LES PROTUBÉRANCES ROUGES SOLAIRES
noir de la Lune. Elles ont. été décrites par Yassenius dans les Iransactions philosophiques de 1733, et très-probablement elles ont été observées plus tôt encore. En 1842, elles attirèrent grandement l’attention, et on les compara aux pics couverts de neige des Alpes, rendus écarlates par le soleil couchant. Que ces protubérances soient des gaz enflammés, et principalement du gaz hydrogène, M. Janssen l’a prouvé par ses observations de l’éclipse faites dans les Indes le 18 août 1868.
Mais les proéminences peuvent être rendues visibles en plein soleil, et pour une raison facile à comprendre. Vous avez vu que, dans ces Leçons, nous avons eu recours, pour produire le spectre, tantôt à un seul, tantôt à deux prismes. Dans le cas de deux prismes, la lumière blanche dispersée, distribuée ou répandue sur une aire double, a toutes ses couleurs diluées proportionnellement. Vous avez vu aussi que, pour produire les raies des vapeurs incandescentes, nous avons employé un double prisme 5 mais ici la lumière de chaque raie, absolument monochromatique, incapable d’une dispersion ultérieure par le second prisme, ne pouvait pas, par conséquent, être affaiblie par une dispersion ultétérieure.
Appliquez ces considérations aux régions circumsol aires. La gloire de lumière blanche autour du soleil peut être dispersée et affaiblie dans une proportion quelconque, en augmentant le nombre des prismes, tandis qu’une lumière monochromatique, mêlée à la lumière blanche de la gloire, gardera toute son intensité, que la dispersion n’a pas pu diminuer. C’est sur cette observation qu’est fondée la méthode d’observation appliquée indépendamment par M. Janssen dans l’Inde, par M. Lockyer en Angleterre, à l’aide de laquelle les bandes monochromatiques des protubérances
entrent dans notre possession et deviennent visibles en plein jour.
Ce serait dépasser le but de ces Leçons que de nous arrêter aux résultats nombreux, intéressants, importants, obtenus par MM. Secehi, Respigbi, Young et les autres savants distingués qui ont étudié la chimie du Soleil et de ses appendices. Je ne puis non plus, à présent, que signaler en passant les excellentes recherches de M. le Dr Huggins, relativement aux étoiles fixes, aux nébuleuses, aux comètes. Elles ont mis en évidence, plus que toutes les autres, la vérité littérale de cette assertion, que l’établissement de l’analyse spectrale et l’explication des raies de Fraunhofer apportaient avec elles une extension incommensurable du domaine des chimistes. Mais mon but, ici, est de poser des principes clairs, plutôt que de suivre les détails de leurs applications. Cette dernière tache n’exige que du temps pour être bien accomplie-, mais elle en exige plus que je n’en ai maintenant à ma disposition.
RÉSUMÉ ET CONCLUSION
RÉSUMÉ ET CONCLUSION
Mon désir, dans ces Leçons, a été de vous montrer, sans rompre autant que possible les règles de la continuité, quelque cliose de l’aspect actuel d’une des branches de la science à laquelle se sont consacrées quelques-unes des plus grandes intelligences que le monde ait jamais vues. Mon ami, M. le professeur Henri, en me présentant à Washington, a parlé de moi comme d’un apôtre ; mais le seul apostolat que j’aspirais à exercer était de poser mon sujet devant vous en termes clairs, et de le laisser ensuite exercer lui-même sur vos esprits ses attractions intrinsèques. J’ai cherché à donner à chacune de mes expériences une valeur intellectuelle distincte, car l’expérience doit être la représentation et l’expression de la pensée, un langage adressé à l’œil, comme les mots sont un langage adressé à l’oreille. Quand on l’associe bien au discours, rien ne fait plus d’impression et n’instruit mieux qu’une expérience appropriée-, mais, en outre de son association au discours, elle sert mieux le but de surprise que se propose un enchanteur que le but d’éducation qui doit être la règle et le mobile du savant.
Cela posé, un court résumé de notre œuvre ne sera pas déplacé. Notre prise de possession des lois et des phénomènes de la lumière a son origine dans le désir de connaître inné à l’homme. Nous avons vu que ce problème avait préoccupé les anciens ; mais comme un enfant qui fait usage de ses bras sans but, par besoin d’exercice musculaire, qui est
CONCLUSION
pour lui une nécessité, ces hommes primitifs n’avaient sur la lumière que des idées vagues et confuses \ ils n’étaient pas soumis, comme maintenant, à une sage discipline qui les aurait obligés à donner de la clarté à leur perception et de la fermeté à leur étreinte des principes. Ils s’assurèrent par eux-mêmes de la propagation rectiligne de la lumière, et que l’angle de réflexion est égal à l’angle d’incidence.
Pendant plus de mille ans, je pourrais dire en réalité pendant plus de quinze cents ans, l’intelligence scientifique se montra comme frappée de paralysie*, parce que, de fait, pendant cette longue période de temps , la force mentale qui aurait pu s’exercer dans la direction de la science avait pris une autre direction.
Le cours de l’investigation, en ce qui regarde la lumière, futrep ris en 1100 par un philosophe arabe appelé Alhasan. Il fut ensuite suivi successivement par Roger Bacon, Vitellius et Kepler. Ces hommes, quoiqu’ils ne réussirent pas à découvrir les principes qui gouvernaient les faits, tinrent le feu de l’investigation constamment allumé. Vint ensuite la découverte fondamentale de Snell, cette pierre angulaire de l’optique : nous avons eu plus tard l’application, par Descartes, de la découverte de Snell à l’explication de l’arc-en-ciel. Puis vint la réfutation, par Rœmer, de l’idée de Descartes, que la lumière était transmise instantanément à travers l’espace. Vinrent enfin les expériences capitales de Newton sur l’analyse et la synthèse de la lumière, par lesquelles il fut prouvé qu’elle était composée de diverses sortes de lumières de différents degrés de réfrangibilité.
Jusqu’à cette démonstration de la composition de la lumière blanche, Newton avait été toujours et partout triomphant, triomphant dans les cieux, triomphant sur la terre, et son œuvre expérimentale subséquente a pour sa plus