STAITE. — LACASSAGNE HT THIERS
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Elle n'était poiot restée tout h fait iuiiperçue en France , ut on en avait même parlé à l'Académie des sciences de Paris au commencomenl de 184fl. Deux Lyonnais, MM. J.Lacassagne et Rodolphe Thicrs, reprirent la question peu apri-s la mort de StJiite. Ils Tu-ent breveter, au commencement de l'année 1855, un nouveau système de régulateur, dans lequel le charbon vollaîquo reposait sur une colonne de mercure qui le soulevait, au fur et <l mesure de sa combustiou, k l'aide d'un mécanisme spécial.
Les premières expériences publiques curent lieu k Lyon, au mois de juin 1838, sur le quai des Célcstins. et les journaux de l'époque ne montrèrent pas moius d'admiration que ne l'avait tait le Timps six uns aupai'avunt pour le système do Staite. Lo quai tout entier était inondé, disait-on, d'une lumière fulgurante qui permettait de lire à une distance do 450 mètres du foyer lumineux, et les oiseaux eux-mêmes, croyant le jour déjà revenu, quittèrent leurs nids sous tes combles pour venir battre de l'aile dans les rayons du nouveau soleil. {Sahit Public.)
Le mois suivant, les expérionees étaient répétées à Paris.au château Beaujon, chez le fameux peintre de marine Théodore Gudin. Les comptes rendus ne sont pas moins enthousiastes; ils nous apprennent notamment que les dames conviées k l'expérience ont dû ouvrir leurs ombrelles pour se garantir contre les ardeurs de l'astre mystérieux. [Gazette rfei-VflHce du 5 juillet 1855.) On cherche h intéresser l'empereur i'i une invention aussi merveilleuse, et on OTgauise dans ce but, au mois d'octobre 1856, une gi'ande démonstration eu haut de l'arc de triomphe de l'Étoile : l'avenue des Champs-Elysées fut éclairée ainsi pendant quatre heures.
Celte année 1856 vit du reste les expériences se multiplier beaucoup à Paris et à Lyon , notamment k l'Alcazar, au Jardin d'Hiver, à l'observatoire de Fourvières, olc. Au commencement de 1857. MM, Lacassagne et R. Thiers tentent l'éclairage permanent de la rue Impériale k Lyon avec deux foyers seulement, et au mois de mars on e.\écute des e.xpériences h. Toulon, en vue du service des phares et de l'éclairage du port.
30 HISTOIRE DE LÉCLAIRAIIE.
Puis l'affaire tombe peu k peu dans l'oubli, et on n'en parlait J plus guère en 1860. Il y eut cepeudant pendant c6tto période 1 quelques grands éclairages électriques ; mais ils furctit exécutés J avec le régulateur de M, Sonin, inventé en 1859. Il faut citerT particulièrement l'éclairage des ardoisiëres d'Angers en 1863, j et surtout l'éclairage des travaux du cbemin de fer du Nord del l'Espagne dans la travei'sée da la Guadarrama, qui dura prè^fl de dix mille lieures ; jmis relui des chnnliers de démolitioQ del la Samaritaine, et de diverses fêtes publiques.
Le principal obstacle résidait alors dans l'insuffisance AviM moyens de production de l'électricité. L:l machine magnitoélectrique de Nollcl. simplifiée par Van Maldcren, vînt bieutOL-l le faire disparaître. Cette machine, connue en France soUs Iftff nom de la Société l'Alliance, permit, dès 1863, d'éclairer iM l'éieclricité le grand pbarc de la Ubve, près du HavTe, puial bientôt après celui d'Odessa et plusieurs autres. En 1866, ellov entre ditns un nouvel urdre d'applications, l'éclairage élertriquQ'l des navires, organisé pour la première fois sur le yacht duJ prince Napuléuu, fe P rince- Je rôme , qui put ainsi entrer del nuit sans pilote dans le.s ports de Gibraltar, de Malte, de Con-J stantinople el de Toulnn. L'essai fut répété la même année sur ] nn des grands bateaux triuisatlantiques, le Sainl-Lnttrent.
Eulin l'invention de la machiue dynamo - (électrique de I Gramme, en 1870, mita la disposition dos ingéuieur.s une source \ d'électricité aussi puissante qu'ils pouvaient le désirer; «l s aiis plus lard, en 1876, la bougie Jabluchkoff leur donna un J foyer lumineux d'une simplicité si frappanti-, qu'il se lit accopler I tout de suite dans la pratique courante. La promiore grande J appliciilion est l'éclainige de l'avenue de l'Opéra, décidé par ] Conseil municipal de Paris à l'occasion de l'Exposition u selle de 1 878, et qui n'a pas été interrompu depuis lors (fig. 14}. J C'est là que lînil l'histoire des origines de la lumière é!cc- ] trique. Elle passe désormais du terrain des expériences à celui I de l'industrie, où elle n'avait fait jusque-lk dans noire pays qui d'assez rares apparitions, même depuis 1870.