L'ÉCLAIRAGE DES CUIRASSÉS
que les navires, animés de vitesses sans cesse croissantQ3, s'aperçoivent de loin pour s'éviter. On ne peut tarder plus longtemps à reconnaître que la lumière électrique seule permet d'atteindre ce résultat dans les temps de brume, si fréquents justement dans TAllantique Nord.
Venue ù Téclairage électrique plus timidement et plus tard que la marine commerciale, la marine militaire française lui est restée beaucoup plus fidèle. Les expériences faites en 1877 sur le Suffren et le Richelieu ont amené très vite la généralisation des appareils de projection, à la fois comme moyen d'éclairage nautitpie et de défense. Mais, aux projecteurs lenticulaires d'abord employés, on substitua dès Tannée suivante les projecteurs du colonel Mangin, inventés pour l'armée de terre, et la marine en posséda bientôt à elle seule une centaine d'exemjdaires.
A bord du Suffren et du Richelieu^ on n'avait installé qu'un seul projecteur, placé sur la passerelle du commandant et roulant de bâbord à tribord sur des rails spéciaux, de manière h explorer à volonté chaque côté du navire. Aujourd'hui on u r«»connu la nécessité d'éclairer au besoin les deux côtés en mém(» temps.
Les grands cuirassés et les croiseurs doivent donc mainl(*nant. posséder chacun deux projecteurs installés à bâbord et à tribord, aux extrémités de la passerelle du commandant ou un p(îu au-d(^ssus. Mais il n'y a qu'un seul générateur électrique , une machine Gramme, dont le courant peut alimenter l'un ou Taulre des projecteurs, par le jeu d'un commutateur placé sous la main du commandant ou de roflicier de quart. Si rapide que soit celte manœuvre, il vaut mieux avoir deux machines pour que l'éclairage des deux côtés soit réellement simultané. C'est ce qui existe dans les marines militaires des autres i)ays, notamment celles de l'Anglcîlerre, de l'Autriche, du Danemark et de l'Italie : les deux machines Gramme dont on dispose sont alors installées de manière à pouvoir au besoin