ La Loterie d'État en PologneChapitre 49 sur 106 · SAR · texte numérisé non relu

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étant donné le nombre toujours limité des billets, ne tarda pas à porter ses fruits. Tout d’abord, la concurrence des cautions provoqua une attitude ferme de la part des collecteurs, suivie d’une augmentation de l’excédent, mais, par contre, força les petits agents intermédiaires à abandonner définitivement la gérance à eux confiée. De telle sorte que cette concurrence contribua à la diminution sensible du nombre des agents-cautions ramené à quelques-uns dont les quatre plus importants. Ces quatre agents, parvenus, par suite de ces circonstances, à éliminer une concur: rence dangereuse, surent, au commencement de notre siècle et jusqu’à la veille de la guerre mondiale, garder les trois quarts du nombre des billets de la loterie. Sur un chiffre global de 23.500 billets, le premier concentra entre ses mains 7.500, le deuxième 6.000, le troisième et le quatrième 4.000 billets de la loterie.

Il convient de rappeler que ces quatre cautions s’efforcèrent de protéger de leur mieux les collecteurs polonais et, grâce à leur clairvoyance autant qu’à leur connaissance approfondie du mécanisme et du service de la loterie, ces agents surent esquiver assez souvent les coups sournoisement ou légalement portés, par la direction de la succursale de la Banque d'Etat à Varsovie, à la survivance des comptoirs de leurs compatriotes.

La guerre mondiale paralysa l’activité de ces cautions et leur fit subir des pertes considérables. Les hostilités du mois d’août 1914 coïncidèrent avec l'ouverture de la loterie du royaume de Pologne. C'était toujours au début de la première classe que les sous-agents de vente passaient leurs commandes aux cautions. Avec la mobilisation et la diminution du nombre des joueurs appelés sous les drapeaux, la vente des billets baissa considérablement. De telle sorte que les circonstances et la chasse au souscripteur firent tomber le prix du billet au-dessous même de 12 roubles 60 kopecks. Par suite, l'excédent, payé d'avance aux collecteurs, tombait à rien, causant ainsi un préjudice grave aux cautions.

Les collecteurs, étant donnée la facilité avec laquelle ils dépensaient leurs bénéfices, avaient contracté, avant la guerre, certaines habitudes : ils se faisaient avancer, par les cautions, des sommes correspondant, à peu près, au montant de l’excédent des 4 ou 5 loteries à venir. Par conséquent, au début de la

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203 loterie, l'excédent fut payé par les cautions, qui se trouvaient dans l'impossibilité de le récupérer sur les prix des billets, celui-ci ayant baissé, ni même de le réclamer aux collecteurs, et ces derniers, généralement sans fortune, avaient dépensé leur argent, au jour le jour, sans faire d'économies.

La situation devenait critique, puisque, outre l'excédent définitivement perdu, les agents-cautions se voyaient obligés de jouer, à leurs propres risques, des milliers de billets. Ces agents furent donc forcés d’engager des capitaux beaucoup plus importants qu'auparavant, par la nécessité de payer, pour les billets de chaque classe, de fortes sommes. Le fonds de roulement en numéraire, en plus du cautionnement investi dans l’entreprise, représentait la somme nécessaire au paiement du prix des billets d’une seule classe acquis par les cautions. Cet argent leur était constamment rendu, au cours de chaque classe, par les sous-agents venant acheter, faire leurs commandes ou renouveler les billets de la loterie.

Mais, lors de la 203 loterie, ce capital de roulement ne suffit plus aux cautions puisque les sommes correspondant aux billets invendus ne rentraient pas, et il fallait effectuer les paiements multipliés par le nombre de classes, afin d’avoir le \droit de les jouer jusqu’à la fin de la loterie. A cause de la grande affluence des militaires et civils venus en Pologne, théâtre de la guerre, et de l’animation qui en résulta, on espéra que, au tirage de la cinquième classe, espoir des gros lots inciterait ces gens à l'achat des billets.

Ces conjonctures obligèrent les cautions à abandonner partiellement la vente en gros et à ouvrir des comptoirs dans la ville pour mettre leurs billets à la portée des joueurs. Cette mesure fut appuyée d’une grande publicité, qui permit,jusqu’à un certain point, de placer dans le publie une partie des billets disponibles (1).

Quelques agents-cautions, grâce à leurs relations dans les milieux financiers, à la confiance qu'ils inspiraient, au sort qui favorisa leurs billets joués et à la vente au détail, purent clore cet exercice avec des pertes plus ou moins lourdes. Mais les autres, moins solides, virent leurs fortunes s’effondrer.

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