LES COMPTEURS D'ÉLECTRICITÉ
Après avoir trouvé les moyens de produire et de dislribuer rélectricité, de façon ù peraiettre aux consommateurs de l'employer, eu toutes proportions, soit pour en obtenir de la force, soit pour jiroduire de la lumière, il restait un dernier jproblëme à résoudre : il fallait pouvoir mesurer la quantité d'électricité dépensée par chacun d'eux, et cela d'une façon simple, automatique, aussi facile h contrôler par le producteur que par le consommateur, et surtout inaccessible à toute cause d'erreur, accidentelle ou volontaire.
M. Edison a combiné, dans ce but, deux appareils aussi simples qu'ingénieux, Tun qui exige h chaque fois une opération de pesagi?, assez facile du reste? ; l'autre qui exécute toutes les opérations automatiquement et fournit directement les indications sur un cadran compteur, analogue h celui des compteurs à gaz. Ils sont du reste basés tous les deux sur le même principe, le dépôt de cuivre effectué par le passage du courant dans des voltamètres à sulfate de cuivre. Ce n'est jkis, bien ent(»ndu, le courant tout entier qui traverse ces voltamètres, mais seulement une dérivation que Ton règle exactement à Taide'de bobines de résistance, de façon qu'elle représente une fraction exacte du courant principal, un centième ordinairement. A Taide de ce ra[q)orl constant, il est facile de déduire la quantité (rélectricité dé[)ensée du jmids de cuivre réduit dans les voltamètres, puisqu'il est établi que l'intensité d'un courant est pro[»ortionnelle h l'action chimique produite par son passage.
Le premier de ces deux compteurs (lig. 180) se compose dt» deux voltamètres distincts, hermétiquement bouchés, dont riin sert pour les mesures i)ériodi({ues ordinaires et dont l'autre
COMl'TEUU AUTOMATIQUE DEDISON. fil
t enfenné H sert pour le eoatrôle. Chaque fois que l'on veut >r la dépense faiti*, on retire les éli-ctrodes des vases, ou
Fif!. ISO. Comiileur ri'éleelrieitc ou nnipéremAire de M. EJi
Ifs ptfse et on los reiiieL en place, en ayant soin de renverser les attaches du circuit, pour que le cuivre d«''posé sur l'un diis électrodes soit riîdîssous et que le dépôt se fasse sur l'autre.
3HV l.'KLKi:TKir.lTf. A DOMIfMl.K.
M. Ellison a poiissû la précaution jusqu'à instivllor horizon^ talcmcnl au-<ri's30«s Je cea vollamèlres une lampe à icraDilcficenciî destinée à fournir assez di' chaleur pour emppcher le' refi-oidissement des liquiiios, qui pourrait diminuer lu di-coi»position cl fausser les mesures. Lu dérivation de courant n saire pour metti-e rette lampe en fonction est fournie automatiquement par un thermomètre métallique disposé de manière que le circuit se ferme quaud la température s'abaisse aux eu* virons du zéro ; il en résulte qun les variations ^e tempcratur» ne dépassent jamais la limite à laquelle le procédé de mesure cesserait d'être exact.
Le second appareil, repi-ésenté sur la fif^re 181, est plus compliqué ; il se compose également de deuit voltamètres, mais solidaires l'un de l'autre ; chacun de ces voltamètres contient deux électrodes, l'un fixe et l'autre mobile, suspendus H l'une des extrémités d'un fléau de balance. Les électrodes mobiles sont munis de crochets qui plongent dans des capsules isolées, remplies de mercu,re; ils peuvent ainsi monter ou descendre d'une certaine quantité sans que le passage du cotlrant soit interrompu. Les deux cjipsules sont reliées entre eU«* par un comluctcur de résistance convenable. Les électrode»' lixes sont reliés aux deux pôles du circuit dérivé, et le courant arrivant por l'un d'eux traverse successivement le liquide, l'électrode mobile, les doux capsules, le second électrode mo* bile, et enfin le liquide et l'électrode fixe du second voltam^ ti'e. II en résulte que l'un des électrodes mobiles recevra Ul dépôt de cui\Te en même temps que l'autre jouera le rôle d"é lectmiîe suluble et diminuera de poids. Le Qéuu de la balance s'inclinera donc lentement d'un cûLé, d'une quantité déterminée corre-spondant à un poids, fixé d'avance, de métal déposé, A ce moment il faudra enregistrer une oscillation, et. pour que l'appareil continue à fonctionner, renverser le sens du courant ofia d'intervertir les rôles des électrodes mobiles. Le cuivre déposA| sur le plus lourd pourra être redissous, et le dépôt s'elfectuera sur le plus léger. Une oscillation inverse se prorluira et sera en-
nOMPTECff AlITOMATIOUE D'EDISON.
regislrée ; puis le com-ant sera de nouveau renvi-isé, t'I ainsi de suite.
A cet cITpI. le lléau est muni d'un levier relié à l'urmalure d'uD électro-aimant, et oscillanl avec lui. Ce levier a pour rùle
Fig. 181. Compleu
é de M. Kdiei
de déterminer franchement l'oacillation el de fermer le circuit d'un second électro-aimaut. Celui-ci agît n son tour sur un second levier qui ou^xe et ferme alternativement les contact» convenables pour renverser le courant; en même temps, il fait avancer d'une dent la roue du cadran compteur.
On remarque sur la figure que M. Edison a conservé l'ancien CAdran des compteurs à gaz. Ici, comme dans tous les détails