LA LAMPE SWAN
En racontant plus haut l'histoire de l'incandescence, nous avons indiqué recueil sur lequel échouaient les premières lampes à fil de charbon inventées de 1873 à 1876 par des savants russes. Le fil de charbon, qu'il fallait tailler très menu pour étrangler le courant, s'amincissait vers son milieu par Faction même de ce courant et cassait fort vite. C'est à la découverte d'un fil incassable que les inventeurs consacraient tous leurs efforts, et c'est
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L'INCANDESCENCE DANS LE VlUfc;.
même dans les incidents de ces laborieuses rechorcbes que la lampe d'incandescence à l'air libre fut inventée en France par M. Rcynier.
Parmi ceux qui étudiaient le même problème en Angleterre, se trouvait un commerçant de Newcasfie, connu par quelque» bons U-avaux de chimie, M. Swân. Il avait essayé déjà, une quinzaine d'années auparavant, de construire une liimpe par incandescence avec une petite spirale de carton carbonisé qu'il plaçait, entre deux blocs decharbon, à l'intérieur d'un tubo de verre où il avait fait le vide en pompant l'air avec les moyens peu perfectionnés dont on disposait alors. Le charbon rougissait, mais sans s'élever jusqu'à la chaleur blanche qui, seule, pouvait en faire une vraie source lumineuse, et cnroiv ne lardiiit-il pas à se désagréger, en lançant sur les pai-ois du tube en verre des vapeurs charbonneuses qui l'obscurcissaient bientôt.
La principale cause do cet insuccès résidait dans l'imperfection du vide obtenu.Maisen 1877, les mer\'oilleuses expériences de M. Croolies sur la lumière dans le vide montrèrent qu'on pouvait obtenir des résultats beaucoup plus efficaces avec la pompo à mercure do Sprengel. M. Swan reprit alors ses études, en collaboration avec M. Stearn, de Birkcnhead, à peu près en même temps que M. Edison s'attaquait au même problème eu Amérique, avec l'énergie que les Yankees apportent en toutes choses.
Grâce à la pompe de Sprengel, le vide était meilleur et la lampe marchait moins mal, sans marcher encore très bien, car le charbon continuait à se désagréger fort vite.
Nous avons vu que cela tenait à ce que le charbon, comme la plupart des corps, et même plus que les autres, conser\'aît dans ses porcs une assez grande quantité d'air et d'autres gaz, que l'ébranlement, produit pai- le passage du courant, mettait peu à peu en liberté. Il en résultait un double inconvénient : d'abord le vide était altéré, puis la cohésion du charbon était détruite par ces bouillonnements gazeux intérieurs.
Le remède était tout indiqué : c'était de porter le charbon à