‹ La Lumière de GrèceChapitre 2 sur 14 · CORINE DE TANAGRA · texte numérisé non relu

CORINE DE TANAGRA

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PiNDARE, Frag. 151, 153.

N^ exhibons pas en public la blessure intime dont nous souffrons ; cro^ei.-moi : c'est notre part de Beauté et de Joie qu'il faut étaler a la curiosité des foules ; si le hasard des dieux nous égare vers le malheur ou la folie, que V ombre et le secret les dérobent aux intrusions.

Corine vient s'appuyer à une colonne du portique. Pindare entre, la suivant.

Vous êtes triste, Corine...

CORINE, brusque^ se retournant

Que t'importe, adolescent nouveau venu,

la tristesse de Corine,

et qu'en sais-tu .?

Avec tes grands yeux clairs, veux-tu

me faire rire,

comme une enfant qu'on fait rougir

à la regarder fixement, ainsi }

Tiens, vois : je ris.

Pardonnez-moi,

vous ne savez d'où je viens, où je vais,

sans doute ;

mais n'êtes-vous pas Corine de Tanagra,

dont le nom, comme un souffle frais,

sonne en gaîté sur toute route,

de ville en ville ?

Celle de qui, là-bas, vers les Cynocéphales,

mon père redisait la chanson sur sa flûte,

menant ma voix d'enfant rieuse de ce rire

que vous voulûtes ?

N'étes-vous Corine, sans une égale,

aux doigts dociles,

à la rieuse lyre,

Corine la gaîté ?

Voilà pourquoi, vous voyant attristée,

je vous fixai des yeux,

je vous ai dit : Corine ! — audacieux ;

je suis Pindare, fils du Coryphée.

CORINE

On m'avait dit ton nom où court l'Alphée ;

et, parlant des agones de ce soir,

on te nommait, tantôt, l'un d'entre nos éphèbes.

N'es-tu pas de ceux-là qu'un espoir de gloire

nous mène, en foule, vers Thèbes ?

On t'a dit Amphion à la lyre dorée

dont le nom dressa nos murailles ?

Ta tête est pleine des fables qu'on répète,

n'est-ce pas ?

Crois-moi — ce temps est loin, si tu le guettes :

nos vieux remparts las des batailles

réclament des maçons, non des poètes.

Comprends les mythes :

le prince harmonieux, que Phoïbos même

a tué dans ses fils, chantant leur thrène,

s'est tué de son plectre — la lyre est lourde :

le laurier verdoie chaque printemps,

fleurit et ne couronne qu'une fois,

se fane, se fait de bronze

et n*est seyant qu'aux effigies :

plutôt, vois bien ce que tu quittes

et vers quelle mort du cœur tu vas portant

la lyre qui lasse vite

toute énergie.

La Muse, aux prières sourde,

élit son amant entre dix milliers,

sa bandelette, que l'on rêve ceindre,

est pour un seul — les destins sont liés :

la Muse choisit en pleurant qui doit l'étreindre.

Quel vent de folie a soufflé du Pinde ;

aviez-vous cru,

jeunes chanteurs marchant par bandes

comme un torrent sans cesse accru,

que son laurier est pour qui le demande

et sa victoire à quiconque y prétend ?

i6 LA LUMIERE DE GRECE

qu'elle se donne, ainsi, à tout venant ? Avec tes grands yeux clairs de jeune espoir, qui t'a fait espérer la belle gloire ? qui fut ton guide ?

PIXDARE

Lassos, un soir de festin à Larissa,

chez Aleuas qui fêtait Simonide :

mon père menait le chœur des aulétrices ;

moi, j'étais là comme un enfant, assis,

et qui regarde, écoute et, ne sachant, devine ;

et quand celui de Céos eut chanté.

Lassos — qui me voyait à son côté

tout pâle et coi —

Lassos me dit : " Tu sais écouter, fils,

tu sauras dire, aussi. "

Et c'est pourquoi,

retournant vers Argos, il s'en vint chez mon père

et m'emmena dans Hermione d'Argolide ;

j'y vécus de sa vie sévère

tenant la lyre où vont mes doigts sans guide ;

et lui, le soir, la flûte aux lèvres, rythmait l'ombre,

me donnant de son art ce qu'on en peut donner ;

je sais la cadence et le nombre :

un soir Lassos s'est étonné

m'écoutant dire un chant de Simonide...

CORINE

Tu connais Simonide ? celui qu'on paie,

comme un chanteur de fête, de monnaies ?

Est-ce l'appât de cet or-là qui t'a guidé

hors ton village vers Thèbes où bruit la lyre ?

Vraiment, je ne sais de présage pire...

Te voici tout intimidé !

T'aurait-on dit que tu vendrais ton âme ?

ainsi qu'on parle de leurs corps aux sottes femmes 1

Jeune homme, si tu rêves cela,

tu frauderais tes clients, à m'entendre,

car tu n'aurais pas d'âme, la voulant vendre.

N'espère pas cela...

(un silence ; elle semble attendre une réplique^

Triste ? me disais-tu, mon beau muet ;

non, je suis toute gaie,

malgré mon air,

de voir, après Aphrodite, Phoïbos vénal

et, un à un, ceux de l'Olympe se prostituer

à l'or,

au bel or clair,

au doux métal !

Tu peux te vendre ; vois :

même ce peu de gloire que donne un chant,

ce peu de pure gloire — ton beau choix — 2

i8 LA LUMIERE DE GRECE

un Simonide le prend, par surcroît,

salissant la gloire même et ravalant

la chaste muse, sœur ;

car,

bien que sans âme,

il sait se feindre un cœur

se faisant homme ou femme

au gré de paroles parées ;

et des miracles de sa voix il fait

— riant en lui — pleurer ceux qu'elle atteint de ses flèches de joie incomparées...

Le bel art vain...

Simonide, dis-tu ?

Certes, je hais son charme :

souvent, chantant ses vers, je me suis tue

mordant ma lèvre chaude d'une larme,

honteuse, sachant vile et vénale la main

qui traçait dans mon cœur ces mots de feu.

Tout ce bel art est misérable et vain.

Peut-être te vaudrait-il mieux rire en ta flûte,

là-bas, vers les Cynocéphales, comme ton père ;

et que la lyre est plus futile, encore, que vile...

Corine, n'est-ce pas que chante un dieu ?

— Et qu'importe par quelles lèvres ? —

L'or que Ton donne à Simonide, tenant la lyre, s'ennoblit dans sa main, et ne la peut salir. Je n'avais pas songé à tout cela.

C'est vrai ; mais, y songeant, je pense que la gaîté que vous donnez

— claire abondance —

est feinte, aussi, Corine, et malgré vous ; et que — divinement — vous nous trompez

— et malgré nous — ainsi que Simonide ;

non pour de l'or sans doute — qu'importe cela ?

qu'importe l'argile où le vin coule

au bel enivrement,

et que l'on brise vide ? —

Voyez, je vous devine :

vous nous trompez divinement,

car vous êtes triste, Corine.

CORINE

{Un silence)

Soit, je suis triste, pour toi, si tu le veux ;

après autant de fous tu parais sage,

voici ; mais songe aussi, avecque tes grands yeux,

que, te parlant ainsi, se peut que je me rie :

ma pensée est volage

et mon rêve varie ;

ma gaîté est amère ;

mon rire jaillit comme un cristal clair

d'une vasque d'agate,

et tel le jour sourd de la nuit.

L'Art me lasse, la lyre est ingrate :

toute la joie que je lui ai donnée

fut comme un sang qu'on verse goutte à goutte

et qui vous laisse fiiible et pâle, étonnée

comme celui qui doute...

Oui, comme inon sang goutte à goutte versé

et dont la pourpre vive exalte à voir

avant de se ternir comme une rouille

au beau manteau de gloire

qu'on traîne, qu'on souille.

Triste et lâche, me voilà !

Ma gloire est fausse et faiblit et m'échappe.

— Sais-tu } Je voudrais être à Tanagra, petite fille, comme autrefois,

à regarder les vagues bleues

d'entre les pampres et les grappes

où l'ombre tourne et change...

J'ai vu, un automne, après les vendanges,

les bacchantes courir sur le sable clair

laver la lie et l'orgie dans la mer

— ainsi qu'au jour où Triton fut tué.

Elles tournaient en ronde, le soir, évertuées.

avec leurs chants étranges

venus de l'Inde

(les premiers que j'aie sus),

enguirlandant le grand torse sans tête

des souples chaînes de leurs beaux corps nus

que rougit un dernier rayon du Pinde

— ainsi je fus poète...

Qu'importent Thèbes et ma lyre fleurie ?

et que je pleure ou rie ?

Je suis belle, mais on m'a vanté tous mes charmes ;

je sais rire et leurrer...

{Elle hésite^ regardant Pindare)

Enfant, tu me regardes avec des yeux de larmes ;

moi qui fais rire, aurai s-je fais pleurer ?

Essuie cela — sois gai — écoute :

sais-tu pas que la foule raille et nous persécute

au hasard seul des cris de nos fous désespoirs ^

et que sa joie infâme et lâche répercute

la farouche douleur exhalée en nos soirs }

Que si tu veux te taire et souffrir de la vie

sans dire à tout venant l'amertume des jours,

la tourbe qui te hait te portera envie,

nous égayant de sa sottise, à notre tour ;

et te voyant joyeux, elle te croira riche

des vils biens qu'elle prise à l'égal de nos dieux :

la ioie infâme hésite où le bonheur s'affiche ;

sois gai, car la vengeance est de paraître heureux ;

regarde-moi !

{Elle éclate de rire.)

MYRTIS D'ANTHEDON

Xprjp fièv KaTÙ Kaipov èpcjTior dpÉTrea-daî dvixéj (TV y àXiKia.

PiNDARE, Frag. 89.

// eut fallu cueillir ces fleurs d'' amour,

les cueillir a leur heure,

0 mon cœur,

au printemps de son âge.

Sur la lisière du bois de Cérès, en face de la mer,

MYRTiSj comme pour rompre un silence pénible

...Toutes ces voiles qu'on voit rose pâle,

le long du golfe,

regarde :

elles entrent,

une à une,

dans l'ombre projetée du promontoire,

sous ce soleil oblique

de fin d'été...

Le soir

sort du rivage et gagne les îlots

avec le vent de terre, agile sur les flots...

piNDARE, de voix lointaine

Quelle réplique,

Myrtis,

— quand frôlerait ma lyre une aile de mouette -

vaudra cet écho de ta voix que dit la mer...

{Il fait signe d'écouter, — IJn silence^

MYRTis, de voix émue

Ton âme muette

écoute ;

mon amour a peur de se taire,

mon cœur redoute,

car l'ombre est là, avec l'automne, qui nous guette !

piNDARE, se retournant avec vivacité

Quel automne !

L'automne du monde ?

Toute heure est bonne, toute blessure est féconde ; l'automne t'émeut ?...

Les feuilles dans la bise comme des oiseaux, sous la flèche des vents

— Le Sagittaire ! avant le Capricorne et les

[Verseaux ?... — L'hiver en route avec son ombre qui va devant plus lourde à chaque soir venu ?...

Le chœur des brumes aux lentes strophes tortes entre les cimes ?...

L'ire des ravins d'écume ?

Le haut squelette des rocs surgi des mousses mortes?... Les feux des pâtres qui s'allument,

au crépuscule, entre les cimes ?...

{De voix plus douce.) Ah ! Myrtis, Myrtis, quel automne, encore ? Le tien ? le mien ? le nôtre ? Parce qu'une heure est autre, que le silence vient, ainsi qu'un crépuscule ?

L'automne en nous, Myrtis ?

Pour ce petit amour déchu et qui te blesse avec des souvenirs :

telles les feuilles crispées et rousses des chênes que le printemps retrouve aux branches et que l'autre équinoxe sème aux prés en fleurs...

L'Automne, Myrtis !

Myrtis aux hanches blanches, aux tendres fards, aux prestes mains !

parce qu'un baiser fut comme une fleur et que l'année a passé comme un char et qu'elle nous laisse sa poussière aux mains }...

MYRTIS, avec un soupir

Ah ! cette fois,

à pas lents, sûrs et sourds,

l'automne vient sur moi comme une nuit...

{Un silence) La mer est froide et grise, malgré le ciel...

Parlons d'amour, tu veux parler d'amour...

MYRTIS

C'est toi qui parles de baisers flétris. piN'DARE, de voix lasse

Eh bien ! N'est-ce pas l'heure : les bois se courbent vers la mer ; il pleut, il pleure des feuilles.

MYRTIS, de voix vive

Soit ;

tu n'as baisé sur ma bouche

qu'un peu de chair ^

ma couche

ne te fut qu'un orgueil 1

ma fierté, qu'un appât qui tente 1

bien ;

moi j'ai respiré avec ton souffle

l'espace, le ciel clair, la mer et l'air !

toute l'harmonie de tes lèvres chantantes ainsi qu'un jour d'été...

et je vivais, impatiente — comme on souiFre — et frémissante à ton toucher, j'étais, j'étais ta lyre, un peu, ta lyre où frémit Dieu !...

(^sa voix retombe douce) Pour toi, j'étais donc une femme, une autre seulement } une autre femme .^..

PINDARE, vivement

Une autre femme, maîtresse ?

D'unes me furent amies

— pauvresses ! —

et moi, je les eusse appauvries

du don d'amour avide }

je les eusse livrées, tout étourdies,

aux joies qui vont de leurs mains vides

faisant le geste d'éparpiller des fleurs,

et couronnent toute beauté

avec leurs bandelettes de rides !

Et je leur eusse ôté

leur peu de cœur !

Une autre femme }

Quelles muses me prêtes-tu.

quel masque m'imposes-tu, quel rôle ?

Tais-toi, plutôt ; le silence est meilleur, ô pauvre sœur, que ta parole.

( Un silence ; il attend une réplique^ {Avec ironie) Corine ?

C'est elle que tu nommes dans ton âme ? Voici ma faute et tout mon blâme :

elle était triste de ta gloriole des agones !

Alors, par jeu galant à qui prend donne, je te vainquis aux jeux

— avec mes yeux, peut-être, j'imagine, —

puis me suis laissé vaincre par Corine,

lui donnant la victoire ainsi sur tous les deux ;

mais sa victoire lui fut comme une honte,

— car toute histoire se raconte —

elle s'est crue bafouée par l'une et l'autre,

me hait sans doute — te hait assurément —

et je m'en vins à Anthédon avec pour muse

Myrtis...

Voilà ma fiute ;

et voici que l'été est mort très doucement

et te voici, ce soir.

perplexe et attristée...

{Elle veut parler^ Ecoute encore :

donc,

toi, tu m'aimas pour ma gloire ; moi, je t'aimai pour ta double aristée : ton corps épanoui et pâle, ton esprit mâle.

— Tu m'aimas comme une femme

éprise de la joie de féconder une âme

(ainsi qu'un homme

l'a prise,

passive)

et d'être l'amant de ma muse vierge ;

tu m'as donné le baiser de ta joie...

J'étais un enfant, me voici un homme,

par toi, sans doute, Myrtis ;

mais toi...

MYRTIS, de voix amère

Le mot hésite à cette fois !

le voici donc :

les bandelettes de la joie sont sur mon front

— comme tu dis 1 —

Les rides m'ont couronnée aussi,

l'or des épis

se rouille et se fait chaume

— et c'est mon blâme :

tu étais enfant et moi j'étais femme ;

tu es un homme,

donc, moi, je suis l'automne...

Tais-toi

et laisse-moi, au moins, à ma tristesse.

{Elle se détourne.)

piNDARE, de voix pressante

Non, car vous êtes gaie, Myrtis, ma sœur ;

voyez la vieille image du lierre,

comme elle est vaine

avec ses airs

d'éternité sereine :

car l'arbre qu'il étreint faiblit et meurt ;

l'amour est autre,

son étreinte farouche se dissout :

la vie est née, elle résurgit en nous ;

ce qui délie nos bras, c'est l'œuvre éclose

— il en est ainsi du mystère des choses — et par un baiser de ta frêle joie

le bel enfant de triomphe est en moi.

MYRTis, d'une voix de reproche

Avec tes mots nouveaux

me feras-tu mon âme neuve ?

PINDARE, solennel

Ecoute, et vois la preuve ;

je veux lire en ton âme même :

la joie nouvelle

vagit inconsciente encore en elle ;

lis le poème :

l'automne est sur nous fécond et subtil ;

le beau désir sommeille et semble mort ;

l'hiver pèse en douleur au champ durci ;

mais toi,

chante l'avril

et que l'amour est fort !

Et dis, aussi,

au fond de toi :

le givre pave au loin le sol fécond ;

l'amour durcit en haine sur le sillon ;

le labour morne semble à jamais stérile ;

mais pour que germe enfin l'œuvre conçue,

le grain de mil

il suffira qu'avril

pleure les larmes tièdes de sa joie ! 3

Et la chanson renaît aux bois feuillus, le voile d'Aphrodite se reploie...

{Un silence)

MYRTis, grave

Ta haute voix est dure et douce et belle,

mais je n'ai pas de larmes dans mes yeux...

Va, fuis où l'avenir t'appelle

d'une autre voix que mon pauvre passé ;

va, fuis, sans un adieu ;

fais vivre notre baiser immortel :

mon rêve est dans ton âme et c'est assez...

Oublie cette heure lasse...

Tout mon sang vire, je ne suis plus moi...

Adieu,

tu es celui qui passe

avec un miroir dont le rayon s'attarde,

aveugle et luit de loin son leurre

et puis, brusque, s'évanouit.

Tu es comme l'arrière-été

que toute la gloire d'automne farde

de splendeur inouïe,

qui meurt

avant d'avoir été.

Tu es comme le rouge Ares,

prime étoile fêtée.

qui sombre au crépuscule, avant, même, la nuit ! Va, ne diffère plus l'adieu fatal qu'en vain tu fardes et recules ; je n'ai plus mal...

(^Avec un rire) Va ton chemin ; je me reprends aussi ; je te regarde aller sans un souci que de la haute gloire de ta lyre, et, vers cet avenir où j'ai su lire en lettres d'or au péristyle des temples ton nom, impérieux comme un exemple, je dis : Pindare ! de la même voix que ceux qui disent lentement : Homère,,, Oublieuse qu'il fut aimé, dit-on, par Myrtis, une femme d'Anthédon...

(^Souriante) Vois : je me suis reprise ; embrasse-moi...

{Elle fait un pas^ mais se ressaisit.)

{Froide) Adieu ! Même un baiser serait amer.

{Il fait un pas^ indécis^ et sort. — L'ayant suivi du regard^ elle se retourne^ éblouie.)

{Avec une dernière ironie) Je pleure ! Ce doit être de joie.

[Elle s' appuie a une stèle et éclate en sanglots.)

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