‹ La lumière électrique, son histoire, sa production et son emploi dans l'éclairage public ou privé, les phares, les théatres, l'industrie, les travaux publics, les opérations militaires et maritimesChapitre 158 sur 183 · ÉCLAIRAGE DES TORPILLEURS · texte numérisé non relu

ÉCLAIRAGE DES TORPILLEURS

gros navires qui viendraient Tattaquer. Les chaloupes, basses, peintes en couleurs foncées, échappaient plus longtemps à la vue, qui les atteitt:nait cependant au delà de i kilomètres (1,000 sagènes). Les appareils allemands, installés dans les autres ports, avaient une portée plus petite d'un tiers.

Si grande que soit leur puissance, les projecteurs électriques ne suffiraient peut-être pas à défendre les vaisseaux cuirassés contre Tattaque des bateaux torpilhîurs. Ceux-ci sont, en effet, fort habiles à se dissimuler sous une teinte noire générale qui recouvre même la figure des matelots, car on la voile de noir connue le reste. Dans ces conditions, c'est tout au plus si le lori)illeur est aperçu à 500 mètres de distance, et il est tléjà bien tard alors pour réussir à le couler. Le meilleur moyen d'écarter le danger, c'est de faire garder les vaisseaux au loin par <b»s canots à vapeur, qui suneillent tous les bords comme le f(»raient des factionnaires autour d'un camp.

Mais, pour exercer partout cette surveillance, les canots ont besoin aussi de projecteurs électriques, et ils ne peuvent en prendre (jue de légers. On en a donc établi pour eux de tout petits (30 centimètres de diamètre^ qui j)èsent seulement 11)0 kilogr. avec leui^s accessoires. La machine (Iramme qui les alimente peut être aclionné(^ au besoin par quatre homnn»s sans aucuti mnt(»ur à vapeur: mais il est bien entendu qu'on a tout de mr»me une» machine Brolherhood.

Malgré leurs dimensions réduites, ces appareils ont encon» une grande [luissance, car leur portée s'étend jusqu'à iî kilomètres quand il n'y a pas de brume. ]\ous parlons, bien entendu, <le la portée pour les objets ordinaires, de couleurs claires et d'assez grosses dimensions. Les bateaux torpilhîurs jieinls en noir ne seraient aj^erçus qu'à quelques centaines de nu»tn»s. Du reste, les bateaux torpilleurs eux-mêmes sont munis d'une installation analogue, qui ne coûte pas loin de 6.000 francs.

Les avisos et les canonnières ont des appareils plus puissants qui coûtent près de 10,000 francs, et il arrive même

4i6 TÉLÉGRAPHIE OPTIQUE.

sait que, dans la télégraphie ordinaire, Talphabet Morse exprime toutes les lettres de Talphabet h Taide de points et de traits diversement combinés. La télégraphie optique emploie les mêmes signaux; mais au lieu de les tracer sur du papier, elle les écrit dans Tair avec de la lumière : les points sont des éclats instantanés, les traits, des jets lumineux d'une certaine durée. On voit qu'il y a là un mécanisme analogue aux signaux des phares. Il fonctionne très bien avec des lampes à pétrole. Mais, quand hi sounte lumineuse est plus intense, la portée augmente naturellement en proportion, ce qui (»st important, surtout en temps d(î brume. C'est là ce que la lumière électrique présente de particulier dans cette apjilication. (]omme on n'a pas besoin alors d'une grande quantité de lumière, on se contente gén(> ralement dans Tarmée de terre d'une machine Gramme très légère, actionnée par quatre hommes qui font tourner une manivelle comme celle d'une pompe rotative.

Grâce aux travaux du eolonel Laussedat, aujourd'hui directeur du Conservatoire des Arts et Métiers de Paris, travaux continués ensuite par le colonel Mangiu, la télégraphie optique fonctionne aujourd'hui très bien en France, lille a permis notamment, pendant les campagnes du Sud Oranais et Av Tunisie, d'envoyer à Paris (mi quelques heures les nouvelles des colonnes militaires lancées au fond du Sahara à plusicuirs ci»ntaines de kilomètres d(^ tout poste tél«''graphique. Avec ce système, une» i)lace assiégée, comme l'était Paris en 1870. pourra souvent correspondre au-dessus d(; la tète des assaillants et sans craindre aucune indiscrétion. Dans un pays comme le Sahara algérien, son importance vsl plus grande encore, jmisqu'il suffira d'occuper au loin un certain nombre de postes bien forliliés, pour être averti ^uvsque instantanément de ce» qui se passes à l'exlrême limite de noti*e domination, sans avoir à tenter la tâche impossible de surveiller un fil télégraphique dans le désert.

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