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CHALEUR ET LUMIÈRE ÉLECTRIQUES

l’on évite que leur union actuelle se fasse spontanément ; mais, dès qu’on unit les deux extrémités par deux gros fils de cuivre, l’attraction est satisfaite, l’oxygène s’unit avec le métal, le zinc est consumé, et la chaleur, comme de coutume, est le résultat de cette combustion. Une puissance que, par défaut d’un meilleur nom, nous appellerons un courant électrique, passe en môme temps à travers le fil. Coupons le gros fil de cuivre en deux, et unissons les extrémités séparées par un fil fin. Ce fil s’échauffe et brille d’une lumière blanche. D’où vient cette chaleur ? La question est très-digne de réponse. Supposons en premier lieu cjue l’on emploie le gros fil, et qu’on laisse l’action se continuer jusqu’à ce que too grammes soient consumés; la quantité de chaleur engendrée dans la pile peut être exprimée numériquement d’une manière exacte. Laissons l’action se continuer encore, mais avec le fil fin, jusqu’à ce que 100 grammes de zinc soient de nouveau consumés. La quantité de chaleur engendrée dans la pile est-elle la même qu’auparavant ? Non, elle sera moindre précisément de la quantité engendrée dans le fil fin, en dehors de la pile. De fait, en ajoutant la chaleur interne à la chaleur externe, nous obtenons pour la combustion de 100 grammes de zinc un total qui ne varie jamais. Nous avons ici un bel exemple de la loi de la constance qui préside aux énergies naturelles, loi dont la confirmation a été le plus beau couronnement de la philosophie scientifique moderne. Par cet arrangement, nous sommes donc capables de brûler notre zinc à distance. Nous pouvons, par exemple, avoir à New-York notre grille et notre combustible ; la chaleur et la lumière de notre feu peuvent n’apparaître qu’à San-Francisco.

Détachant le fil fin, et attachant aux extrémités séparées des gros fils des bâtons de charbon de cornue, nous faisons

naître, en amenant les bâtons au contact, comme le montre la jig. i, une petite étoile très-brillante. Cela posé, la lumière employée dans nos leçons n’est qu’une exagération de cette étoile. Au lieu d etre produite par dix auges ou dix éléments, elle est produite par cinquante. Placée au

Fi£. I.

sein dune chambre ou lanterne convenable, transmise à travers des lentilles appropriées, cette source puissante nous fournira toute la lumière nécessaire à nos expériences.

Et ici, en passant, je me souviens de l’illusion commune que les œuvres de la nature, l’œil humain compris, sont théoriquement parfaites. L œil a marche pendant de longs âges vers la perfection, mais il se peut qu’il ait encore devant lui de longs âges de perfectionnement à parcourir. Quand je regarde la lumière éblouissante de notre grande pile, je vois un globe lumineux, mais je ne puis pas voir du tout la forme des pointes de charbon de cornue d’où la lumière émane. Nous pouvons faire saisir clairement la cause de cet elfet. Sur 1 écran dressé devant vous se projette l’image des pointes de charbon, la surface entière de la lentille

l’œil. — propagation rectiligne de la lumière. 9

fixée à la face antérieure de la lanterne servant à former l’image ; elle n’est pas nette, elle est encore entourée d’un halo qui fait presque disparaître les charbons ; cela vient de l’imperfection de la lentille, appelée aberration de sphéricité et due à ce fait, que les rayons de la circonférence et du centre n’ont pas le même foyer. L’œil humain est sujet à un défaut semblable. Par cette cause et d’autres encore, il arrive que, si avec l’œil nu on regarde la lumière de cinquante éléments, la tache lumineuse projetée sur la rétine suffit à empêcher que l’image des pointes de charbon soit nettement définie. O11 pourrait, en réalité, dresser contre l’œil une longue liste d’accusations : son opacité, son défaut de symétrie, son manque d’achromatisme, sa cécité absolue ou partielle. Toutes ces raisons prises ensemble amenèrent Helmholtz à dire que, si un opticien lui livrait un instrument aussi plein de défauts, il se croirait autorisé à le renvoyer avec les reproches les plus sévères. Mais l’œil 11e doit pas être jugé seulement au point de vue de la théorie; il n’est pas parfait, je l’ai déjà dit, mais il est en voie de perfection. Comme instrument pratique, et en faisant entrer en ligne de compte les accommodements par lesquels ses défauts sont neutralisés, il n’en reste pas moins une merveille pour tout esprit capable de réflexion.

Les anciens, nous l’avons dit, connaissaient la propagation rectiligne de la lumière; ils savaient qu’un corps opaque, placé entre l’œil et un point lumineux, interceptait la lumière de ce point. Il est possible que les termes rayons et faisceaux aient été suggérés par ces raies lumineuses rectilignes, qui, dans certains états de l’atmosphère, dardent du Soleil à son lever et à son coucher. La propagation en ligne droite de la lumière peut être expérimentalement montrée chez soi, en permettant à la lumière solaire d’entrer

par un petit trou percé dans le volet d’une fenêtre, au sein d’une cliambre dans laquelle on a dégagé un peu de fumée. Dans l’air pur vous ne pouvez pas voir le rayon 5 mais dans la fumée vous le pouvez, parce que la lumière qui passe invisible à travers l’air est diffusée et révélée par les particules de fumée à travers lesquelles le rayon poursuit sa course en ligne droite.

Vous pouvez aussi procéder de cette manière : faites un petit trou dans le volet fermé d’une fenêtre, en face de laquelle se dresse un arbre ou une maison, et placez dans la cliambre obscure, à quelque distance du trou, un écran blanc } chaque rayon rectiligne venu de la maison ou de l’arbre imprimera sa couleur sur l’écran, et l’ensemble de ces rayons sera, par conséquent, une image de l’objet. Mais, comme les rayons se croisent l’un l’autre à l’orifice, l’image sera renversée. Nous pouvons, ici, élucider et développer cette question de la manière suivante : en avant de notre lanterne se trouve une large ouverture dont nous avons enlevé la lentille L (Jig- 2), et qui est

Fig. 2.

actuellement fermée par une feuille d’étain. Perçant, à l’aide d’une simple aiguille à coudre, un petit trou dans la

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