‹ La lumière électrique, son histoire, sa production et son emploi dans l'éclairage public ou privé, les phares, les théatres, l'industrie, les travaux publics, les opérations militaires et maritimesChapitre 138 sur 183 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

LKS PlIAUES A l'ÉLECTUICITK

C'est dans les phares que la lumière électrique a trouvésa première application séri«»use. Les intensités lumineuses, qu'elle peut atteindre devaient en effet permettre d'augmenter considérablement la portée des f(Mix, non pas la portée ordinaire par l(»s l(;mps clairs, — celle-ci était atteinte déjà depuis longtemps par les lampes puissantes en usage», — mais la portée par les temps de brume. Contn» les brumes, on n'a, en effet, d'autre ressource que d'augmenter le plus possible l'éclat du fover, (ît souvent encore cette ressource (îst insuffisante.

Aujourd'hui <pn» la vapeur a nmdn hîs voyages si fréquents et si faciles, il est peu de persomies qui ne sachent ce que c'est qu'un phare et (jui n'ait regardé le soir, av(îc intérêt, ces brillantes étoiles que l'homme allume le long des côtes et sur les récifs pour avertir au loin les navigateurs, leur indiquer la position où ils se trouvtînt, et les guider jusque dans l'intérieur des ports. Mais cette connaissanctî ne va généralement pas beaucoup plus loin, et nous ne croyons pas inutile d'y ajouter quelques explications, pour mieux faire comprendre le progrès que représente l'emploi de la lumière électrique dans un service aussi important.

L'origine des phares remonte à l'origine de la navigation,.

doiil ils sont les auxiliaires indispensables. Homi^re décrit déjà dans {'Iliade Teniploi de feux allumé» pendant la nuit sur le» rochers pour diriger les galfires des Grera; mais lo premier phare proprement dit est celui qui fut élevé par un roi d'Lgj-pta 300 ans avant l'èro chrétienne, en face du port d'Alexandrie, dans une Sle appelée Pliaros, d'où vient sans doute le nom qui leur a été donné. C'était une tour en maçonnerie de c«Dt brasses de hauteur, au sommet de laquelle on enlrctcoail na énorme feu de l)oi8. Cet éclairage primitif resta encore longtemps II! seul employé ; on lui substitua quelquefois l'emploi de grosses lampes à huile, avec mèche plongeante, h-s seules r odnuea h cette époque. En 1727, sous Louis XIV, on était encore réduit b renouveler par une grille en fer, l'ancienne maçonuerie calcinée de la tour de Cordouun, élevée à l'embouchure rie li. Gironde, pour y entretenir un feu où le charbon de torrc commença à remplacer le bois comme combustible.

On avait bien essayé d'employer des lampes avec réflecteur»,' et un appareil composé da 80 bimpes avait été instuUé en \19% sur cette même tour de Cordouan; mais il était très imparfait,! et les navigateurs avaient instamment réclamé qti'on en revint (i l'ancien foyer de charbon, Les premiers perfectionnement sérieux datent de l'invention de la lampe à double courant: d'air d'Argant et de c^'lle des miroirs paraboliques par un ingénieur français nommé Teulère. Dès l'année 1793, on eu profil ]iOur composer un appareil formé de 3 groupes de h lampeï chacun; ces groupes étaient espacés de façon à diviser la cir^ conférence en trois parties égales, et supportés par une armature à laquelle une machine à balancier faisait faire un tour i six minutes. On obtenait ainsi de deux en deux minutes dei éclats successifs très brillants qui duraient dix secondes. C'élall donc un progrès considérable, et toutes les puissances mart; times s'empressèrent do l'adopter.

Ces appareils sont ceux que l'on appelle catoptriqtte parce que la condensation des rayons lumineux émanés i foyer est obtenue par la simple réflexion de ces ravons

Page 1