LA DEUXIÈME LOTERIE EN CLASSES DE LA R. G. O
L’insuffisance de billets éprouvée lors de l'exercice de la loterie précédente incita la Direction à en élever raisonnablement le nombre afin de pouvoir répondre à la demande des nombreux solliciteurs. C’est ainsi que le plan de la deuxième loterie dut comporter des modifications sensibles, permettant d'augmenter l'importance des lots, aussi bien que la quantité des billets à placer dans le public. Les circonstances exceptionnelles dominant la vie polonaise à cette époque obligèrent la Direction à établir le plan de la loterie en marks, au lieu de roubles. Une ordonnance des autorités d'occupation avait, en effet, imposé le mark comme l’unité monétaire ayant cours légal dans le pays.
Cette deuxième loterie eut une grande popularité parmi les joueurs assidus des loteries étrangères. Elle fut jouée au cours du deuxième semestre de l’année 1917 avec un nombre de billets s’élevant à 42.000 dont 21.000 devaient être favorisés par le sort. Le prix du billet, porté à 32 marks par classe, fut réparti de la manière suivante : 28 marks pour le capital de jeu ; 1,60 au profit du collecteur ; 0,40 pour les dépenses supplémentaires des collecteurs de provinces ; 0,30 pour le fonds de secours destiné aux anciens collecteurs de la loterie du royaume de Pologne et { mark 70 pfennigs pour couvrir les frais d'administration de la loterie.
Les gros lots des quatre premières classes furent ainsi établis : 30.000 marks en première, 35.000 en deuxième, 40.000 en troisième et 45.000 en quatrième classes. Quant à la dernière classe de la loterie, elle fut dotée d’un gros lot de 250.000 marks et d’une prime de 100.000 marks réservée aux lots de la dernière journée du tirage. Sur un chiffre global de 5.592.000 marks réservés aux lots gagnants, les mêmes prélèvements de 17 et de 3%, furent faits au profit de la caisse du Conseil Principal de la Protection et des collecteurs. Le bénéfice net réalisé par cette entreprise s’éleva à 1.117.650 marks.
4. « Plan officiel de la loterie de la R. G. O. », Varsovie, novembre 1916,
Ce grand succès, grâce auquel cette dernière loterie dépassait singulièrement le chiffre de placement de l’ancienne loterie du royaume de Pologne, est ainsi dû au revirement qui se produisit parmi les souscripteurs des loteries-étrangères faisant confiance à cette jeune entreprise de bienfaisance.
A noter que, suivant le cours officiel des autorités allemandes fixant l’équivalence du rouble à 2 marks 16 pfennigs, le prix du billet de cette loterie se trouva augmenté de 2 roubles 72 kopecks par classe, et que les gros lots furent majorés progressivement jusqu'à dépasser, pour celui de la cinquième classe, la somme de 110.000 marks.
$ 4. — Les 3e ET 4€ LOTERIES EN CLASSES DE LA R. G. O.
Les conjonctures favorables au développement de la jeune loterie décidèrent la direction à persister dans la voie de l’augmentation progressive du nombre des billets afin de gagner, par étapes, le reste des souscripteurs fidèles au jeu des autres entreprises allemandes et austro-hongroises. Tout d’abord, la direction s’efforça d’inspirer confiance aux nombreux joueurs par une amélioration constante apportée à l’organisation de la loterie. On s’attacha avec persévérance au perfectionnement du système administratif afin d’éliminer peu à peu toutes les insuffisances susceptibles d’être rencontrées dans une entreprise nouvelle d’une telle ampleur.
Les plans de la 3e et de la 4€ loteries, autorisées par le département de la Trésorerie et par le chef de l'Administration Civile d'occupation allemande, comportaient chacun 50.000 billets avec 25.000 lots. Le prix du billet fut fixé, comme dans la loterie précédente, à 32 marks pour chaque classe. Les gros lots, attribués aux cinq classes, étaient de 30.000 marks en première, 35.000 marks en deuxième, 40.000 marks en troisième, 45.000 marks en quatrième et 300.000 en cinquième, avec une prime de 200.000 marks, accordée au dernier jour du tirage. Sur le chiffre de 6.440.000 marks représentant la somme globale des lots gagnés de chaque loterie, les mêmes prélèvements de 17 et de 3% furent opérés en faveur de la caisse du Conseil Principal de la Protection et au profit des collecteurs. Ces deux loteries furent jouées au cours des deux semestres de
l’année 1918. Le bénéfice net réalisé par chacune d'elle s’éleva à 1.250.000 marks.
Avec la fin de l'exercice de la 4e loterie, le régime de l’occupation allemande prit fin, cédant la place aux autorités de la Pologne indépendante. A partir de cette époque, la Direction de la loterie R. G. O. dut se soumettre aux ordres du gouvernement polonais, à qui seul désormais incombait le souci de protéger les eitoyens contre l’activité des loteries étrangères.