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EXPÉRIENCES DE BIOT

je passe un chiffon de laine humide; vous entendez un son aigu dû aux vibrations du verre. Quelle est la condition de ce verre pendant qu’il fait entendre le son ? Celle-ci : ses deux moitiés s’allongent et se raccourcissent dans une succession rapide; mais, au centre, les pulsations des deux extrémités se rapprochent et s’éloignent alternativement. Entre ces deux actions opposées, le verre, au centre, est

Fis. 4L

maintenu en repos; mais, d’un autre côté, il est alternativement étiré et comprimé. L’état de ce verre peut être mis en évidence par une succession de taches et de lumières, comme la propagation d’une impulsion sonore a été mise en évidence dans notre seconde Leçon. Par un simple arrangement mécanique, on fait que les taches soient animées d’un mouvement de va-et-vient : les points extrêmes ont les plus grandes amplitudes de vibration ; tandis que les points du centre sont alternativement rapprochés et écartés les uns des autres, le centre restant tout à fait au repos. AB [Jig. 44) représente le rectangle de verre avec son

centre condensé 5 A'B' représente ce même rectangle avec son centre raréfié. Les extrémités de la bande ne subissent ni condensation ni raréfaction.

Si nous introduisons la bande de verre SS (fig. 45) entre les prismes de Nicol croisés, en prenant soin de la rendre oblique aux directions de vibration des Niçois, et que nous frottions le verre avec notre drap humide, nous

Fig- 45.

pouvons espérer voir se produire cet effet. A chaque instant de compression la lumière brillera à travers le verre, à chaque instant de traction la lumière brillera encore, et tous ces états de traction et de pression se succéderont avec tant de rapidité, que nous pouvons croire qu’il en résultera pour notre œil une impression lumineuse permanente. Nous arrivons, par conséquent, par le simple raisonnement, à cette conclusion, que la lumière sera revivifiée aussi longtemps que le verre résonnera. L’expérience constate qu’il en est ainsi : à chaque glissement du frotteur, un

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