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CHAPITRE VI

ANALYSE DE LA LUMIÈRE

g 1. — Décomposition et recomposition de la lumière blanche.

La lumière que les physiciens prennent pour type de toutes les autres au .point de vue de la couleur, est celle du Soleil.

La lumière du Soleil est blanche. Une expérience bien simple permet de le constater. Si, dans l’intérieur de la chambre obscure, on reçoit directement sur un écran de papier blanc la lumière solaire, après qu’elle a passé par un trou percé dans le volet, l’image du Soleil sur le papier sera, comme on le sait, une tache ronde et blanche. Hors de la chambre obscure, l’expérience ne serait pas concluante, parce que le papier pourrait recevoir, outre les rayons solaires, les rayons réfléchis à la surface d’autres corps diversement colorés.

Mais cette lumière blanche n’est pas simple. C’est un composé d’une multitude de couleurs ou de nuances qui sont elles-mêmes autant dé couleurs

simples. Ce résultat a été mis hors de doute par une suite d’expériences qu’on a variées sous toutes les formes, mais qui la plupart sont dues à Newton. Indiquons les plus concluantes.

On place sur la route des rayons solaires (fig. 41),

Fig. 41. — Décomposition de la lumière par le prisme. Spectre solaire.

après leur passage par le trou rond du volet de la chambre obscure, un prisme triangulaire en flintglass, par exemple, de manière que ses arêtes soient placées horizontalement et que le faisceau lumineux pénètre obliquement par l’une des faces. Alors, on aperçoit sur l’écran, au lieu de l’image ronde et

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blanche du Soleil, et aune certaine distance au-dessus du point où elle se formait avant l’interposition du prisme, une bande allongée lumineuse, formée d’une suite de couleurs extrêmement vives : c’est cette bande qu’on nomme le spectre solane.

Voici dans quel ordre s’y succèdent les couleurs, quand le prisme a sa base tournée vers le haut; l’ordre serait inverse si cette base était tournée vers le plancher de la chambre obscure :

A l’extrémité inférieure du spectre est un rouge brillant, vif et plein, auquel succède une teinte orangée et, par gradations insensibles, un magnifique jaune-paille. Vient ensuite un vert d’une pureté et d’une intensité remarquables, puis une teinte bleu-verdàtre, et après, une couleur bleüe prononcée qui se fonce jusqu’à l’indigo. Après l’indigo, vient le violet, dont la nuance livide termine le spectre.

Ainsi un rayon de lumière blanche est bien , comme nous l’avons annoncé, la réunion d’une série de rayons colorés dont nous venons seulement de nommer les principaux; car la dégradation d’une couleur à la suivante se fait d’une manière insensible, et il n’y a pas, de l’une à l’autre, de changement brusque de nuance, ni de solution de continuité.

Tel est le phénomène de la décomposition ou analyse de la lumière, qu’on nomme aussi la dispersion des rayons colorés.

Cette dispersion de la lumière blanche par réfraction se manifeste à nous tous les jours par nombre

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