CANALISATION DU PORT DU HAVRE
Nous décrirons comme exemple Féclairage du port du Havre au moyen de la bougie Jablochkoff* installation récemment réalisée qui comprend à peu près tous les perfeclionnemenls que comporte ce mode de répartition de la lumière.
CANALISATION ÉLECTRIQUE POl'R ï/kCLAIRAGE DU PORT hV HAVRE
Le port du Havre est, comme on sait, un port de marée, et les grands bâtiments n'y j)euvent entrer qu'à Thoure dt^ la pleine mer. Aux épocpies où les d<»ux marées ont lieu de jour, le navire <iui manque la première pcMit entrera la seroiule, et n'a, par suite, que onze heurcîs au jilus à attendre en rade; mais aux époques où les marées sont l'une de jour et l'autre de nuit, le navire qui manquait celbî de jour ne pouvait, jusqu'à })réstMit, entrer dans le port que le jour suivant ; il lui fallait faire en rade une station durant quelquefois jusqu'à vingt-trois heures. La rade du Havre est excellente pour mouiller en tem[)s calme; mais vienne un coup de vent, on est obligé de lever l'ancre. Les Transatlantiques français en savent quelque chose, et l'on nous a cité plusieurs steamers qui ont dû, cet hiver, aller à Cdierbourg déposer leurs passagers.
De là le vif désir qu'avaient les marins de pouvoir entnM* au Havre de nuit comme de jour, et c'est sur leurs instanc(\s ([ue l'administration a décidé d'éclairer le port à la lumière élortrique. Cette décision a été prise au printemps de 1880, mais les travaux ont été longs, et c'est seulement depuis h; cominenccîment de 1881 que l'éclairage fonctionne.
Chaque fois qu'il y a marée de nuit, h»s jetées, Tavant-port et les principales écluses sont éclairés une heure avant et deux heures après le moment du plein, et l'entrée des grands navires peut se faire comme en plein jour.
L'installation comprend actuellement trente-quatre foyers,
-7î^ibi:t!on de lelectricité.
:z M»ui in<li<iu«'*'i«i.îns l».*iilande la lii:ure 165; doux
uit'S .ipivs !*«.tabIi.ss**meTit de iv plan, et los
..::••*• ^M'iirriir-r-t «n alinimtor jusqu'à quarante.
.:: -.'\- •!*^ «i. n' r^: arti-i eu six cireuils.
• ::•. i- ::i*r^- f'.y»r> I à 4 . éelaire la jetée
. .«m 11..:-.-» .i. ».;.r ♦*: n-tour.
. - . i- " : :■}»!> o à 9 , dessert le jrraud
:. • " : -^^ -i y .1 ajiiiité un sixiènit» foyer,
\- • :^> -t 'i'^liné à servir de j^Miide dans
--\ f -yt-rs 10 à ITi . eomprend recluse • lîaiTr; il est de 1.900 mètres.
:• six fnyiTs iO à ^1 ;, éelaire le bas; il .-. î iii»"iui'e l,:2oO mètres.
.. . :•' >ix fnyers ii:> à 57., dessert IVeluse . i I»' df la Fliiride : il est de 1 .400 mètres. '.• .'iiHi ffiyers ;28 à 3i> , éelaire la jetée • ' ri't'S et ronipreiid un feu rou|L:e. . - -. -'.allers iiun loin'de récluse des Trans- . ■•.:>>iïva[ieiir de trente-cinq chevaux cha- •viil «juatn; machines auto-e\cilalrict»s i l'ri*' di' ces quatnî machines (îramme :\-!t; elle est destinée seulement à être - : il arriverait un accident à une des tnds - diTuières alimentt^ deux circuits. • .[■' t.uis les circuits est la même, nous • •'.: !a marche de l'un d\»u\.
. ;ar le diii.uramme ci-joint (lii;-. lG(>;,dans - ics ori:iin«'s n'ont pas été conservées. -■:::i>ul à indiquer leurs positions i't»s'pe<*-
••/..•-excilatrice de Grannne, donnant les
:\l iii'us m'Cimsidérerons (jue le premier.
. ' 'iiiàciiine <»st loul d'ahonl susceptible d'un
a ••:.\cn du tableau de résistances 11 relié aux
334 DISTRIBUTION DE LÉLECTRICITË.
bornes B et B'. Cet appareil se trouve placé entre rexcitatrice ^t les inducteurs de la machine proprement dite, de sorte qu'en faisant varier sa résistance, on peut faire varier Fîntensité du champ magnétique et, par suite, régler le courant produit.
Les conducteurs, formant le circuit considéré C, se rendent ^'ab'ord à deux poignées P et P' terminées par des pièces métalliques qui s'enfoncent dans d'autres pièces métalliques G et CV fixées sur la planche E. Le but de cette disposition est le suivant : S'il arrivait un accident quelconque h la machine, on enlèverait les poifrnécs P P' et on les remplacerait par deux autres semblal)les ([iii terminent les conducteurs de la machine de réserve, de sorte ([ue le courant ne serait interrompu que pendant un temps très court.
Sur le trajet du conducteiu* L. partiint de G, est intercalé un cadre d(* résistance destiné à rcMidn* h» circuit C é{;al en intensité à l'autre circuit C de la machin**. L'inégale intensité des deux circuits vs{ due à deux causes, «l'abord à l'inéjialité dt» leur longueur et, par suite, de leur résistance, ensuite à ce fait, constaté jiar rexpérience. que dans la machine aulo-ex«*ilalrice, le circuit (i le j^liis rapproché de Texcilatrice a une force éleciromolrice plus grand»* que l'autre. Le cadre S' ])enn<*t île rentlre les (b'ux intensités éirales.
Le conducl«'ur L arrive ensuite m II à un commut;îîî.-nr à deux directions. Les deux conducteurs L" et L ' qui parient de II sortent de l'atelier et amènent le courant aux lampes F, F, F; il en revient par le (il de retour L'.
Avant de revenir en G', ce fil de retour traverse un électroaimant A. qui, pendant le passage du courant, tient constamment attirée une armature 1). Une extinction vient-elle à si» produire dans b»s lampes, le courant cesse de passer; l'armature, en s'éeartanl, ferme le contact K et fait sonner une trembleuseT : i>u est aussitôt avi»rti, et Ion peut, comme nous le verrons plus loin, procéder à un rallumago immédiat.
Ainsi qu'on l'a vu plus haut, jiresque tous les circuits comprennent six lampes ; dans notre diagramme. |>our plus de sim-
CANAliSATION DU PORT DU HAVRE. 335
336 DISTRIBUTION DE L'ËLECTRfCITÉ.
plicité, nous n'en avons rcpr(^senté quo trois. Toutes ces lampes contiennent quatre bougies JablochkofT, à charbons de 6 millimètres; mais les premières renferment chacune deux chandeliers de deux bougies chaque, comportant par conséquent deux fils de retour; la dernière, au contraire, contient un chandelier de quatre bougies, de la forme ordinaire, avec un seul fil de retour. Enfin, dans le pied de chaque candélabre est placé un commutateur 0 0' à 6 plaques, par lequcîl passent les fils avant d'arriver h la lampe.
Celte disposition, en apparence complicjuée, permet d'arriver à deux résultats : d'abord, en marche normale, de faire, au moment voulu, sans sortir de Tatelier, passer le courant des bougies 1 aux bougies 2, <;t cela à Taide du commutateur H ; ensuite, en cas d'extinction, après avoir rem[dacé les bougies 1 parles bougies 2, de pré[)arer, par nue simple manipulation des commulaleurs 00' , les bougies 3 pour un nouveau passage du courant.
Pour comprendre comment on y arrive, supposons d'abord le rommulnteur II [jlacé do telle sorlo que le courant suive le condurtcur L" : il arrive d'ahorJ h la pièce supérieure de gauche du comniutaleur 0 0' du priMiiier candélabre, puis, de là, h la bougie 1 ; passant ensuite par h» (il de retour du chandelier 1-3, il vient à la j)ière méiliane du même côté, et repart de là pour arriver au conimutateur du deuxième candélabre. Dans celui-ci, rtunnn^ dans les suivants, le courant suit la même marche, et il en est d(^ même dans le d(»rnier, mais avec celte différence qu'il n'y a qu'un 111 de retour; enfin le courant revient à la machine par le fil L' en traversant rélei-tro-aimant A.
On voit(}ue, dans ce trajet, le courant suit les lignes pleines du diagramme. Si, maintenant, (juan<l les bougies! sontbriilécs, on vient à changer le commutateur H et à faire arriver le courant par \j"\ il suivra une marche absolument symétrique à la première, indiquée parleslignesponctuées, et viendra alimenter les bougies 2. Le retour se fera comme précédemment par le fil L'. A présent, supposons que, le courant arrivant par L" (lignes