POLARISATION CIRCULAIRE
disque lumineux délicat o brille sur l’écran. On peut modifier l’expérience de cette manière. Plaçons en avant du polariseur une plaque de verre trempé} nous avons une série de beaux anneaux colorés, inter sectés par une croix noire. Chaque passage du frotteur non-seulement efface les anneaux, mais introduit un anneau complémentaire, la croix noire se trouvant supplantée pour un moment par une croix blanche. C’est une modification de la brillante expérience que nous devons à M. Biot. Mais son appareil ne montrait le phénomène qu’à un seul observateur.
Nous avons maintenant à suivre l’étlier jusque dans ses recoins les plus cachés. Vous voyez suspendu devant vous un pendule qui, lorsqu’il est soulevé d’un côté et mis en liberté, oscille animé d’un mouvement de va-et-vient. Si, lorsque le pendule passe au milieu de sa course, je lui imprime une impulsion tendant à le faire aller à angle droit de sa première course, qu’arrivera-t-il ? Les deux impulsions se composeront en une vibration unique oblique à la direction de la première, mais le pendule continuera à osciller dans un plan. Si, au contraire, on imprime l’impulsion rectangulaire au pendule, quand il est à la limite de son excursion, les deux impulsions composantes feront que la boule suspendue décrira non plus une ligne droite, mais une ellipse} et, si le choc est apte à produire par lui-même une vibration de meme amplitude que la première, l’ellipse deviendra un cercle.
Pourquoi ai-je dii m’appesantir sur ces détails ? Simplement pour vous faire mieux connaître la ressemblance entre les grandes vibrations mécaniques et les vibrations de la lumière. Je tiens à la main une plaque de quartz taillée perpendiculairement à son axe. Le cristal ainsi taillé possède le pouvoir extraordinaire de faire tourner le plan de
vibration du rayon polarisé d’une quantité angulaire qui dépend de son épaisseur •, et plus la lumière est réfrangible, plus la quantité de rotation est grande, de sorte que, si l’on emploie de la lumière blanche, ses couleurs constituantes seront séparées. Si je place le quartz entre le polariseur et lanalyseur, vous voyez un rouge splendide et, pendant que je fais tourner l’analyseur placé en avant de droite à gauche, les autres couleurs apparaissent successivement. On a trouvé des espèces de quartz qui exigent que l’analyseur soit tourné de gauche à droite pour obtenir la même succession de couleurs. Les cristaux de la première classe s’appellent en conséquence dextrogyres , et les cristaux de la seconde lévogyres .
Doué d’une sagacité profonde, Fresnel, au génie duquel nous devons principalement l’extension et le triomphe final de la théorie ondulatoire de la lumière, reproduisit mentalement le mécanisme de ces cristaux, et montra que leur action est due «à cette circonstance que dans leur sein les ondes de la lumière agissent l’une sur l’autre de manière à reproduire la condition représentée par notre pendule en rotation. Au Heu d’être polarisée rectilignement, la lumière, dans le cristal de roche, est polarisée circulairement. Deux semblables rayons transmis le long de l’axe du cristal, et tournant dans des directions opposées lorsqu’on les fait interférer par l’analyseur, sont, la démonstration en a été faite, aptes à produire tous les phénomènes observés.
J’abandoune maintenant l’analysenr, et je mets à sa place le morceau de spath d’Islande avec lequel nous avons déjà mis en évidence la double réfraction. Les deux images des pointes de charbon sont actuellement sous vos yeux, produites, comme vous le savez, par des faisceaux vibrant à angle droit l’un par rapport à l’autre. J’introduis une plaque