QU'EST-CE QU'UN COURANT
corps matériels, — plus ou moins aisément, suivant la nature de ces corps, c'est-à-dire leur conductibilité -poxxv rélectricité, — et s'accumulent à leur surface. Dans un corps donné, complètement soustrait aux influences extérieures, les molécules électriques, livrées à elles-mêmes, doivent évidemment se répartir d'après un ordre quelconque qu'elles ne chercheront plus à changer; c'est ce qu'on appelle un état d'équilibre, et nous avons alors affaire à l'électricité en repos ou statique.
Mais supposez maintenant que par l'action d'une cause extérieure, cet équilibre soit détruit sur un point quelconque, par exemple que la densité des molécules électriques diminue sur ce point; il se produira ce qui se produit dans un gaz, comme l'air, je suppose; les molécules électriques des régions environnantes s'écouleront vers le point appau\Ti pour y rétablir l'équilibre; il y aura, si vous voulez, une sorte de vent électrique, pourvu, bien entendu, que les molécules électriques puissent se mouvoir dans le coi'ps où les faits se passent, c'est-à-dire que ce corps soit bon conducteur. La même chose se produira en sens inverse si la densité électrique a augmenté sur un point : il se produira encore un vent électrique dirigé de ce point trop riche vers les endroits moins bien pourvus de molécules.
C'est cette espèce de vent électrique qu'on appelle un courant. L'électricité n'est plus ici à l'état statique : elle est en mouvement : c'est l'électricité dynamique, celle de Volta, celle des piles, celle qui fournit presque toutes les applications de l'électricité, et notamment la lumière électrique.
Le courant a pour ^but de rétablir l'équilibre électrique rompu : il doit donc disparaître dès que cet équilibre est rétabli. Par conséquent, si la cause qui a détruit l'équilibre est passagère, le courant aura une durée très courte : ce sera une simple décharge. Mais il en sera tout autrement si cette cause est permanente ou du moins très prolongée, par exemple si l'excédent de densité des molécules électriques sur un point se maintient malgré l'écoulement de cet excédent sur les points voisins. Il se forme alors un courant contifiu^ un véritable courant tout à fait
36 COMMENT NAIT LA Lt'UlËRE ÉLECTRIQLE.
comparable k un ruisseau qui prendrait sa source a l'endroit où ta densité »e maintient toujours en excë». à ta soarro électrique peut-on dire hai'diment, puisque c'est là que s'alimente le courant de moléculfis électriques.
L'eau courante, pour former un ruisseau ou un fleuve, doit se concentrer dans un lit qui fixe sa direction et la rend sensible. Il en ont de mi^mo pour le courant électrique, qui doit $ui>Te on conducteur do Torme allongée r«mme un lil. pour produire des «Ifets bien visibles. Comme il a pour but etpour résultat de ré? tablir l'équilibre diHrult dans l'ensemble du système conducteur, il fnut que le» denic extrémités libres soient réunies de manière k former un circuit complet, d'une forme quelconque, — car il Itéra souvent formé d'un fil tout à fait flexible, — mais qu'on pourra cepenilant se Rgurer comme un cercle pour la conception du phénomène.
L'analogie a%'cc le ruisseau paraît ici en défaut, car les fleuves n'ont pas l'uir d'élro des circuits fermés ; ils tombent dans les mers on les océans, qui forment relativement â eux un réservoir indélini. Cependant, si grand qu'il soit, ce réservoir finirait par déborder ni la chaleur du soleil ne vaporisait l'eau de la mer et nii la [lompait nous forme de nuages qui se résolvent ensuite on pluies, lesquelles pluies alimentent les sources des fleuves ou des rivilfre». C'est par là que se ferme le circuit, aussi complet, on le voit, que dans un courant électrique, et. là aussi, le courant it'arrôtfirail si la mer ne se vaporisait pas de manière k couHorver une place libre pour l'écoulement de l'eau des fleuves ; cor, dan» ce cub, les sources tariraient faute de pluie.
Hi 1(1 circuit n'était pas fermé, c'est-à-dire complet, le courant arrivé h Toxlrémité opposée k lu source ne trouverait plus de moyen d'écoulement; on aurait l'effet d'un barrage, et les mo- JécnluA électriques «'acciimuleraieDt à cette extrémité. La puis- Haiico avec laquelle elle» tendraient à s'en échapper est désignée |Mir l'expresnion de Potentiel.
ToiitOM loH fois quii l'équilibre des molécules électriques est déU'uit dans un corps conducteur, autrement dit qu'il s'établit
QUANTITÉ. — TKNSION. — INTENSITÉ. ^7
entre deux points du circuit une différence de poteiitieJ, il se produit nécessairement un courant électrique. La force quelconque qui vient détruire cet équilibre est donc la vraie rause du courant : on l'appelle, d'une manière générale, force électromotrice; mais sa nature particulière peut varier beaucoup.
Le courant a deux propriétés distinctes : la quantité et la ten— lion, propriétés qui jouent un rôle tout différent dans les divers appareils électriques et dont il faut bien se rendre compte, si l'on .■veut comprendre les phénomènes qui accompagnent la production de la lumière électrique.
Les molécules électriques qui sont mises en mouvement par -la force- électro-motricfi ne sont pas sans rencontrer sur leur cbemiu un certain nombre de résistances, et il faut, pour qu'elles puissent les surmonter, que celle même force élccti-o-motricc dépense une partie de son énergie à leur donner une impulsion Buflisante. C'est l'élat dans lequel elles se trouvent quand elles obéissent à cette impulsion que l'on nomme lu tension.
n en résulte que la quantité de molécules mises en mouvelent par une même fore* électro-motrice augmente ou diminue 4n raison inverse des résistances qui s'opposent h leur mouvcent, ou, ce qui revient au même, de la tension qu'elles doivent |iosséder.
Le résultat final, c'est-à-dire la quantité de molécules en aouvement avec une tension déterminée, s'appelle l'intensité lu courant, intensité que Ohm a pu représenter par le rapport olre la force électro-motrice et la résistance, puisqu'on effet intensité d'un courant ne dépend pas seulement de l'énergie le la force électro-motrice , mais qu'elle dépend aussi de la résistance du circuit dans lequel ce courant so développe.
Il faut dans tous les cas un certain minimum de tension pour .^ue lu courant s'établisse. Ce minimum dépend des obstacles qne le courant rencontre devant lui. Si le circuit était complèlement fermé et constitué par une substance d'une conductibilité parfaite, n'offrant aucune résistance au passage des molécules électriques, ces obstacles seraient nuls et une tension in-