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comme seuls signes de richesses. De même, on s’empressa d’amplifier le marché intérieur pour le placement de marchandises des manufactures nationales, qui furent pourvues d’une protection spéciale. Ainsi pour augmenter leur production et en faciliter l'écoulement, il suffit d'entretenir la passion du public pour les loteries de marchandises. C’est donc vers cette époque que nous assistons à l’essor de la nouvelle forme de jeu destiné à contribuer à l’extension de débouchés pour les métiers et les manufactures (1).
La pénétration de la loterie dans les autres pays fut facilitée grâce aux relations commerciales que les villes florissantes d'Italie cherchaient à entretenir avec le reste du continent européen. Ce genre de jeu s'implante dans les mœurs des pays voisins en créant des conditions favorables au développement de nouvelles formes de loterie (2). C’est partout l'Etat qui suit de près l’organisation de cette source de revenus en faisant d’abord appel à l'initiative privée. Mais, dès que les obstacles se dressent pour faire remplir les caisses vides du trésor, on se tourne vers la loterie comme ressource budgétaire, quand toute augmentation d'impôt eût été difficilement supportée. C’est à partir de là que la nouvelle institution du jeu dut être exploitée selon deux formes : par la régie directe ou par concession. Les deux modes étaient déjà adoptées dans les autres domaines de l’administration publique. L'Etat donna au début ses préférences à la concession laquelle, après une expérience plus ou moins longue, fut remplacée par la régie directe.
La concession présentait cet avantage que le Trésor recevait normalement une somme conventionnelle fixe sans avoir à s’occuper de l’administration même. En régie directe, l'Etat - court les risques de l’exploitation de la loterie, mais, par contre, impose les lots gagnants d’un pourcentage assez élevé.
La vente des billets fut confiée, dans les premiers temps, à des employés d'Etat spéciaux qui durent être soumis à un règlement rigoureux. Mais au fur et à mesure que la loterie
s’est transformée en direction ou monopole d'Etat ce sont
1. Joubleau, Etude sur Colbert. Paris, 1856, t. I, p. 378 ; Dr Sieghart, Die ôffentlichen Glückspiele. Wien, 1899, p. 32. À 2. Armynot du Chatelet, Les jeux et loteries autorisées en France. Paris,