‹ La lumière électrique, son histoire, sa production et son emploi dans l'éclairage public ou privé, les phares, les théatres, l'industrie, les travaux publics, les opérations militaires et maritimesChapitre 159 sur 183 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

LA LIMIÈUE ÉLECTUIQUE AU THÉATKE

Bien que la lumièri» i»leclrique ait trouvé dans les phares sa première application industrielles important!», c'est autre part, au théâtre, qu'elle a fait ses débuts dans la vie pratique, on peut même dire dans la vie industrielle, car elle n'y fonctionnait pas gratuitement. C'est, paraît-il, dans une féerie intitulée les Pommes de terre malades (qu'elle fit sa première apparition devant le public français ; mais nous ignorons le rôle ([u'elle y jouait.

Un peu plus tard, il y a bien longtemps déjà, en 1846. elle se produisit d'uncî manière éclatante à Paris dans le fameux opéra du Prophète, où (die était chargée de représenter le soleil levant. Sa supériorité fut si évidente et son succès si acclamé, qu'elle s'imposa désormais à tous les théâtres importants. L'effet de soleil levant était obtenu d'ailleurs d'une manière très simple avec une lampe électrique à régulateur placée au foyer d'un réflecteur parabolique (fig. 192), qui rendait tous les rayons parallèles et lançait ainsi un faisceau lumineux cylindrique sur im écran de soie, où il ])roduisait l'image d'un disque parfait. L'appareil s'élevait derrière des toiles convenablement disposées pour dissimuler son mouvement au public, et produisait ainsi l'illusion complète d'un lever de soleil.

C'est M. J. Duboscq, le collaborateur de Foucault, qui avait conduit les premiers pas de la lumière électrique sur la scène du

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Grand Opéra de Paris. En 1855, il fui définilîvpment rhargw (l'uu fiei'vice permanent qu'il dirige encore aujourd'hui, t^l. ânq , ans plus tard, lors de la reprise de l'opéra de Moïse, il produis sait pour la première fois un arc-en-ciel véritable.

On sait le rôle important que joue l'arc-en-ciel dans cet opéra, au moment où los flols de la mer Rouge referment derrière lea U/'Iireux pour «ngloulirl'annêe du Pharaon t]iii les poursuivait.

Jusquo-lîi on liguniit l'arc-en-ciel par des Imiides do papier t loré, étendues sur la loile gros bleu qui figurait au fond du la scène le ciel de l'Égj-ple. Pour le rendi'tf visible au moment voulu, ou allumail pai- derrière do gnis lampions i]ui avaient, beaucoup dn peine à fournir une lumière sensiblement supérieure h celle de la scène., Il fallait donc, pour faire ressortir raroen-ciel, baisser l'éclairage général comme si la nuit venait sur la scène. Le mirado devenait alors vraiment trop fort, même pour l'époque élojgnéa à laquelle on le plaçait, puisqu'on voyait l'arc-en-ciel apparaltro' ■en pleine nuit, devant des spectateurs sachant tous fort bien, -qu'il est produit par la décomposition des rayons du soleil.

La lumière électrique fournit à M. J. Duboscxj le moyen' de faire naître [un arc-en-ciel assez éclatant pour Mre aperçu eu plein éclairage de la scène, et, qui plus est, un véritable arc-en-ciel, obtenu par les mêmes procédés que dans la nature

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