SYSTÈME DE M. MARCEL DEPREZ
réglant ainsi son travail d'aprfes la demande. Il en est de mfeme pour les machines à gaz, qui laissent seulement entrer le gaz en proportion de leurs besoins, et tout en conservant la mAme vitesse.
D'une façon analogue, les machines dynamo-éhîctriques peuvent dépenser plus ou moins de force sans changer de vitesse ; cela dépend de l'aimantation de leurs inducteurs, aimantation qui détennine Teffort nécessaire pour les mettre en mouvement; il suffit en effet de modifier cette aimantation pour faire varier en même temps le travail produit et le travail dépensé par une machine.
M. Marcel Deprez détermine une fois pour toutes la vitesse de sa machine électrique et de sa machine motrice ; il fait varier le travail en modifiant Taimantation.
Lorsque Ton place les appareils à desservir en dérivation, une. seule condition suffit pour assurer leur indépendance ; il faut que l'état électrique aux deux bornes de la machine soit toujours le même, quel que soit le circuit extérieur. On conçoit en ell'et que si la machine peut être réglée de façon à satisfaire à cette condition, chacun des circuits sera comme s'il était seul, et par conséquent jouira d'une entière indépendance.
Dans les conditions ordinaires des machines dynamo-électriques, Tétat électrique des bornes de la machine, ce qu'on appelle la différence des potentiels en ces points, est déterminé, pour une vitesse donnée, par l'excitation des inducteurs; celleci est produite par le courant de la machine elle-même, et varie par conséquent avec les conditions du circuit. La différence de potentiel varie en même temps. Pour maintenir constante cette différence de potentiels, M. Marcel Deprez demande l'excitation des inducteurs h deux courants distincts, dont l'action s'ajoute; l'un d'eux est un courant constant fourni par une source d'électricité indépendante, soit une pile, soit une seconde machine. L'autre est le courant lui-même produit par la machine et utilisé dans le circuit extérieur. Ces deux courants parcourent deux circuits distincts, formés de fils enroulés
338 DlSTRlbUTION DE LÉLEGTRIGITÉ.
& côté Tua de Tautrc, de façon que le& deux fils voisins soient sensiblement à la même distance du noyau magnétisé. La vitesse de la machine est réglée à une valeur fixe qui résulte de sa construction.
Avec cette disposition, il existera toujours dans la machine deux forces électro-motrices: Tune, invariable, produite par le courant spécial d'excitation, et qui correspond à la résistance intérieure, également invariable, de lu machine ; Tautre, qui est produite par le courant de travail et qui augmente ou diminue en riiison inverse des variations de résistance du circuit extérieur. II en résulte que, sans faire varier la \îtesse de la machino, la (lifférence de potentiel produite par rexcitation extérieure est maintenue peimanente et invariable. La machine se règle elle-même, sans aucune autre intervention, et fournit, à chaque instant, la quantité totale d'électricité nécessaire au fonctionnement des appareils récepteurs.
Il est évident que sur de longs circuits et avec de nombreuses dérivations, la différence de potentiel ne restera pas la même sur toute la longueur d(»s conducteurs; c'est ce qui arrive dans toutes les distributions, avec Teau, avec le gaz, etc. Mais cela n'engeudre aucune difficulté : il suffit de calculer la perte de charge, afin de savoir de quelle pression on dispose sur chaque point du circuit; c'est ce que Ton peut faire également, et avec une grande précision, pour réiectricité.
Il faut remarquer que ce procédé, basé sur des théorèmes mathématiques rigoureux, permet de résoudre la question de la distribution dans les deux systèmes, cVsl-à-dire en pla(;aiit les appareils soit en séri(^ soit en dérivation. On devra, bien entendu, modifier les accouplements de la machine selon le système adopté, et, pour la distribution en série, produire Tt^xcitation des inducteurs h Taide d'une dérivation du courant principal. Mais un simple commutateur suffira pour ce changement, (»t la même machine pourra desservir alternativement, sans changr'r de vitesse, des circuits installés suivant les deux dispositions.
SVSTÉME DE M. MARCEL DEPREZ. :i:i:i
CoHinip on le comprend aîsément,'cetLe solution, reposant sur le jeu des actions i^leclriques ot non sur un organe maléiiel, est absolument gcn^-rale. Elle répond de la ftiçon la plus complète aux conditions requises; elle admet toutes les tensions et rien ne limite sa portée; enlin, elle a été confirmée par une exjié-
: 119. Disposilion ile« machines dynanio-élrctriquee pour \a < ilVIeWricité lie M, Marcel Deprej.
ricncfl décisive poursuivie pendant loiile la durée di> l'Exposition de Paris en i 881 .
Le générateur d'électricité (iig. 179) se composait d'une machine do Gramme empruntant une partie de son courant exeitateur. suivant la disposition décrite ci-dessus, au courant constant d'une autre petite machine. Les vitesses étaient de 3,000 tours pour le générateur, de 800 tours pour l'excilatiice i-lde 160 tours pour le moteur k gaz. Des pôles du générateur piu-laîent deux cflbles foniiant le circuit principal; h tous le»
;!H0 DISTRrBUTlON DE I.ÉLECTIUCITÉ.
pniiils uliles, on preimit sur ce» cAbTes, à l'aûle de deux fils, mie tlérivaiioii que l'on rouduiHail à un réœpleur quelconque, molfur électrique, lampe, ouve h galvanoplastie, elc.
Des deuS dispositions en sério et en dérivation . c'est eu effet rette dernière qui est la plus pratique el qui doit être préférée dans la grande majorité des ti-as. Tous les systèmes que nous venons de décrire l'ont adoptée. Elle exige une régulatioB moins grande, et laisse les appareils plus îndépendimts ; elle présente moins de dangers que la disposition en série, avec laquelle une faute en un point quelconque influe gravement sur tout le reste du système.
Il n'est pas besoin d'ajouter que la distribution de M. Marcel Doprez n'entraîne aucune éturlo spéciale des conducteurs,; elle s'accommode de tous les procédés, el admet toutes les dispositions utiles auxquelles l'expérience conduira. Suivant une marche logique, M. Marcel Ueprez paraît avoir voulu d'abord asseoir la solution sur des bases solides, avant de se préoccuper des points accessoires.
Le circuit faisait le tour du palais de ('I^^posïtJon ; le noinlm! total des appareils qu'il mettait en action a varié entre vingt et ' vingt-sept; ces appareils fonctionnaient d'ailleurs avec un* entière indépendance ; ils étaient fort éloignés les uns di3s autres, et les ouvriers, chargés de les conduire, travaillaient sans s'iDquiéterdecB qui se passait ailleurs. On avait placé dans ce circuit des machines à faire la tresse de métaux, des machines fi coudre, des scies à découper, des tour» à métal ; des lampes & arc volta'ique. des lampes h inc-andescence; dans des expositions pap- ticulièies, des ventilateurs, des cuves fi galvanoplastie, le XD&agraphe répétiteur de M. Carpentier. Enfin h l'extrérailé on avail installé une presse b. imprimer système Marinoni, sur laqucllB on tii'ait des numéros tlu journal la Lumifirp électrique, ot dott dessins variés. Pour les petits appareils, le moteur employ était le petit moteur maguéto-électriquc de Marcel Deprex; pour la presse c'était une petite machine de Siemens. Tout c< ensemble marchait avec une complète régularilé et une iudi
COMPTEURS DK COURANTS.
pi'ndanco absolue. Gomme tout le monde pouvait le constater, la machine à gaz (conduisant le générateur d'électricité montrait, par la variation de sa dépense, que le travail fourni était constamment réglé d'après le travail utilisé sur le parcours du circuit. L'expérience réunissait donc toutes les conditions nécessaires H doit être considérée comme absolument concluante. Au reste, les considérations sur lesquelles M. Marcel Deprez appuie son système sont tellement claires et rigoureuses, (jue ce premier succès n'a jamais semblé douteux. Il en sera de même des grandes expériences qui vont être prochainement réalisées, et qui achèveront la démonstration pratique du système.
Dès aujourd'hui on peut considérer comme acquise cette belle solution d'un problème iiussi difficile qu'important. Elle est d'ailleurs complète, puisque, indépendamment de ses études sur la distribution, M. Deprez a exécuté, sur le transport de la force par l'électricité, des travaux qui ont élucidé cette question encore un peu obscure et en ont montré les vraies conditions. Il ne sera domî pas impossible d'essayer bientôt l'utilisation des forces naturelles jusqu'ici perdues, comme les chutes d'eau inaccessibles ou placées trop loin des centres d'ac^livilé. Alors la division extrême do la lumière, si coûteuse dans les autres conditions, deviendra économiquement réalisable, la force employée étant h bas prix. Mais ce ne sera qu'une faible partie des avantages obtenus, et chacun voit tout ce qu'il y a de conséquences dans c(»tte expression « l'électricité à domicile » : c'est à la fois la lumière, la force, le travail chimique, mis à la portée de chacun, par fractions aussi pcîtites (ju'on le voudra, sans autre difficulté que de tourner une clef. On peut dès maintenant considérer le fait comme acquis et en attendre avec confiance le vaste (»t prochain développement.
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